PIERRE ARTIFICIELLE
la pierre destinée aux loyers, aux tuyaux de cheminées, etc., on peut se convaincre de sa bonne qualité en la soumettant à une forte chaleur. Si elle ne fond pas, ne se détache pas en lames ni ne se fend, elle résistera au feu des foyers et à la chaleur des conduites de fumée.
Pierre artificielle. — I.a brique.
Dans les contrées où il n’y a point ou peu de pierre naturelle ou bien où elle est mauvaise, on se sert dans la construction de pierres artificielles. La pierre artificielle est fabriquée par l’homme. La brique formée d’argile ou de terre glaise est de cette catégorie. On en distingue de deux sortes : 1° la brique crue ou seulement durcie à la chaleur du soleil et 2° la brique cuite, durcie par l’action du feu. La première est principalement employée dans le sud, dans les pays méridionaux, tandis que la seconde est d’un usage plus universel surtout dans le Nord, où la brique crue serait décomposée par la gelée.
Pour faire de la bonne brique régulière , il faut que la terre à brique soit nettoyée de tous corps étrangers, comme racines, pierres, etc. On la môle ensuite avec de l’eau pour en faire une pâte malléable, facile à jeter dans les moules et susceptible enfin de prendre l'empreinte des doigts, sans se fendre. La glaise trop grasse ou la terre argileuse trop forte ne donnent point de bonne brique, parce que les parallélipipèdes qu’on en forme se gercent en séchant ou se fendent dans la cuisson du four. L’air et le feu en détériorent en outre la régularité, et les arêtes, au lieu de présenter des lignes -droites, offrent des courbes dans plusieurs sens. La terre à brique ne doit pas non plus être trop maigre, ni contenir une trop grande proportion de sable , parce que les briques fonderaient en cuisant et adhéreraient ensemble par la vitrification. L’expérience.a prouvé qu’une argile pure doit, pour donner de bonnes briques, être mêlée dans la proportion d’un cinquième à un quart de son volume, de sable fin (de rivière si c’est possible). Toutefois, comme la cuisson diminue un peu le volume donné primitivement aux briques, il faut leur donner une faible dimension en plus de celle qu’elles doivent avoir.
DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX
Il faut que la terre à brique soit franche de terre et de marne calcaires qui amènent la fusibilité; il faut qu’elle soit encore franche de tous métaux sulfureux qui, de leur côté, feraient fendre la brique en lames ou feuillets; il faut enfin la purifier de cailloux calcaires, qui cuits avec les briques produiraient de la chaux grasse pomperaient l’humidité, gonfleraient et feraient fendre les briques.
Pour faire de bonnes briques , on doit préparer la terre en automne, lui laisser passer l’hiver en l’étendant sans lui donner trop d’épaisseur; elle est alors excellente à employer au printemps. Si l’argile estgrasse, si elle demande uneaddilion de sable, cette addition est faite «au moment de la manutention. Cette dernière consiste à mettre dans un réservoir quelconque, l’argile qu’on mouille avec de l’eau; ensuite on l’étend soit sur le sol, soit sur une «aire de planches, où on la pétrit jusqu’à ce que ce mélange forme une pâte égale dans la masse. La terre à brique ainsi préparée est jetée dans des moules en bois saupoudrés de sable pour que la terre ne s’y attache point. En sortant du moule, les briques sont séchées au soleil ou plutôt à l’air jusqu’à ce qu’elles aient acquis assez de consistance pour être empilées et former le four. En empilant les briques, on laisse des ventilateurs horizontaux, ou vides, destinés à l’évaporation de l’humidité qui émane des briques. Mais il faut se garder d’une dessiccation trop précipitée, qui fait gercer et voiler les briques. La brique non cuite est peu solide et durable dans nos climats ; il vaut mieux employer la brique cuite et cuite au charbon de bois de préférence à la houille.
Nous n’entrerons pas plus avant dans la fabrication des briques; car la cuisson est plutôt une affaire de vieux praticien que celle d’un propriétaire amateur de construction.
Il y a des briques qui résistent à l’action des feux les plus violents et qui sont employées pour la construction des fours et des appareils métallurgiques. Ces briques sont connues sous Id nom de réfractaires ; elles se composent d’argile pure , exempte de chaux et de fer.
Il est très-important de s’assurer de la bonne qualité de la brique, et pour cela il ne faut pas qu’elle soit scarifiée ni vitrifiée; elle doit être bien et également cuite. Pour juger de