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DU PLAN, DE LA COÜPE ET DE L ELEVATION

surface de l’eau , que la longueur et la largeur, la forme de ses murs et de ses pans de bois soient figurées en petit sur une feuille de papier, l’on aura une idée de ce que c’est qu’un plan.

Supposons comme exemple un étui à aiguilles, pour nous servir d’un objet très-vulgaire. Supposons encore que cet étui est placé verticalement et coupé horizontalement de a en b, qu’on en enlève la partie supérieure c : alors si on se figure être d’aplomb sur le restant de l’étui, on enverra le plan, qui forme un cercle ou rond avec l’épaisseur de l’étui. La ligne extérieure denotre cercle , fig. 365, indique la surface extérieure de l’étui, le blanc l’épaisseur de l’élui, et le noir enfin le creux de l’étui, ou espace circulaire où l’on met les aiguilles.

i Le plan d’une colonne, corps cylindrique ou rond et plein , ne peut s’indiquer que par une ligne circulaire qui est la circonférence de la colonne ou le développement de sa surface quand on tourne tout autour. En gravure on indique celte masse ronde par des hachures qui ne dépassent pas la circonférence de la colonne : fig. 366.

Le plan d’un pilier ou masse pleine, comme un obélisque ou un poteau de bois carré, s’indique par quatre lignes , deux verticales et deux horizontales, comme on le voit dans la figure 367.

Le plan d’une tour ou d’un espace carré ou rectangulaire, c’est-à-dire plus long que large, est indiqué par huit lignes , dont les quatre plus petites dans l’intérieur de la figure, représentent les faces ou parois intérieures de la tour et dont les quatre plus longues désignent les faces ou parois extérieures de la tour. L’espace compris entre ces huit lignes , indiqué par des hachures , représente l’épaisseur des quatre murs, et le blanc du milieu, A A, représente

Fig. 305.

Fig. 300.

Fig. 307.

le vide laissé entre les quatre murs.

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Fig. 309.

Supposez maintenant qu’il y ait une ouverture sur une des faces de la fig. n° 1, une porte par exemple : elle sera indiquée par le blanc I i laissé dans le mur où se trouve cette ouverture (fig. 369) ou porte.

La petite figure ponctuée représente le bas de la tour carrée avec sa porte , telle qu’on la voit réel- ' lement quand on est devant elle. Nous ferons remarquer que cette figure ponctuée n’appartient nullement au plan. Elle se rapporte aux élévations, dont nous nous occuperons plus tard. Nous ne l’avons tracée ici que pour nous faire mieux comprendre.

Maintenant si l’on se figure une section horizontale et réelle d’un bâtiment, et la partie supérieure de la section comme étant enlevée, si l’on se figure ensuite être dans un ballon, verticalement au-dessus de la partie inférieure de la section, de la partie restée debout, d, sur le sol, fig. 364, on verra la place des portes, des fenêtres, l’épaisseur des murs et des pans de bois, l’emplacement des escaliers, etc. En conséquence, tous ces détails doivent être reproduits sur un plan correct, exact et complet.

Or le plan d’un bâtiment ou d’un édifice quelconque n’est que la reproduction multiple ou plusieurs fois répétée des figures que nous avons expliquées plus haut, soit de parties circulaires , soit de parties rectangulaires. Les pièces et les salles d’un bâtiment plus ou moins grand ne sont qu’une répétition en d’autres proportions des deux tours indiquées par les figures 4 et 2 et placées les unes à côté des autres selon certaines convenances et selon certaines dimensions pour lesquelles il n’y a point de règles absolues, parce que ces dimensions sont arbitraires et dépendent des exigences du propriétaire et de la dépense qu’il veut faire.

On comprendra aisément que les pièces d’une maison d’habitation d’un fermier seront moins spacieuses que les pièces d’une maison d’habitation d’un rentier très-opulent, dont les tnœurs et les usages sont tout autres ainsi que les besoins du fermier. On comprendra encore , généralement parlant, que les pièces composant la maison de campagne d’un particulier riche seront et peuvent être plus étendues que les pièces ana-

Dü PLAN, DE LA COUPE ET DE L’ÉLÉVATION. 483

logues dans sa maison de ville, où l’on est limité pour le terrain et par le prix de ce terrain.

