PAH L’APPLICATION DES SILICATES ALCALINS
ron 25 degrés, obtenue en étendant la dissolution à 35 degrés, dans la proportion de 3/4- de litre d’eau sur un litre de silicate, et appliquées exactement comme la peinture à l’huile ou à la colle. Deux couches suffisent d’ordinaire. Seulement, lorsque l’application doit avoir lieu sur des pierres poreuses, il est utile de silicatiser faiblement la pierre avant l’application de la peinture, pour que la peiiiture ne soit pas trop vite desséchée par le contact du corps absorbant.
Celte même peinture s’applique aussi très-bien sur bois, pourvu que le bois ne soit pas imprégné de résine, qui repousse la couleur. Il importe aussi que le bois soit sec, car des peintures appliquées sur des matériaux soumis à des inégalités de dilatation ou à de fréquents changements de température résistent difficilement.
L’on ne peut pus appliquer de peintures siliceuses sur des peintures à l’huile ou réciproquement : lorsque le silicate se trouve en contact avec un corps gras, il se produit une réaction chimique qui détériore la peinture; de même des couleurs altérables par les alcalis ne peuvent pas être utilisées dans la peinture siliceuse. Celles qui conviennent le mieux sont les ocres, le bleu et le vert d’outremer, l’oxyde de chrême, le chromate de baryte, le jaune de zinc, le sulfure de cadmium, le minium, le noir de fumée calciné, l’oxyde de manganèse, le blanc 4e zinc, le sulfate artificiel, de baryte, le noir d’os impalpable connu généralement sous le nom de noir d’ivoire.
Pour la peinture des appartements on emploie un genre mixte, où les silicates n’interviennent que comme moyen de fixation, en permettant le lavage à l’eau.
La peinture se fait d’abord par les procédés ordinaires de la peinture à la détrempe, puis pour fixer les couleurs, on applique au pinceau plat, dit queue de morue , deux couches de silicate de potasse, la première à 10 degrés de l’aréomètre de Beaumé, et la seconde à environ 12 degrés, en laissant entre chaque application siliceuse un intervalle de quelques heures au moins (1).
(1) Instruction pratique su r l'appliculion des silicates alcalins solubles au durcissement des pierres, à la peinture, etc., par Fréd. Kulkmann, Lille, 1804, in-8", 36 pages.
De la découverte des sonrces.
Une des premières nécessités pour la construction consiste dans l’eau pour préparer les mortiers et autres usages dans la bâtisse. Le propriétaire est souvent embarrassé quand il ne connaît pas les moyens de s’assurer si le terrain où il veut bâtir lui offre des sources propres à lui donner sur place l’eau indispensable aux travaux qu’il projette. Nous croyons donc utile et convenable de consigner ici quelques renseignements sur l’art de découvrir les sources.
Tout le monde sait qu’on nomme vallées les dépressions d’une largeur considérable qui partent du faite d’une chaîne de montagnes principale et descendent jusqu’à une rivière; v allons, celles qui séparent les rameaux ou qui ne forment qu’une petite vallée ; défilés ou gorges , celles qui séparent les contreforts ou éperons (rameaux qui se détachent delà chaîne principale et jettent à leur tour de nouvelles ramifications), ainsi que celles qui sont très- étroites et bordées d’escarpements; ravins, les excavations prolongées, étroites, à pentes rapides et qui ont été creusées par des cours d’eau; et enfin plis, les dépressions dont la profondeur est peu sensible. Les flancs ou versants des collines, rameaux et contreforts qui laissent entre eux ces dépressions, se nomment les flancs ou versants de la vallée, du vallon, de la gorge, du ravin et du pli. La ligne d’intersection plus ou moins sinueuse que forment en bas les deux flancs ou versants et que suivent les eaux qui tombent sur la vallée, vallon, etc., se nomme chemin de la vallée ou se désigne par un mot allemand thalweg, qui a cette signification a, a, a, de la fig. 419.
Dans les vallées et les vallons qui n’ont point de cours d’eau visible, on peut reconnaître le vrai thalweg en supposant qu’il s’y établît un cours d’eau qui en parcourrait toute la longueur ; la ligne que suivrait ce cours d’eau supposé est le vrai chemin de la vallée ou du vallon. Il est nécessaire de bien-étudier sur le terrain cette ligne, qui est
Fig. 419.
de la plus grande importance dans la recherche des sources.
