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se trouveront plus élevées d’environ 20 décimètres au point où l’on veut creuser.
On procède de la même manière lorsqu’il s’agit de connaître la profondeur d’une source située sur un plateau. Après avoir marqué le point où la fouille doit être faite, on suit le thalweg, et l’on se rend au pied de l’escarpement ou de la pente rapide qui forme la corniche du coteau, on nivelle depuis la plus haute couche imperméable qu’on y reconnaît, et l’on procède comme nous venons de le dire pour les sources qu’on veut mettre au jour dans les coteaux.
4° 11 y a encore un moyen bien simple de connaître la profondeur des sources, mais il n’est applicable que dans les basses plaines : c’est celui qui a été expliqué précédemment. Si dans la plaine où l’on veut trouver l’eau il y a déjà plusieurs creux qui aient atteint la nappe d’eau à la même profondeur, ou à peu près, pourvu qu’onait la même nature de terrain, on peut compter de trouver la source à la même profondeur que les voisins.
Pour qu’un terrain soit favorable à la découverte de sources, il doit avoir à la surface une couche perméable de quelques mètres d’épaisseur et que sous cette couche perméable il y en ait une imperméable, convenablement inclinée. Si cette disposition du terrain se répète plusieurs fois, c’est-à-dire si plusieurs couches perméables sont superposées à des couches imperméables alternant entre elles et que toutes soient convenablement inclinées, une source coule sur chaque couche imperméable ; d’où il arrive qu’en perforant un puits artésien, ou en creusant profondément un puits ordinaire, on trouve souvent une source à chaque étage que l’on traverse.
Les terrains défavorables à raison de leur constitution à la découverte des sources sont quelques terrains calcaires, les terrains volcaniques, quelques terrains friables. D’autres terrains le sont à cause de leur disposition. Tels sont : les collines affaissées, les éboulements et glissements, les coteaux dont les assises reposent sur leurs tronches , ceux qui présentent les têtes des strates et ceux qui ont plus de 45 degrés de pente.
On met les sources au jour en les amenant hors de terre avec des conduits, en établissant sur leur parcours des fontaines, des puits ordinaires ou des puits artésiens.
Toute source qu’on veut conduire hors de terre doit être peu profonde, se trouver à un niveau assez élevé pour pouvoir descendre au point voulu et être assez abondante pour les besoins des maisons qu’elle est destinée à approvisionner d’eau. Les sources qui sont à moins de 6 ou 7 mètres de profondeur sont généralement les seules qui puissent être conduites hors de terre, à cause des frais trop considérables que coûtent celles qui sont à de plus grandes profondeurs. Lorsque le passage d’une source est indiqué par les pieds de deux coteaux qui se joignent à la surface du sol , ou qu’elle marche dans une crevasse de rocher dont elle ne peut s’écarter, on n’a qu’à faire sur la ligne du thalweg un creux circulaire en forme de puits, d’environ 3 mètres de diamètre ; mais lorsque le point où l’on veut placer la fouille se trouve dans une plaine et que le terrain est désagrégé, ce simple creux ne suffirait pas, parce que dans ce cas la source principale est presque toujours accompagnée dé sources accessoires qui marchent à ses côtés, à la même profondeur qu’elle et parallèlement à la ligne qu’elle suit. Comme l’oa a ordinairement intérêt à recueillir la plus grande quantité d’eau possible, on doit creuser à travers le vallon une tranchée perpendiculaire au cours d’eau , large d’environ 2 mètres et d’une longueur suffisante pour capter le plus grand^ nombre de filets d’eau. Lorsque la plaine est assez étroite pour que l’on puisse pratiquer la tranchée d’une côtière à l’autre, si elle n’a, par exemple, qu’une dizaine de mètres de traversée, la tranchée doit la comprendre tout entière, sans toutefois entamer les terres solides ou rochers des deux coteaux; on n’enlèvera donc que le terrain de transport au fond duquel est ordinairement la source.
