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DES FONDEMENTS

Si le sol est d’une nature identique dans toute l’étendue du bâtiment, et si le poids du bâtiment est également réparti dans toute sa superficie, le tassement du sol peut avoir lieu sans préjudice pour la construction , par la raison que le tassement général et égal n’opère point de ruptures dans les murs. Si au contraire la charge constituée par un bâtiment est inégalement combinée, si par exemple il y a des portions plus hautes et plus massives les unes que les autres, il s’en suivra une pression inégale du sol qui aura pour conséquence d’opérer des déchirements ou des lézardes dans la construction. Il peut arriver encore que par l’inégale fermeté du sol, ainsi que par l’inégale répartition du poids, le bâtiment subisse des tassements seulement dans certains endroits et non dans d’autres, ce qui amène également des ruptures et des crevasses. Quand on a la liberté du choix, on doit éviter des sols comme ceux que nous venons d’indiquer. Mais si au contraire on est contraint par une cause ou une autre à bâtir sur un mauvais sol, on doit prendre certaines précautions pour rendre un mauvais sol en état de porter, sans fâcheux résultats, des constructions pesantes quelconques.

Le sol pourrait être classé en quatre catégories selon la résistance qu’il oppose à la construction élevée dessus.

La première comprendrait les roches dures, qui résistent parfaitement au poids élevé dessus et qui n’en subissent aucune action. Ces roches ne se fouillent pas, on doit les travailler à la pioche, ou les faire sauter au moyen de la mine.

La seconde comprendrait les sols graveleux et les terrains sablonneux fermes, qui, encaissés dans des étendues limitées, ne sont pas susceptibles de compression.

La troisième comprendrait les terrains susceptibles de compression, sans pour cela s’étendre latéralement. On y rangerait les terrains argileux, les terres grasses, les terres végétales et tourbeuses.

La quatrième classe» enfin, comprendrailles terrains compressibles et qui étant comprimés s'échappent dans les directions latérales. Dans cette quatrième catégorie on rangerait les plus mauvais terrains à bâtir, tels que terrains à tourbe, marais, terrains d’alluvion et terrains rapportés.

1 to LA SCIENCE r>ES CONSTRUCTIONS.

La science qui a pour objet de sonder le sol-etde bien établir les fondements a de tout temps été reconnue si importante, que depuis l’antiquité elle n’a pour aussi dire subi aucun progrès et que les conseils de l’ingénieur romain Vitruve peuvent toujours être suivis avec sûreté. Et qu’on n’oublie pas que les effets et les défectuosités causés par la négligence de ne pas avoir assez sérieusement sondé la nature du terrain à bâtir sont et restent éternellement irréparables.

Comme il arrive que diverses natures de sol alternent et alternent en couches plus ou moins profondes dans un même terrain à bâtir, il est indispensable, surtout si le bâtiment à élever offre une certaine superficie ou une superficie considérable, de sonder le terrain scrupuleusement en plusieurs endroits, si toutefois il n’est pas déjà suffisamment connu par des fouilles adjacentes. Mais encore dans ce cas on ne doit tirer de conséquences que si les couches naturelles des substances dont est formé le terrain s’étendent régulièrement aux alentours et si l’expérience a confirmé l’identité du terrain à bâtir avec celui où il a déjà été bâti. C’est en s’informant auprès des constructeurs du voisinage qu’on peut acquérir ces renseignements. Lors de la fouille des murs de fondation, il peut arriver qu’on rencontre plusieurs natures de sol dans les endroits divers; dans ce cas, il devient on ne peut plus urgent de fouiller le terrain dans toute l’étendue de la construction avant d’aller plus loin.

Souvent on arrive aussi à s’assurer de la nature du sol en creusant un puits afin d’avoir de l’eau à proximité pour les besoins de la maçonnerie. Le puits est un trou vertical en terre qui enseigne quelles sont les couches de substances qui constituent le terrain à bâtir.

Si le terrain est d’une nature sèche, on peut le sonder en creusant des trous d’une certaine profondeur. Ces trous peuvent être pratiqués aux points principaux de la construction future, aux principaux angles, sur l’emplacement des caves, par exemple. 11 serait inutile de les pratiquer en dehors du périmètre de la fouille; on perdrait du temps et de l’argent. Ces trous creusés aux extrémités seraient descendus à la profondeur nécessaire pour s’assurer de la qualité du sol.