Les vallées ont entre elles des relations qu’il est important de remarquer. Toute vallée principale est comme une espèce de tige à laquelle aboutissent des branches ou vallées latérales; chaque vallée latérale qui a une longueur considérable est plus ou moins ramifiée et reçoit un grand nombre de dépressions d’un ordre inférieur, qui à leur tour subissent en remontant plusieurs bifurcations,
Les plaines sont de grands espaces qui paraissent horizontaux, quoiqu’ils ne le soient jamais rigoureusement. On y remarque des arêtes ou crêtes de partage avec leurs rameaux, et de légères dépressions y forment les vallées dans lesquelles serpentent souvent des cours d’eau. Si au premier coup d’œil on n’aperçoit pas de quel côté une plaine est inclinée, pour peu qu’on la parcoure et qu’on observe attentivement, on reconnaît non-seulement sa pente générale, mais encore on y distingue les différents bassins qui se la partagent et jusqu’à leurs plus petites ramifications.
En géologie on nomme stratification l’arrangement par couches successives des différents dépôts sédimentaires qui se sont formés les uns après les autres ; on nomme donc ainsi une certaine disposition des matières diverses suspendues dans les eaux, et rassemblées lit par lit sur le fond des marais, des rivières, des lacs, des mers, etc. Les roches stratifiées sont celles qui ont été formées pendant que les eaux couvraient le globe.
Chacune de leurs couches diffère de celles qui lui sont superposées et de celles qui lui sont inférieures par son épaisseur, sa constitution ou sa couleur. Comme la surface du sol primitif sur lequel ces couches se sont déposées et moulées présentait des hauteurs et des bas-fonds, on les voit suivre toutes les inégalités de ce terrain. Dans les terrains stratifiés on renconte les grès, les calcaires, etc.
On entend par terrains non stratifiés ceux qui n’ont ni couches ni joiuts parallèles et ceux dont la stratification est tout à fait irrégulière ou peu sensible. Dans les terrains non stratifiés on trouve les tufs, les sols volcaniques , les craies , les marnes, etc.
Les pluies et autres météores aqueux en tombant sur la terre rencontrent dans certaines localités des terrains imperméables. Les terrains imperméables sont ceux que l’eau ne peut pénétrer, et sur lesquels elle est obligée de glisser ou de séjourner dans les creux qu’elle rencontre. Les principaux de ces terrains sont les roches massives, certaines roches d’agrégation, les argiles et les glaises. On appelle terrains perméables ceux que les eaux pluviales peuvent pénétrer plus ou moins profondément. Ces terrains sont de trois sortes. Les uns se composent de roches non stratifiées, divisées en blocs et fragments de toutes formes , séparés les uns des autres par des fentes ou crevasses qui ont toutes sortes de directions ; les uns se composent de roches à stratification à peu près horizontale, divisées par des fissures verticales en blocs prismatiques et peu étendus; les autres sont des terrains désagrégés où détritiques ; les eaux pluviales pénètrent chacun de ces trois terrains d’une manière différente.
On croit généralement que les sources inconnues (et par source il faut entendre un cours d’eau souterrain) sont à des profondeurs extraordinaires, et cette erreur a été accréditée dans beaucoup de localités parla profondeur qu’on a été obligé de donner certains puits placés au hasard. Cependant en choisissant l’emplacement d’une fouille avec discernement et d’après les règles de l’art, on trouvera presque toujours que les eaux qui circulent dans le sein delà terre ne sauraient pénétrer à de grandes profondeurs sans rencontrer une et môme souvent plusieurs couches imperméables qui les empêchent de descendre indéfiniment.
Les innombrables filets et veines d’eau qui se forment dans les montagnes et collines perméables, tendent vers les fonds des vallons, parce que dans les terrains stratifiés les assises qui composent les deux côleauxsont le plus souvent inclinées dans le même sens que la surface des céteaux et plongent des deux côtés vers le thalweg. Dans chaque vallée, vallon, défilé, gorge et pli de terrain, il y a un cours d’eau apparent ou caché. Celui qui est apparent marche à la surface du sol, parce qu’il y est soutenu par une couche imperméable; celui qui est caché marche aussi sur une couche imperméable, mais il est reeou-
vert d’un terrain perméable qui ne peut le soutenirà la surface du sol.