Lorsque la plaine est beaucoup plus large, il n’est pas ordinairement à propos de donner à la tranchée une bien plus grande longueur, parce qu’elle deviendrait trop coûteuse et que plus on s’éloigne de la source principale, moins les filets d’eau sont abondants. Cependant, lorsqu’il s’agit d’approvisionner d’eau une nombreuse population et que l’on voit par l’étendue du bassin qui produit la source , qu’il n’y a pas dans la plaine une source suffisante et que les eaux souterraines y marchent en nappe ou en filets séparés, on doit donner à la tranchée une
longueur proportionnée à la quantité d’eau dont on a besoin.
Dans le cas où l’on serait obligé de creuser sur un point où le thalweg invisible concorde avec le thalweg visible, et que celui-ci soit occupé une partie de l’année par un cours d’eau, afin d’empêcher ce cours d’eau de venir déranger les ouvriers pendant les fouilles et plus tard de mêler ses eaux à celles de la source, on doit commencer par creuser un fossé de dérivation pour détourner les eaux superficielles des bords du creux qu’on veut pratiquer. Ce fossé de dérivation doit avoir son point de départ à quelques mètres au-dessus delà fouille, avoir assez de capacité pour recevoir tout le cours d’eau dans ses plus grandes crues, passer au moins à 2 ou 3 mètres de la fouille et se prolonger assez en aval pour que le cours d’eau temporaire ne puisse jamais revenir dans l’excavation. Si le cours d’eau temporaire a un canal, on doit établir une digue très-solide au point de départ du fossé de dérivation et employer les déblais qu’on en tire à combler le vieux canal.
La tranchée doit être perpendiculaire à la direction du cours d’eau. En la creusant, on doit descendre à peu près d’aplomb. Si les parois menacent de s’ébouler, il faut les étayer avec des planches appliquées contre le terrain et maintenues en place par des poutrelles appuyées contre le côté opposé , avoir soin de porter les déblais à plus de 2 mètres des bords de la tranchée, afin que leur poids ne contribue pas à déterminer des éboulements. On ne doit pas se contenter de l’approfondir jusqu’à l’apparition de l’eau, car, tant qu’on voit les sources venir au fond de la tranchée de bas en haut , ou même horizontalement, il est très-probable qu’une partie de leurs eaux continue de suivre sous terre leurs conduits accoutumés. On doit donc continuer de creuser jusqu’à ce que la source principale et les veines d’eau qui l’accompagnent fassent, dans la tranchée, une petite chute de 2 à 3 centimètres; ce qui dénote qu’il ne reste aucune partie de la source au-dessous.
Lorsque la source est forte et que l’abondance de l’eau empêche de continuer l’approfondissement, au lieu d’enlever l’eau avec des vases ou des pompes, on creuse une tranchée en aval qui sert à faire écouler l’eau pendant les travaux et ensuite à placer les tuyaux de conduite.
L’approfondissement de la tranchée étant terminé, la source principale et les filets d’eau apparents étant en évidence, afin de les capter et réunir, on donne une pente à son fond pour faire arriver toute l’eau à l’un de ses bouts, ou bien on lui donne deux pentes opposées pour la faire arriver à tel autre point du fond de la tranchée que l’on veut.
Ensuite on bâtira au fond de la tranchée et sur toute sa longueur un aqueduc à pierres sèches et un peu taillées, de 30 à 10 centimètres de largeur, de 40 à 30 centimètres de hauteur; on couvrira cet aqueduc avec des dalles solides. L’aqueduc doit elre bâti en pierres sèches, afin que les sources puissent y entrer partout librement.
L’aqueduc étant bâti, il faut combler tout le fond de la tranchée, à partir du dessus desdalles, avec des pierrailles jusqu’à ce qu’elles s’élèvent du tiers à la moitié de sa profondeur et combler le reste avec la terre qu’on a tirée. Cet empierrement sert : 1" à recueillir les filets d’eau qui peuvent se trouver plus élevés que la source principale et à faciliter leur chute dans l’aqueduc ; 2° si, dans la suite, quelque dalle venait à se casser ou quelques parties des murs de l’aqueduc à se démolir, les pierrailles continueraient de transmettre les eaux jusqu’au tuyau de départ; tandis que si on ne comblait la tranchée qu’avec de la terre, elle se tasserait plus tard et empêcherait les filets d’eau supérieurs de descendre dans l’aqueduc, et si ce dernier venait à s’écrouler, la terre tomberait dans ce vide, arrêterait l’eau, l’empêcherait d’arriver jusqu’au tuyau de départ et la forcerait à reprendre ses anciens conduits.