On ne se contente pas d’un seul plan dans la construction d’un bâtiment : cette construction en demande plusieurs, qui sont ceux du souterrain, du rez-de-chaussée, du premier étage et enfin des étages suivants s’il y en a; chaque plan , composé et dessiné d’après une échelle ou mesure proportionnelle, présentera à la vue la distribution du souterrain, du rez-dechaussée et des divers étages en indiquant la longueur et la largeur de toutes les pièces (comme vestibule, salon, salle à manger, etc.); par suite la longueur et la largeur des murs et des pans de bois ou cloisons, l’emplacement et la mesure ou dimension des cheminées, des portes, des fenêtres, etc.

Nous venons de dire que chaque plan sera composé et dessiné d’après une échelle ou mesure proportionnelle. Nous allons expliquer ce que nous entendons par dessiné selon une échelle ou mesure proportionnelle.

On peut tracer une image exacte de tout objet sur une surface plane. Cette image réunit en elle les mêmes proportions , les mêmes dimensions, les mêmes rapports que ceux de l’objet que cette image reproduit. Cette reproduction en plus petit peut donner une idée complète de la forme et de l’apparence de l’objet voulu. L’image ou le dessin est donc, pour ainsi dire, une copie d’un objet donné. Or, comme l’objet peut avoir de fortes dimensions, l’image reproduite sur une surface plane peut passer pour une réduction de l’objet en question. Le dessin mathématique met devant les yeux tout objet dans ses plus exactes proportions : tandis que l’esquisse ou le croquis, faits à main levée sans échelle ni compas, ne reproduit l’objet que dans sa formé et dans sa situation , sans avoir égard aux proportions géométriques et réelles des parties ou détails.

Si le peintre se sert de contours et de couleurs pour reproduire un objet quelconque, l’architecte ou constructeur se sert de lignes pour déterminer le portrait en petit de l’édifice ou du bâtiment à exécuter en grand.

On peut concevoir une idée de la forme extérieure d’un édifice, tel que l’œil l’aperçoit d’un point quelconque choisi par le spectateur, en le représentant ou en l’imitant sur une surface

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plane dans les proportions embrassées en réalité par la' vue. Il s’agit par exemple de reproduire la façade d’une maison; dessinez ou tracez un carré ou un rectangle d’une dimension quelconque et arbitraire sur le papier, mais néanmoins, autant que vous le pouvez, en proportion du carré et surtout du' rectangle que forment les lignes verticales latérales de la façade et les lignes dn sol et de la corniche supérieure. Vous aurez alors sur le papier quatre côtés d’un rectangle et quatre angles droits, deux au niveau du sol, et deux en haut. Vous aurez bien la reproduction d’une façade de maison , mais dans cette reproduction vous n’aurez aucune idée, aucune donnée de la dimension effective, réelle de l’objet imité. Vous ne savez pas quelle est la longueur ni la largeur de cette maison. On peut encore y ajouter à leur place respective le nombre de portes et de fenêtres que vous voyez dans la façade , vous pourrez même accuser les proportions respectives de ces ouvertures, .tracer les portes et fenêtres le double de leur largeur en hauteur. L’image ainsi faite indiquera bien le nombre de fenêtres, de portes, etc., qui se trouvent sur la façade; mais cette image ne vous instruira en aucune manière sur la dimension de ces fenêtres et de ces portes. Vous ne saurez cette dimension qu’au moyen d’une échelle de réduction.

Le croquis ne donne la dimension aux détails d’un objet que par estimation ou coup d’œil; il se distingue donc du dessin géomélral , qui reproduit les détails et l’ensemble au moyen d’une échelle et d’un compas.

Dans l’imitation géométrique, les détails sont mesurés et proportionnés réellement d’après une échelle, et l’on conserve exactement dans la reproduction de l’objet, les mesures et les proportions qui lui sont propres. Supposons qu’il s’agisse de lever géométriquement la façade principale d’un bâtiment. Celte façade a 12 mètres de longueur et 5 mètres de hauteur, reportez ces nombres sur le croquis ou brouillon que vous aurez fait sur le papier, chacun à sa place respective et les exprimant en chiffres. La figure ci-jointe est trop petite : elle doit être au moins de huit à dix fois plus grande : mais sa petite dimension suffira à notre démonstration. La

Fig

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