Le point de départ d’un cours d’eau invisible ou source est tantôt dans une plage élevée, sèche, peu déprimée et peu inclinée, tantôt dans un vallon plus ou moins profondément creusé en forme de cirque. Lorsqu’une source prend naissance dans une plage élevée qui se compose d’un seul pli de terrain, tous les premiers filets d’eau convergent vers un centre commun qui en occupe le point le plus bas. Si cette plage se compose de plusieurs plis de terrain, ces plis n’étant pas égaux entre eux, on en distingue toujours un qui part de plus loin, qui est plus profond que les autres et dans lequel chacun de ceux qui sont moins profonds vient conduire le filet d’eau qu’il a recueilli. Afin de se faire une idée exacte de la manière dont se forme une source sous terre dans un pli de terrain, on n’a qu’à s’y trouver pendant une forte pluie et bien observer comment les eaux sauvages (celles qui ne courent sur terre que pendant les pluies) y marchent et se réunissent pour former le courant d’eau qui s’établit momentanément à la surface; on peut tenir pour certain que le petit cours d’eau permanent et caché se forme et marche sous terre de la môme manière, et que ses veinules et veines suivent sous terre les mêmes lignes que les eaux superficielles.
Hors les temps de pluie on peut également se représenter la formation, la marche et le point de réunion des eaux pluviales, pour se rendre compte de la formation et de l’écoulement du cours d’eau caché. Lorsqu’une source prend naissance au bout d’un vallon qui a la forme d’un cirque, tous les filets d’eau que peuvent produire les plateaux et les coteaux qui le dominent convergent à peu près comme les rayons d’un demi-cercle vers le centre de ce cirque, et viennent y former la source. Le point central d’un cirque est toujours au pied de la pente rapide et demi-circulaire qui en forme les parois. A partir du fond du pli de terrain, ou du centre du cirque, le thalweg commence à se dessiner, la pente du fond du vallon se radoucit, la source qui a déjà un certain volume suit toujours le vallon du thalweg, soit qu’il forme une ligne à peu près droite ou même très-tortueuse. La source qui se trouve dans le vallon principal , de
distance en distance en reçoit d’autres plus ou moins importantes, qui lui sont amenées par les vallons secondaires et vers l’embouchure desquels elle s’infléchit pour aller les recevoir.
Le cours d’eau souterrain , n’étant jamais dérangé par les travaux des hommes ni par les atterrissements qui ont lieu à la surface du sol, suit toujours le thalweg, et le ruisseau qui coule temporairement à la surface ne peut dans aucun cas servir de guide pour reconnaître la ligne que suit le cours d’eau souterrain; on est donc obligé alors de chercher les traces de l’ancien canal, supposé que la culture ou les atterrissements ne lésaient pas entièrement effacées, ou de recourir aux moyens suivants.
Toutes les fois que l’on reconnaît que dans l’endroit où l’on veut creuser pour trouver de l’eau le thalweg visible est en désaccord avec le thalweg invisible, ce qui n’àrrive que dans les parties dés vallons qui sont en plaine, il faut observer attentivement les deux plans inclinés que forment les deux coteaux opposés, et savoir que le cours d’eau suit sous terre leur ligne d’intersection; ainsi, si la pente des deux coteaux est égale, le cours d’eau souterrain marche à égale distance des deux lignes côtières ; si la pente des deux coteaux est inégale, par exemple si la pente de l’un est d’un tiers, d’un quart, d’un cinquième, etc., plus rapide que celle de l’autre, le cours d’eau s’approchera du côteau qui a la pente la plus forte à proportion de sa rapidité, et si l’un des deux coteaux est un escarpement, le cours d’eau souterrain passe à sa base.