Pendant qu’on jette les pierrailles et qu’on remet la terre dans la tranchée, on doit conserver sur le point où arrive toute l’eau et où elle doit entrer dans l’aqueduc un petit puits ou regard, que l’on bâtit jusque hors de terre et que l’on recouvre d’une dalle. Ce puits ou regard sert à faciliter à l’eau le moyen de prendre en partant l’air qui lui est nécessaire pour marcher dans les tuyaux; à défaut de cette précaution, l’eau n’arrive à la fontaine que par bouffées et souvent il n’en arriée point du tout. Ce petit puits sert encore à rejeter l’eau qui ne peut entrer dans les tuyaux lors des grandes pluies.
Quand on n’est pas forcé à une stricte économie, on peut
bâtir d’une extrémité à l’autre de la tranchée deux murs en pierres sèches et taillées, distants de 80 centimètres l'un de l’autre, hauts de 2 mètres, et sur lesquels on place des dalles solides, ou bien on y construit môme une voûte. Cette galerie donne la facilité de réparer ses murs et d’enlever les terres ou sables que la source peut y amener.
On ne doit pas établir au fond de la tranchée, ni môme devant le débouché de quelque source que ce soit, un barrage quelconque pour la forcer à s’élever sans s’exposer à la perdre ; car, toutes les fois qu’on barre l’issue d’une source , elle est refoulée dans son conduit d’amont, et si, par malheur, elle y rencontre une petite issue ou crevasse latérale, elle l’agrandit peu à peu et finit par s’y jeter tout entière; on ôte ensuite le barrage, mais elle ne revient plus. Il est donc 'préférable de prendre les sources au niveau de leur débouché et de les conduire là où elles peuvent arriver.
Dès que l’on voit que la source est suffisante et de bonne qualité, on creuse une tranchée en aval pour y poser le conduit. La tranchée et le conduit doivent avoir au point de départ la môme profondeur que le petit puits, diminuer de profondeur à mesure qu’on s’en éloigne et avoir une pente au moins de 30 centimètres pour 100 mètres. Le premier tuyau que l’on placeau fond du puits doit ôtre pourvu d’une gourde en plomb ou en cuivre, percée d’un très-grand nombre de petits trous pour laisser passer l’eau et empôcber tout corps étranger de s’introduire dans les tuyaux. Lorsque le conduit est arrivé près de la surface du sol, on doit, pour le reste de son parcours, le poser sous terre à la profondeur d’environ 60 centimètres ; car lorsque les conduits sont placés trop près de la surface du sol, en été l’eau s’échauffe jusqu’à devenir quelquefois impotable, et en hiver elle se gèle, cesse de couler et souvent fait crever les conduits. D'un autre côté, lorsque les conduits sont placés trop profondément, leur entretien est plus dispendieux. Pour que l’eau puisse jaillir, on est obligé de lui donner un cours forcé dans la partie de l’aqueduc qui avoisine la fontaine ou le jet d’eau et d’employer à cet endroit les tuyaux les plus solides. On doit donc, lorsque la pente du terrain le permet, ménager celle de l’aqueduc de manière que la partie dans laquelle
1)E LA DÉCOUVERTE DES SOURCES. (lit
l’eau est forcée, soit la plus courte possible, afin d’en soumettre la moindre longueur possible à la pression de l’eau et d’avoir dans la suite moins de frais à faire pour l’entretien de l’aqueduc. On doit, autant que possible, éviter les tournants trop subits, ou du moins les prendre d’un peu loin pour en diminuer la roideur, et quand l’aqueduc suit un chemin , il faut éviter de le placer sous les ornières que forment les roues, pour qu’il n’en soit pas écrasé.
