DD DÉCINTREMENT DES VOUTES ET DES I'ONTS
sacs se placent aux mômes endroits que les coins et ils résistent bien à l’effort considérable de compression auquel ils sont soumis. Quand on veut décintrer, on pratique une ouverture à l’extrémité de chacun des sacs, lesquels se vident alors lentement, et l’on peut activer l’écoulement du sable en le remuant avec une tige de bois ou de fer. Ce moyen simple et économique fournit un décintrement facile, excessivement régulier, sans aucune secousse (1).
Le sable dônt on remplit les sacs doit être bien siliceux, et parfaitement sec : à cet effet, on le torréfie dans une étuve avant de l’introduire dans les sacs. Ceux-ci sont des manchons de toile forte ouverts par les deux bouts. On serre d’abord l’un des bouts au moyen d’une forte ficelle et l’on remplit le sac de sable, puis on ferme l’autre bout de la même façon.
Pour éviter que le sable ne reprenne de l’humidité, ce qui l’empêcherait de couler au moment nécessaire, on ne place les sacs sous les cintres qu’au moment même où l’on veut opérer le décintrement. Jusque là ceux-ci sont maintenus en place par des cales , des potelets ou des coins jumellés selon ce qui a été précédemment décrit.
Au moment du décintrement, on place le sac entre deux madriers au-dessus et au-dessous desquels on dispose les deux coins jumellés, et on le pose tout contre le support qu’il doit bientôt remplacer. Cela fait, on serre à coup de masse les coins, jusqu’au point où le sable contenu dans le sac entièrement comprimé .acquiert la dureté d’une pierre; il est facile alors de renverser d’un coup de masse ou de hache, le support voisin que dès lors il remplace.
Tous les supports ayant été ainsi remplacés par des sacs à sable , on place près de chacun d’eux des ouvriers chargés de les ouvrir ou en dénouant les cordons et de veiller à l’écoulement régulier du sable, qui commence aussitôt après. A cet effet chaque ouvrier est muni d’un demi-litre en fer blanc dans lequel il reçoit le sable qui s’écoule; dès que le demi-litre est rempli, il ferme le sac jusqu’à un nouveau commandement pour l’ouvrir et continuer l’opération.
(I) Pratique de l'art de construire, par Claudel et Laroque, 1859, p. 425.