Le thalweg souterrain est encore indiqué par des épanchements d’eau temporaires. Enbeaucoup de lieux il sortsurla ligne du thalweg, et toujours dans les rochers, un cours d’eau chaque fois qu’il pleut considérablement ; dans d’autres, des pluies peu abondantes ou de peu de durée déterminent la môme éruption. Ce cours d’eau ne s’épanche hors de terre chaque fois qu’il pleut que parce que son volume ordinaire est augmenté et que son conduit se trouve alors insuffisant pour lui donner passage. Toute la partie du cours d’eau qui ne peut pas passer par ce conduit s’épanche au dehors pendant les pluies et même quelque peu de temps après. Dans certains endroits , cette éruption a lieu par un boyau ou conduit vertical, qui reste tou-
jours ouvert; dans d’autres, l’eau s’élève à travers les pierrailles ou le terrain détritique qui cache l’ouverture du rocher par où elle s’échappe. On n’a donc, en creusant, qu’à suivre ce boyau pour être assuré de trouver le cours d’eau permanent, et le plus souvent à une faible profondeur, à moins qu’il ne soit un de ceux qui ne viennent pas d’assez loin, où qui, à raison de la trop grande pente de leur canal, ne coulent que lors de chaque pluie et sont bientôt épuisés. Ainsi dans tout vallon sec, long de quelques centaines de mètres, à fond rocheux ou couvert de terre de transport, peu ou fort profond, large ou étroit, il y a un cours d’eau qui suit son thalweg souterrain, et l’on peut, à peu près partout, reconnaître exactement la ligne droite ou sinueuse qu’il décrit et la suivre pas à pas.
Il s’en faut bien que tous les points de la ligne que parcourt une source sous terre soient également avantageux pour la mettre à jour. Le thalweg invisible, où git le cours d’eau souterrain, n’observe souvent aucun parallélisme avec le thalweg qui est sur terre ; les pentes de l’un ne concordent que fortuitement et dans de courts trajets avec les pentes de l’autre. Là où l’on voit une plaine à la surface, le cours d’eau qu’elle recèle peut avoir une pente assez rapide, et là où la surface du sol a une pente assez forte, le cours d’eau caché n’en a souvent presque pas. Les points où une source a les moindres profondeurs sont : 1° le point central du premier pli de terrain où se réunissent sur la plage élevée tous les filets d’eau qui forment son commencement; 2° le centre du cirque où elle commence; 3° le bas de chaque pente du thalweg visible; 4° l’approche de son embouchure.
1° Lorsqu’une source a son commencement dans une plage élevée, le point le moins profond est celui vers lequel convergent et où se réunissent tous les premiers filets d’eau qui concourent à sa formation. Ce point est reconnaissable en ce qu’il est vers le milieu du pli du terrain et que le thalweg commence à s’y manifester. Si on veut laisser ce point et creuser plus en aval sur le thalweg, la source s’y trouvera, et môme plus abondante si quelque autre pli de terrain y décharge ses eaux ; mais elle sera plus profonde, attendu que les deux petits versants du pli, devenant de plus en plus rapides, la culture et les
eaux sauvages déposent sur la source un encombrement dont l’épaisseur va en augmentant à mesure qu’on s’éloigne de l’ogine du thalweg.
Lorsqu’une source prend naissance à l’extrémité d’un vallon qui a la forme d’un cirque, le point le moins profond est le centre même de ce cirque. Si on veut creuser plus en aval sur le thalweg, on la trouvera, mais elle sera plus profonde.
3° Dans tout le parcours souterrain d’une source, les points où elle est moins profonde sont les pieds des descentes. Ordinairement les pentes longitudinales des vallons se composent de plages à pentes radoucies et de pentes rapides ou chutes de terrain, alternant entre elles; ces deux sortes de pentes sont assez semblables à celles qu’on voit à la surface des cours d’eau, auxquelles on a donné les noms de rapides et de ralentissements. Chaque fois qu’un banc de rocher, une couche de terre dure ou môme un mur, sont placés ù travers un vallon et y forment barrage, il y a au-dessus une plage à pente douce, qui a été formée parles terrains de transport, et à chaque barrage il y a une pente rapide ou une cascade. Celui qui, dans ce cas, creuserait au haut de la descente, aurait pour surcroît de profondeur toute la différence qu’il y a entre le haut et le bas de la descente, et de plus il aurait souvent à percer un banc de rocher, qu’il évitera en creusant au bas de la pente. On doit aussi, pour trouver moins de profondeur, creuser toujours au pied du mur ou du talus qui traverse le vallon.