Les tuyaux employés pour la conduite des eaux sont ordinairement en plomb, en fonte, en terre cuite ou en bois. De quelque matière que soient les tuyaux employés , ils doivent avoir un diamètre et une épaisseur proportionnée à la quantité d’eau qui doit être conduite. Tous les joints doivent être calfatés avec du mastic que l’on composera comme il suit : moitié ciment de Pouilly, un quart de chaux hydraulique et l’autre quart de fragments de tuiles ou de briques bien pulvérisés. Ce mastic se gâche comme le plâtre, et doit être employé aussitôt qu’il est préparé.
Les tuyaux en plomû sont les plus dispendieux, mais les moins coûteux à entretenir. Les tuyaux en fonte sont plus économiques. Les tuyaux en poterie ou terre cuite sont ceux qui altèrent le moins la pureté des eaux. Les tuyaux de bois sont les moins coûteux à établir, mais les plus coûteux à entretenir. Ils se fendent ou se pourrissent dans peu d’années, surtout quand on les laisse quelque temps sans eau, et ce sont ceux qui altèrent le plus les bonnes eaux. On ne doit jamais employer les tuyaux de zinc parce que leur oxydation ést si rapide, qu’en peu d’années ils sont hors d’usage.
Nous allons résumer succinctement les principes que nous venons d’exposer en nous servant de quelques figures.
Dans la fig. 421 nous avons représenté une couche perméable ou poreuse, posée sur un fond imperméable, et dans ce cas un moment de réflexion prouvera que les eaux se masseront sur les points les plus bas des dépressions du terrain et au sommet de ces mêmes dépressions. Il s’en suit que si l’on y creusait des puits, les eaux de la couche supérieure se dirigeraient et couleraient de la couche
Fig. 422.
supérieure perméable, dans lu couche inférieure imperméable.
Dans la fig. 422 nous supposons qu’une couche perméable sur chacun des versants d’un vallon est recouverte d’une couche imperméable (ta et coupée par un petit ravin ou source dans le thalweg : il est clair que parla tendance naturelle des eaux qui tombent ou coulent sur l’excédant de la couche imperméable , à son sommet, elles descendront dans le ravin, à moins qu’un débouché ne leur soit offert sur un point plus élevé que le ravin.
Dans la fig. 423 nous indiquons qu’une masse d’eau se formerait au point G ; cette masse élèverait son niveau jusqu’au point le plus élevé ( indiqué sur la ligne ponctuée ) de la couche supérieure : du moment qu'elle aurait dépassé cette hauteur, elle commencerait à se diriger vers le point D; agissant alors comme un siphon, elle drainerait ou attirerait l'eau contenue dans la couche perméable et intermédiaire.
Fig. 423.
La fig. 424 expose le phénomène des alternances de cou- « ÿ '( ches perméables et imperméa-
bles, et où il n’existe point de ravin ou de source qui pourrait altérer les conditions normales
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Fig. 424.
de la direction de l’eau.
La fig. 423 fait voir la disposition fréquente de la formation calcaire, recouverte de sables ou graviers mouvants AAA; dans ce cas la masse d’eau viendrai tse loger dans la dépression inférieure marquée B.
Des observations partielles ou isolées de la disposition des couches de terrain d’une contrée ont conduit quelques personnes à croire que les sources ne peuvent pas être alimentées par les eaux de pluie qui tombent sur la surface de la terre, parce que cette surface, situéedirectementau-dessusdes sources,
serait séparée de ces sources par une couche d’argile ou de roche, imperméable à l’eau. Cette objection n’est d’aucune valeur, car il ne s’ensuit pas que parce que les sources sont alimentées par l’absorption des eaux de la surface du globe elles doivent s’infiltrer verticalement. Il en est dans la nature comme d’un réservoir artificiel et vulgaire, dans lequel les eaux sont conduites d’une surface quelconque au moyen de tuyaux. Donc si l’on substitue aux tuyaux une couche perméable audessous de la couche imperméable, et que l’on suppose que la première est exposée à la pluie sur des points éloignés les uns des autres, on comprendra facilement comment les choses se passent dans la nature. On se rendra donc compte, au moyen de ce fait, de l’existence de nombreuses sources, moyen qui expliquera aussi la différence qui existe entre les sources situées à une petite distance de la superficie du terrain et celles qui se trouvent à une certaine profondeur.
