PIERRE ARTIFICIELLE
la bonne qualité (le la brique, il faut surtout prendre en considération quatre choses : 1" sa fermeté, sa résistance à fendre et à l’écrasement; 2° son apparence lorsqu’elle est rompue : il faut que la brique dans sa cassure soit égale de texture, fine de grain, brillante : elle ne doit point avoir de cavités intérieures; elle ne doit pas être rubanée ni pierreuse ; 3° il faut que son extérieur soit uni, lisse, à vives arêtes, régulier, non déjeté. Quand les briques sont de grandeur identique, qu’elles n’ont point de dimensions diverses entre elles, cette circonstance est aussi un indice que la terre a été bien travaillée et qu’en général la brique a été bien fabriquée; 4° il faut que la brique en la frappant rende un son clair, plein, pur.
Les bonnes briques sont ordinairement d’un rouge brun foncé, et quelquefois elles présentent à la surface de petites parties vitrifiées. Il ne faut cependant pas toujours se fier à cette dernière apparence, parce que souvent c’est au degré de cuisson seul qu’elles doivent ce commencement de vitrification, quoique l’argile dont elles se composent soit impure et mal préparée.
Les briques de mauvaise qualité se reconnaissent facilement par leur couleur jaune rougeâtre, et mieux encore par le son sourd qu’elles rendent dans la percussion ; leur grain étant mollasse et grenu, elles s’émiettent sous les doigts, se rompent facilement, et absorbent l’eau avec avidité.
La bonne brique ne doit absorber que 1/15 environ d’eau de son propre poids : elle doit paraître sèche, et l’être effectivement. La brique qui n’absorbe pas d’eau est trop cuite, le mortier n’y adhère qu’imparfailement, mais elle est bonne conductrice de la chaleur. Elle peut être employée dans des terrains humides et servir aussi de pavés. La brique noyée dans de l’eau et qui s’effeuille et se boursoufle est de mauvaise qualité et contient du calcaire caustique. La brique chauffée au rouge, sur laquelle on verse de l’eau froide et qui ne se fend pas est d’une dureté extraordinaire et rare. La brique qui a subi l’humidité et la sécheresse pendant quelques hivers et qui ne s’est pas effeuillée ni fendue aux influences alternatives de l’eau et de la glace est excellente.
Pour vérifier si une brique peut résister à l’action de la gelée.
71 DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX
on la lait bouillir pendant une demi-heure dans une dissolution saturée à froid de sulfate de soude, puis on la suspend par un fil au-dessus de la capsule dans laquelle elle a bouilli. Au bout de vingt-quatre heures, la surface se trouve recouverte de petits cristaux, que l'on fait disparaître par une nouvelle immersion dans la dissolution : ils se reforment encore après quelque temps de suspension ; on les fait disparaître de même, et après avoir répété la môme opération pendant cinq jours, à chaque nouvelle apparition de cristaux, si la brique est gélivc, elle abandonne des petits fragments qui se sont réunis au fond de la capsule; dans le cas contraire, la cristallisation du sulfate de soude n'en détache aucune particule, les arêtes ne s’émoussent même pas.
D’après des expériences faites, 100 kilogrammes de briques sèches absorbent, en moyenne, I3k 1 1 d’eau.
Il n’y a pas bien longtemps qu’on a inventé les briques creuses, destinées à la construction d’ouvrages légers. Lfleg ont la forme des briques ordinaires. la forme prismatique, sont fabriquées en bonne argile cuite et garnies de petites cloisons intérieures longitudinales, ainsi qu’on peut le voir dans la figure 38.
Ces briques offrent une économie de 13 à 30 p. 100 sur la matière première, de 20 à 30 p. 100 de chauffage; le transport en est moins coûteux, et enfin elles sont cuites plus également. 11 tombe sous le sens qu’elles sont plus légères que les briques ordinaires, qu’elles sont très-convenables pour la construction de certaines espèces de voûtes et, en dernier lieu, forment des murs qui conservent davantage la cha-. leur.
Les dimensions des briques creuses sont très-variables; mais, en général, on leur donne cependant celles des briques ordinaires en usage dans les localités où on les emploie, afin de pouvoir, au besoin, les relier ou les raccorder avec celles employées dans des maçonneries ordinaires.
Pour faire des voûtes légères, on emploie une espèce de petits pots tronconiques fermés des deux bouts et dont la