4° Lorsqu’une source dégorge ses eauk dans un cours d’eau visible et permanent, et que le fond du vallon qui la conduit est en pente douce, en creusant non loin de son embouchure on peut compter de la trouver à une assez faible profondeur, attendu qu’elle ne peut jamais ôtre au-dessous du niveau du cours d’eau dans lequel elle se jette. Quoique l’eau d’une source qu’on met au jour près d’un cours d’eau visible hausse et baisse en môme temps que lui , on ne doit pas s’imaginer, comme le font les personnes qui ne connaissent pas l’hydrographie souterraine, que la source provient du cours d’eau visible. Toutes les sources vont de la montagne au cours d’eau visible. Ce n’est que pendant les crues de celui-ci qu’elles
sont momentanément arrêtées et quelquefois refoulées, parce que ces deux sortes d’eau , étant alors en communication , se mettent en équilibre; mais dès que la crue cesse les eaux de la source reprennent leur descente ordinaire.
Lorsque le thalweg d’un vallon est inculte et qu’on y voit naître naturellement des saules, des peupliers, des aunes, des osiers, des joncs, des roseaux et autres arbres ou plantes aquatiques, on doit présumer que le cours d’eau n’est pas profond en cet endroit. Cependant, comme ces végétaux croissent dans tous les terrains qui conservent l’humidité, ils ne peuvent servir à indiquer la présence des sources qu’autant qu’ils sont sur un thalweg ou au fond d’un réduit.
Les points où les sources ont la plus grande abondance d’eau ne sont, comme pour la plus faible profondeur, que les pieds des descentes. Celui qui n’est pas propriétaire du pied de la descente, ou qui en est trop éloigné, ou qui n’a pas besoin de tout le cours d’eau, peut creuser dans le thalweg de la plaine, en observant toutefois de se rapprocher autant que possible du pied d’une descente, afin de s’épargner une partie de la profondeur et de trouver une plus grande quantité d’eau.
11 y a des plaines à pente douce et uniforme, sous lesquelles existent des nappes d’eau courante, peu profondes, s’étendant d’une côtière à l’autre, et où l’art d’indiquer les sources est tout à fait inutile. Dans les plaines composées de terrain de transport, entrecoupées de couches alternativement perméables et imperméables, non-seulement les sources s’étendent en nappes plus ou moins larges, mais encore en creusant profondément on trouve plusieurs nappes d’eau superposées les unes aux autres et marchant chacune dans sa couche perméable. Celui qui en creusant a déjà atteint une nappe d’eau qu’il trouve insuffisante, n’a qu’à continuer de creuser jusqu’à ce qu’il en ait trouvé une ou plusieurs qui lui fournissent toute l’eau qu’il désire, car généralement parlant plus on descend dans ces sortes de terrains, plus on trouve les nappes d’eau abondantes.
Lorsqu’une montagne ou colline est terminée par une arête aiguë, ou par un sommet aigu ou arrondi en forme de dôme, il est impossible qu’il existe une source sur l’arête ou au sommet absolument pris. Lorsqu’une montagne est terminée par
un plateau spacieux, faiblement incliné, recouvert de quelques mètres de terrain perméable reposant sur une couche imperméable, il est rare qu’il n’y ait pas une source qui vient se produire vers le milieu ou au point le plus bas du plateau. Les montagnes coniques et isolées qui ont à leur base moins de quatre ou cinq cents mètres de diamètre, quelle que soit leur hauteur et constitution, ne peuvent produire à leur pourtour que de très-faibles sources, et lç plus souvent elles n’en produisent pas du tout. 11 en est de même des collines prolongées qui n’ont, par exemple, que quatre ou cinq cents mètres d’épaisseur à la base.