Quand la superficie d’une contrée consiste en une couche de matière meuble et perméable posée sur une couche rétentive, les eaux qui filtrent de la surface supérieure descendront jusqu’au point où elles trouveront un obstacle qui empêche leur descente. Mais comme ces eaux ne subissent aucune pression hydrostatique, elles ne peuvent s’élever au-dessus du sol : elles se précipitent au.contraire dans les dépressions ou creux quelconques de la couche imperméable, et forment des sources peu profondes.
Quant aux sources profondes, elles offrent exactement les conditions que nous avons avancées. Leur alimentation provient des eaux pluviales qui tombent sur la surface de la couche perméable située à un niveau élevé ; passant ensuite au-dessous d’une couche imperméable, elles pénètrent l’intérieur jusqu’à ce qu’elles rencontrent la couche rétentive. Alors si les eaux ne peuvent trouver ou faire une issue, elles suivront les niveaux les plus profonds de la couche perméable en suivant les lois qui déterminent leur cours sur terre ou à découvert. Si dans ces circonstances on pratique une ouverture à travers la couche imperméable supérieure, l’eau montera jusqu’à l'élévation qui correspond à la pression hydrostatique qu’elle subit, en tant cependant qu’elle ne sera pas empêchée par le frottement
MtCBITF-CnJRE. 52
qu’elle subira dans son trajet ou par l’existence de quelque débordement naturel quelconque.
Si certaines sources situées à proximité de la mer reçoivent incontestablement quelque alimentation par des infiltrations de cette dernière, il est admis en général que les sources situées dans l’intérieur sont produites par la pluie, la grêle, la rosée, la neige, etc., qui s’élèvent d’abord par évaporation dans l’atmosphère pour retomber ensuite sous les formes que nous venons de nommer : il n’est pas étonnant que celte théorie ne soit admise que depuis peu. Jusqu’au moment où la géologie a démontré, en expliquant la nature de la croûte terrestre, la direction naturelle des cours d’eau souterrains, et où des expériences précises ont déterminé quelle est l’immense étendue de l’évaporation naturelle quoique invisible pour nous, aucune preuve ne pouvait être donnée pour résoudre et terminer le problème. Toutefois la science est actuellement arrivée à pouvoir nous faire connaître la cause et les moyens par lesquels les réservoirs d’eau souterrains sont alternativement épuisés et alimentés.
Parmi les fontaines naturelles, la fontaine de Vaucluse est surtout remarquable par la quantité d’eau qu’elle fournit. On sait qu’en quittant son orifice elle forme la rivière nommée la Sorgue. Cette fontaine fournit l’immense quantité de 450,000 kilogrammes(i)d’eauparminutedans les saisons lesplussèches et 1,350,000 dans les temps humides. La fontaine de Nîmes est moins considérable, mais curieuse à cause de l’influence qu’elle subit du-plus ou moins d’eau qui tombe du ciel. Dans les temps secs, elle ne produit que 1,625 litres d’eau par minute, mais aussitôt qu’il tombe de la pluie au nord-ouest de la ville, à une distance même de 6 à 8 kilomètres, la masse d’eau s’élève immédiatement à 10,000 litres. Le Loiret est alimenté de la même manière que la Sorgue : l’eau s’élève avec une grande force dans un large bassin, coule ensuite pour former un cours d’eau navigable pour des bateaux de deux à trois cents tonneaux.
Au nombre des ouvrages que nous avons consultés pour lës pages qu’on vient de lire sur les sources, nous citerons, si l’on
(1) On sait qu’un centimètre cube d’eau pèse un gramme-, que 1,000 grammes font un kilogramme et qu’un kilogramme l'ait un litre.
DES PUITS
veut s’initierplus au long sur le sujet, les suivants : L'art de découvrir les sources, par l’abbé Paramelle ; 1856, 2' édition, Paris, 1859, 1 volume in-8° de 427 pages. — Science des fontaines ou moyen sur et facile de créer partout des sources d’eau potable, par J. Dumas ; 2e édit., 1857. — Manuel du mécanicien- fontainier, sondeur, pompier et plombier, par MM. Janvier, Biston et Malepeyre; Paris, 1857, 1 vol. in-18. Ontrouveraun mémoire intéressant de M. Combes sur le sondage dcM. Kind, employé au puits de la plaine de Passy, dans le Bulletin de la Société d'encouragement, tome 44, Paris 1845 p. 344. — Quant à la question physiologique de l’action de l’eau, voyez le Traité d’hygiène publique de Michel Lévy; Paris, 1862, 4e édition.