Quand le terrain est aqueux ou le fouille jusqu'à l’eau, et à

DU SONDAflE.

partir de son niveau on le fouille au moyen de la sonde. A cet effet on se sert d’instruments divers suivant les contrées.

Dn «oiidiijfe.

Les sondes sont une espèce de tire-bouchon-cuillère qui fore et enlève : la sonde proprement dite est rivée ou soudée à une barre de fer de 27 millimètres environ carrée , et dont on augmente indéfiniment la longueur en y adaptant des rallonges ainsi que le fait voir la tig. 44. A la deuxième rallonge du haut est adaptée une poignée comme aux fortes tarières de charpentier et destinée à faire ^ ! manœuvrer la sonde; ces différentes par-

■«- 1 rj lies en constituent l’assemble. Nous don-

nons dans la figure quatre de ces parties : a est le sommet, b une des rallonges, c une cuillère et d un évidoir. A la pièce de sommet se trouve cequ’on nomme un œil, avec une ouverture carrée dans laquelle on pratique la poignée destinée à faire fonctionner l'instrument. A son extrémité nférieure est un bourrelet carré avec une

S mortaise qui doit recevoir un tenon des-

na tiné à assujettir la rallonge. La pièce inter-

LJ médiaire b a également à son somme! un

bourrelet muni d’un tenon qui est destiné à entrer dans la mortaise de la pièce pré- !| cédente. En bas cette pièce a comme la

Il première un bourrelet avec une mortaise.

■U Quand une pièce est entée ou emboîtée

il dans l’autre, ces deux pièces sont mainte-

nues ensemble au moyen d’une cheville rivée. C’est de cette façon qu’on construit des sondes d’une grande longueur et qui descendent aux profondeurs voulues. La cuillère de notre figure est convenable pour sonder des terrains sablonneux et des 1er* rains meubles, tandis que la sonde d est employée pour des terrains argileux et des terres grasses.

Fig. 44.

LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS

On comprendra facilement que les deux sondes dont nous venons de parler ne sont pas propres à ramener à la surface le sol foré si la sonde opère dans l’eau; elles ne ramèneraient l ien en les relevant. On a donc inventé un autre moyen de s'assurer de la nature d’un sol dans l’eau.

A cet effet on emploie la sonde ou cuillère à soupape. A une sorte de potence de brimbale est pratiqué une sonde cylindrique avec une pointe tranchante placée en contre bas. Dans la partie inférieure et à l’intérieur du cylindre est adapté un petit bourrelet qui rapetisse l’orifice du cylindre. Cet orifice est fermé au moyen d’une soupape à charnière. Maintenant on comprendra aisément que quand la sonde fonctionne, la soupape est soulevée par l’action de la terre forée et que le cylindre en est rempli. En retirant la sonde, le poids de la terre entrée dans la cuillère fait par sa pression fermer la soupape, et laisse arriver la substance qui y est contenue à la surface du sol, dût-elle traverser des nappes d’eau.

Pour traverser ou percer des couches de cailloux roulés, limons ou calcaires, on se sert, au lieu de la cuillère, d’un outil en forme de poinçon, et qui ressemble à l’extrémité des pieux qui servent aux pilotis. Cet outil fonctionne au moyen d’un mouton ou d’un appareil à levier, qui fait monter et descendre le poinçon par chocs.

Quant aux forages de bancs de pierre, on se sert pour les effectuer d’outils qui font les fonctions de marteaux, qui pulvérisent et broyenl la substance dure sur laquelle ils frappent. L’extrémité de ces marteaux est forgée en forme de coin; d’autres sont à cinq pointes, comme une sorte de griffe, opérant par la pression de leur pesanteur en tombant et qui sont tant soit peu tournés horizontalement à chaque choc qu’on leur fait faire.

Pour faire manœuvrer ces sondes et ces marteaux, on se sert d’appareils divers dans les différentes contrées d’un pays. Il est toujours convenable d’utiliser les moyens en usage dans les localités où on se trouve.

Comme les sondages ne sont destinés qu’à s’assurer de l’étal eide la qualité du terrain à bâtir, il est inutile de les poursuivre au delà de la profondeur qui offre la résistance convenable au

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