Dans les versants des montagnes et des collines qui ont plusieurs kilomètres d’épaisseur, on peut trouver des sources importantes. Lorsque les côteaux à pentes rapides sont fort élevés, lorsqu’ils ont, par exemple, deux ou trois cents mètres de hauteur, que le terrain perméable qui les recouvre n’a que quelques mètres d’épaisseur et que tout le reste du coteau est composé de terrains propres aux sources, il peut s’y former des cours d’eau qui descendent vers la base de ces côteaux , mais ils ne sont ni importants ni nombreux.
Quant aux sources qui sortent de terre naturellement, elles se forment, marchent et se produisent différemment selon les divers terrains, et dans chaque espèce de terrain elles observent une certaine uniformité. Dans les terrains primitifs les sources sont, en général, très-nombreuses, peu profondes, rarement dérangées de leur cours et d’un petit volume; dans les terrains secondaires elles sont beaucoup plus rares, plus profondes, plus abondantes, et leur cours souterrain est assez souvent dérangé.
Dans beaucoup de localités, on voit sourdre de très-fortes sources au pied des coteaux rapides, élevés et composés de terrains désagrégés. La plupart des propriétaires qui ont leurs maisons vers le haut de ces coteaux croient qu’on peut y atteindre ces sources sans creuser trop profondément; c’est une erreur. Chaque source ne marche pas sous le plateau parallèlement à sa surface ni à une faible profondeur, parvenue à la corniche, elle ne se précipite pas en cascade vers le pied du coteau; souvent les cours d’eau souterrains n’ont que la pente or-
dinaire des cours d’eau visibles, et les cascades sonl aussi rares dans les uns que dans les autres. Donc celui qui voudrait creuser vers la corniche d’un coteau pour y intercepter une source qui sort de terre à sa base choisirait précisément le point le plus défavorable de tout son parcours, et serait obligé de donner à l’excavation presque autant de profondeur que le coteau a d’élévation. A partir de la corniche, la pente du coteau est tantôt unie et sans aucune ride sensible , et tantôt composée d’un seul pli de terrain ; ailleurs elle est sillonnée par plusieurs dépressions et reliefs plus ou moins prononcés. Lorsque la pente d’un coteau est absolument unie et sans aucune ride, ce qui arrive très-rarement, il n’y a pas d’autre raison pour creuser à un endroit plutôt qu’à un autre que celle de l’éloignement de la crête de partage; car on sait que, plus on s’en éloigne, plus le cours d’eau qu’on obtient est considérable. Si donc le poin où l’on veut creuser est éloigné, par exemple, de deux ou trois cents mètres de la crête, si la stratification des roches amène les eaux vers la surface et que l’assise aquifère soit peu profonde, on peut y trouver un grand nombre de filets d’eau qui descendent du coteau, marchant assez près l’un de l’autre; mais à défaut de vallon ou de pli de terrain pour les concentrer, on n’y en trouve aucun qui soit important. Quand on n’a pas d’autre moyen de se procurer de l’eau, on fait à travers le coteau une tranchée horizontale et d’une longueur proportionnée à la quantité d’eau qu’on veut obtenir. Nous indiquerons plus loin la forme qu’on doit donner à cette tranchée et à l’aqueduc qu’on doit y construire. Ces filets d’eau, ainsi interceptés et bien recueillis, finissent souvent par former un cours d’eau assez considérable.
Si le coteau forme une croupe étroite et arrondie depuis le haut jusqu’au bas, quelque peu convexe qu’elle soit, on ne doit pas y chercher d’eau, parce qu’on n’y en trouverait que trèspeu ou point ; mais si la croupe est fort large , si elle a , par exemple, plus de cinq cents mètres de largeur, elle forme alors un véritable coteau et on peut y trouver des sources, comme on va le voir.