Des puits.
Le puits ordinaire est un trou ou creux profond, creusé verticalement dans le sol par la main de l’homme, revêtu ensuite de maçonnerie et destiné à fournir de l’eau. Pour établir un puits deux opérations sont nécessaires : d’abord celle de l’excavation et ensuite celle qui consiste dans la maçonnerie pour lui donner la solidité suffisante.
Toutes les fois qu’une source ne peut être amenée à portée des habitations parce qu’elle ne se trouve pas assez élevée, qu’elle est trop profonde, trop faible ou trop éloignée , qu’elle se trouve dans un terrain trop plat ou que les propriétaires n’ont pas les moyens de faire les dépenses que nécessiterait une conduite d’eau, il est d’usage d’établir un puits sur la source que l’on reconnaît être la plus proche, la plus abondante et la moins profonde.
Il faut que le centre du puits qu’on entreprend de creuser soit sur la ligne que suit la source sous terre; nous avons indiqué plus haut le moyen de s’assurer de la direction de cette ligne.
Il est d’usage de creuser les puits sur un diamètre de 2 à 3 mètres. Dès qu’on est arrivé à quelques mètres de profondeur, on établit, à fleur de terre, un plancher, sur lequel on dresse un tour avec câble et tinette solides.
Quand le creusement est parvenu au bas delà terre friable
DES PUITS
et qu’on trouve le rocher, il faut d’abord le bien déblayer, et s’il est de la nature de ceux qui laissent descendre l’eau à des profondeurs extraordinaires , il faut, sans hésiter, abandonner l'entreprise. S’il est de ceux qui, à raison de leur nature et disposition, présagent de l’eau, il faut examiner de quelle manière il se présente, et s’assurer si ses assises sont inclinées ou horizontales. Si les assises du rocher sont inclinées et que la ligne d’intersection des deux stratifications passe par le milieu du creux, on continue de creuser jusqu’à la profondeur de la source. Si cette ligne ne se trouve pas passer vers le milieu du creux, il faut élargir celui-ci jusqu’à ce qu’elle se trouve au milieu ; car cette ligne est le vrai thalweg du vallon, et c’est toujours sous le thalweg que passe la source.
Lorsqu’on est arrivé au rocher, si l’on voit que l’on est tombé sur l’un des deux plans inclinés qui forment la base d’un des deux coteaux, on doit pratiquer une petite galerie allant vers l’aval de ce plan, pour s’assurer à quelle distance est la base du coteau opposé. Si la base de ce dernier n’est qu’à un ou deux mètres du creux que l’on fait, il faut l’élargir suffisamment pour que la ligne d’intersection se trouve à son milieu, et continuer l’approfondissement en maintenant l’excavation autant sur la base d’un rocher que sur celle de l’autre. Si la base du côté opposé se trouve à plus de deux mètres du creux, il faut faire un autre creux et le placer de manière qu’il appuie autant sur la base d’un côteau que sur celle de l’autre; c’est donc quand on est arrivé au rocher qu’on peut se rendre compte bien plus clairement si l’indication qu’on a faite sur le terrain de transport est sur le vrai thalweg ou non ; et lorsqu’elle se trouve fautive, on voit comment on doit la rectifier, pour ne pas manquer la source.
Lorsque l’excavation que l’on pratique tombe sur un rocher qui a la surface elles assises horizontales, on peut continuer de creuser là où on se trouve, parce qu’il n’y a point de raison de croire que la source peut passer à côté.
S’il s’y trouve une crevasse verticale dont la direction soit la même que celle du vallon, on doit, en continuant de creuser, suivre cette crevasse et la tirer au milieu de l’excavation, quand même il faudrait l’élargir ou en faire une nouvelle.