Si en comparant les deux bords latéraux du coteau avec son milieu, on aperçoit que ce milieu est légèrement déprimé, on
ne doit point chercher l’eau vers les bords, mais on doit placer la tranchée vers le milieu, oh il existe une. espèce de thalweg assez large et dont la tranchée doit comprendre toute la largeur. Lorsqu’un côteau est silonné de haut en bas par plusieurs dépressions, le creux que l’on veut faire doit être placé dans le thalweg de l’une d’elles; et si le thalweg présente vers le haut une pente plus rapide que vers le bas, le creux doit être placé précisément au bas delà pente rapide et au point où commence la pente radoucie. Si un pli de terrain part de la corniche du coteau et s’efface entièrement avant d’arriver en bas, on doit placer la fouille au pied de la corniche, ou du moins aussi près que possible, parce que cette cessation de dépression annonce que le cours d’eau prend de la profondeur à mesure qu’il descend. *
Un des signes les plus favorables qu’on puisse avoir de la présence d’une source dans un coteau est lorsqu’un pli de terrain y prend naissance et continue jusqu’à son pied. Toutes les fois qu’il existe une source visible dans un coteau, elle s’épanche au milieu d’un petit cirque qui forme le commencement du pli de terrain, et elle continue de couler extérieurement jusqu’à son pied. C’est donc au fond d’un creux semblable et à un point analogue qu’on doit chercher la source cachée qu’on désire.
On doit bien se garder de creuser sur aucun des points où la côlière fait le tour d’un angle saillant, parce que les croupes des montagnes, des collines, des contreforts et éperons sont privées de sources. On doit aussi éviter, autant que possible, de creuser dans les trajets où cette ligne suit le pied d’un coteau uni ou trop court, parce que, avec un creux ordinaire, on ne pourrait y trouver que des filets d’eau peu importants, et le plus souvent n’en rencontrer aucun, à moins d’y faire une tranchée prolongée. Quoique toutes les autres circonstances du terrain soient favorables, on doit encore éviter de creuser sur cette ligne dans les endroits qui sont encombrés d’épais éboulis (blocs de rocher*;, des pierrailles et des terres végétales que les eaux pluviales, la gelée et la culture détachent continuellement de tous les coteaux rapides et qui descendent à leur pied, et s’y déposent en forme de talus), parce que la
hauteur de cet encombrement rendrait la source d’autant plus profonde qu’il serait plus épais; maison doit placer les fouilles dans la ligne côtière et à celui des points suivants que chacun trouvera le plus à sa portée : 1° au sommet d’un angle rentrant, autrement dit, à son extrémité la plus reculée ; 2° à l’extrémité la plus reculée d’un réduit qui soit au niveau de la plaine et au pied d’un escarpement; 3° au bas d’un pli de terrain ou au bas d’un ravin, au point où son thalweg et la côtière se croisent; 4" choisir de préférence les points où, dans les temps de grosses pluies, on voit sourdre des cours d’eau, et ceuxoùl’on voit croître des arbustes ou des plantes aquatiques.
La fouille que l’on veut faire pour mettre une source au jour peut être placée, comme nous venons de le dire, dans le thalweg d’im vallon, dans la ligne d obère, dans un coteau, à sa corniche ou sur un plateau. 1° Quand on creuse dans le thalweg d’un vallon , il faut examiner si la source s’y montre déjà en un ou plusieurs endroits, soit naturellement, soit dans quelque creux fait de main d’homme, et surtout si elle se montre au-dessous et non loin du lieu où l’on veut creuser. Chaque apparition de la source est un point de repère d’où l’on part pour connaître, par un nivellement, de combien le point où l’on creuse est plus élevé que le débouché de la source. La différence du niveau qui se trouve entre ces deux points est la profondeur de la source, moins quelque chose; car la source sous terre a une pente quelconque, et cette pente garantit qu’on ne sera pas obligé de creuser jusqu’au niveau de son dégorgement. Toutefois, si la source sort de terre par un mouvemcntascensionnel, et que l’on puisse sonder la profondeur de la colonne d’eau ascendante, il faut niveler, non pas à partir de la surface de l’eau de la source, mais à partir du fond de son conduit vertical.
Si le point où l’on veut creuser n’est qu’à quelques centaines de mètres d’une rivière ou d’un ruisseau dont l’écoulement est continuel, et que la source ne paraisse pas dans la plaine, on* doit s’assurer par soi-mème ou par des informations si, lors des basses eaux, elle ne se manifeste pas dans la berge ou au fond du canal du cours d’eau par un conduit venant de bas en haut.
2" Lorsque la source que conduit un vallon ne se manifeste
CO-i
sur aucun point, ou que le point où elle se montre est trop éloigné, ou a un niveau trop bas par rapport au point où l’on veut creuser, on peut connaître sa profondeur par l’opération suivante : Les fonds de presque tous les vallons étant comblés de terrains de transport , excepté dans les étranglements, on détermine par les moyens que nous avons indiqués le point du thalweg où l’on veut placer la fouille, et on y plante un jalon; on mesure la distance qu’il y a entre ce jalon et le pied d’un des coteaux : on nivelle ce coteau pour connaître sa hauteur et la distance horizontale qu’il y a entre sa corniche et une ligne verticale qui s’élèverait au pied du coteau. Cette hauteur et cette dislance se composent des hauteurs et des distances partielles qu’on a trouvées dans les stations du nivellement. L’opération terminée, on établit la proportion suivante :
La distance qu’il y a entre la corniche et la ligne verticale qui part du pied du coteau est à la hauteur du coteau, comme la distance horizontale qu’il y a entre le pied du coteau et le point où l’on veut creuser est à la profondeur de la source.
Ainsi, AB : BC CD : DX. En multipliant la hauteur BC par la distance CD, et divisant le produit par la distance AB, on trouvera au quotient la profondeur qu’il y a depuis D jusqu’à X, qui est le point où coule la F'B 420, source. Lorsque la pente du
coteau est uniforme, on peut se dispenser de la niveler jusqu’au haut; on peut, par exemple, ne niveler que jusqu’au tiers ou au quart de sa hauteur, et le résultat de l’opération sera le même. Lorsque le vallon se compose d’élargissements et de rétrécissements, on doit faire l’opération indiquée dans l’élargissement d’amont ou dans celui d’aval, à l’endroit où les pieds 'des deux céteaux se trouvent le plus éloignés. Lorsque la source longe la base d’un escarpement ou d’un céteau extrêmement rapide, le nivellement se fait sur le coteau opposé. Ces deux moyens de connaître la profondeur d’une source -sont applicables, non-seulement à la source qui suit le thalweg du terrain, mais encore à toutes celles qui circulent dans la même plaine
et à celles qui sont aux lignes entières; car dans les cours d’eau cachés, comme dans les cours d’eau visibles, le niveau de chaque courant accessoire concorde , vers son embouchure, avec le niveau du courant principal.
3" Les deux moyens qui viennent d’être indiqués n’étant applicables qu’aux sources qui sont dans les basses plaines, lorsqu’on veut connaître la profondeur de celles qui sont dans les coteaux, ou sur des plateaux, on procède différemment. Ici tout se réduit à la connaissance des couches perméables, connaissance qu’on ne peut acquérir que par l’étude des ouvrages de géognosie et par de très-nombreuses observations faites sur le terrain. Lorsqu’on est bien fixé sur le point où doit être placée la fouille dans la pente ou à la corniche d’un coteau, on part de ce point et l’on descend tout au plus à quelques dizaines de pas. En descendant on examine attentivement l’inclinaison et la constitution de chaque couche de roche ou de terre. Dans ces sortes de pentes les têtes des couches sont presque toujours visibles; quand elles ne le sont pas au thalweg même, elles le sont ordinairement à côté, dans quelque escarpement ou pente plus forte, dans quelque creux fait de main d’homme. Si l’inclinaison des couches est opposée à la pente superficielle du coteau, et qu’au lieu d’amener les eaux hors de la montagne ou colline, elles les amènent au dedans, on ne doit y faire aucune fouille, parce que tout coteau dont la stratification est ainsi disposée est privé de sources. Si les couches sont horizontales , ou inclinées dans le même sens que la superficie du coteau, on ne s’arrêtera en descendant à aucune des couches perméables, mais on s’arrêtera à la preuaière couche imperméable dont on verra l’affleurement, parce que c’est elle qui porte la source. En nivelant depuis cette couche jusqu’au point où l’on veut creuser, on trouve la vraie profondeur de la source. On doit toutefois déduire la hauteur que peut acquérir la couche imp*erméable, depuis son affleurement jusqu’à ce point. Cette hauteur peut très-facilement être connue en nivelant la petite partie de la couche qui se montre à l’affleurement; si, par exemple, cette partie est inclinée d’un décimètre sur un mètre, et que le point où l’on veut creuser soit à 20 mètres de distance horizontale, la couche et la source