DES PUITS
Quand on creuse dans des terrains primitifs où les rochers n’ont point de stratification régulière, si le thalweg y est bien caractérisé, il suffit de placer le milieu de l’excavation sur la ligne sans avoir aucun égard aux diverses directions que peuvent présenter les fissures des rochers; parce que, si l’on voit des fissures qui amènent l’eau hors de l’excavation, plus bas on en trouvera très-probablement d’autres qui l’y ramèneront.
Dans quelque fouille que ce soit, lorsque les rochers ne peuvent pas être levés avec des instruments, on les fait éclater avec la poudre, sans avoir à craindre de compromettre la source.
Lorsqu’on est parvenu à la source il ne faut pas s’arrêter, niais continuer de creuser au-dessous de la source de un. à deux mètres, et même davantage si les besoins d’eau sont grands et la source petite, afin que si l’eau venait à reprendre son ancien conduit, il en restât toujours en réserve une certaine quantité au fond du puits. On a vu des puits qui étaient traversés au fond par de belles sources dont on ne pouvait tirer aucun parti, parce qu’elles arrivaient d’un côté et s’enfuyaient de l’autre par l’ancien conduit sans jamais s’élever seulement à un décimètre.
Un autre inconvénient d’un puits qui n’est pas creusé audessous de la source, c’est qu’une partie de cette dernière peut passer au-dessous de son fond. Un grand nombre de puits ne sont insuffisants que parce qu’on s’est arrêté dès l’apparition de la première source, mais ils seraient surabondants si on les avait approfondis d’un mètre de plus.
Dans le cas où le terrain serait désagrégé et menacerait de s'ébouler, il faut étayer avec un clayonnage les parois du puits qui est en creusement. Ce clayonnage consiste à placer autour du puits et contre ses parois des perches dans une position verticale et à la distance l’une de l’autre d’environ 35 centimètres. On entrelace ensuite des verges longues, fortes et flexibles, que l’on pose une à une en descendant et que l’on fait passer alternativement derrière et devant chaque perche. L’étayemenl convenable d’un puits est de toute rigueur pour éviter les malheurs qui frappent trop souvent les puisatiers.
La forme la plus solide à donner à un puits est la forme circulaire, d’un mètre de diamètre dans œuvre au moins et da-
DES PUITS
vanlage si l’on veut, Il faut que les pierres pour former la maçonnerie du puits soient taillées en voussoirs, comme les pierres des voûtes. On doit les bâtir à pierres sèches. On ne doit commencer à employer le mortier dans laconstruetionquedèsqu’elle n'est plus qu’à un mètre de la surface du sol. On peut également employer le mortier pour la maçonnerie de la margelle ou bâtisse extérieure qui doit avoir environ un mètre d’élévation.
Si l’on employait du mortier ou du ciment pour la construction entière du puits, on empêcherait par là l’eau d’y arriver et celle qui pourrait y pénétrer aurait pendant quelque temps un mauvais goût.
Dans les localités où il n’y a point de pierre ni moèllons, on emploie la brique pour la construction despuils. Quandon creuse à travers de l’argile consistante, la maçonnerie du puits peut n’avoir qu’une demi brique d’épaisseur (107 millimètres) pour des puits de petit diamètre ; mais si le puits a une grande dimension, il faut donner à la maçonnerie toute l’épaisseur de la brique entière, c’est-à-dire 22, 23 centimètres, selon l’échantillon de la brique du lieu . Dans ces derniers temps on a apporté de grandes améliorations à la construction en briques pour les puits. On a abandonné les cales en bois, les châssis circulaires en charpente, ainsi que la maçonnerie entière en mortier de chaux. Les cales et les châssis étaient bientôt pourris et compromettaient les ouvrages où ils étaient employés. Quant à la chaux qui entrait dans la composition du mortier, elle se dissolvait au moyen de l’eau du puits, qu’elle rendait en outre non potable. Enfin, la lenteur de la prise du’mortier en a fait rejeter l’usage.
Il y a plusieurs manières de maçonner les puits : il s’agit de l’épaisseur de la maçonnerie et du système de liaison. En thèse générale, il faut que les briques soient de bonne qualité et surtout dures, par conséquent bien cuites et sans gauches. Gomme les briques sont posées à sec, c’est-à-dire sans mortier, il faut les poser très-régulièrement et de façon que toutes celles d’une même assise aient exactement la même épaisseur. Nous disons qu’il faut que la brique soit dure, car autrement leur adhésion ferait des épaufrures, puisqu’elles doivent être posées sans mortier. Au ne distance qui varie de 1 01 , 50 à 3m, 60 selon la nature du sol, on maçonne deux ou trois assises de briques
DES rüITS.
Fi?. 426.
avec du bon ciment, l’intervalle est posé avec des briques à sec.
Quand le diamètre du puits n’est pas trop considérable, les briques peuvent être posées à plat, comme l’indique la (ig. 426. 11 faut toujours faire croiser exactement les joints et éviter avec le plus grand soin qu’il ne s’en trouve deux au-dessus l’un de l’autre. Il est convenable d’introduire des éclats de brique avec du ciment dans l’espace triangulaire formé par deux briques sur la face extérieure.
Lorsque le diamètre d’un puits est considérable, delni20oude lm50 et plus, il faut que l’épaisseur de la maçonnerie soit d’une brique entière, c’est-à-dire selon sa longueur, fig. 427.
Dans les terrains meubles , on ne creuse que de la profondeur d’un anneau (ou assise posé à ciment) à l’autre ; la nature du terrain indiquera la distance de ces anneaux. On voit qu’il faut maçonner de haut en bas : quand la nature du sol le. permet, on peut poser le premier anneau sur ce sol : dans le cas contraire, il faut maintenir la maçonnerie par des moyens artificiels. Toutefois cette précaution sera rarement nécessaire si la brique est posée de manière à adhérer fortement aux parois de l’excavation, surtout si le terrain estargileux. Ensuiteon creuse plus avant ; et pour que la maçonnerie du dessous corresponde exactement à celle du dessus, on se sert du plomb qui guidera parfaitement pour cette opération .
ainsi que l’indique la fig. 428.
Pour le ciment employé dans la pose Fip. «28. des briques formant anneaux , on y mè-
Fig. 427.
DES PUITS
lera moitié de sable, comme pour les constructions élevées au-dessus du sol. Il ne faut pas se servir de ciment qui aurait une prise trop précipitée, parce que le ciment prend déjà de la consistance pendant qu’on le descend jusqu’aux ouvriers. Le ciment romain, le calcaire argileux bleu, le ciment de Porlland ou du bon ciment hydraulique sont convenables pour la maçonnerie des anneaux en question.
La demi-brique posée à plat comme dans la figure 426 offre une maçonnerie très-solide. La terre ou le sol contre lequel ces briques s’appuient, prévient tout déplacement des briques; car la tendance de la pression qui consiste à les faire tourner sur elles-mêmes ne peut naître qu’après une compression du terrain, et cette compression ne peut avoir lieu qu’après un mouvement opéré. Ainsi les briques AAAA, etc., de notre figure doivent nécessairement déplacer les briques voisines GG, avant de s’avancer vers le centre du puits et se déplacer ellesmêmes. Mais ce déplacement des briques GG ne peut évidemment ne pas avoir lieu avant une compression du terrain qui se trouve derrière. Dans ce cas encore nous voyons quel est l’avantage de ne pas laisser d’intervalle à remplir après coup , enlre la maçonnerie et le terrain. Si dans cet ouvrage on rencontrait un obstacle quelconque, soit une grosse pierre, soit qu’on n’ait pas creusé en suivant un cercle, il faut remplir l’intervalle d’argile qu'on aura soin de bien pilonner, afin de prévenir toute espèce de mouvement et compression postérieurs.
Quand on donne à l’épaisseur de l’ouvrage la longueur entière de la brique, on la place en rayonnant comme dans la fig. 427 ou bien en anneaux séparés, concentriques, comme l’indique la fig. 429.
Après avoir atteint à une certaine profondeur, les ouvriers qui creusent un puits se trouvent souvent incommodés par un mauvais air, fort désagréable et nuisible à la santé. L’acide carbonique de I’haleine étant spécifiquement plus pesant que l’air naturel, reste immobile au fond