DU SONDAGE
but proposé, et qui indique le genre de fondements â employer.
Le roc, quand ses masses ne recouvrent pas en couches de petite épaisseur des cavités inférieures, est sans contredit le meilleur sol â bâtir. Des terres fermes, comprimées, au nombre desquelles on compte le gravier, le gras sable pierreux, en général des couches identiques de terre d’une grande épaisseur, offrent un bon sol pour la construction, si toutefois elles sont franches d’humidité et n’alternent pas avec des couches de terre meuble. Dans le cas où des tranches horizontales de terre comprimées et fermes alternent avec des couches meubles, il ne faut pas fouiller les couches fermes, mais au contraire les utiliser pour y asseoir la base des murs de fondation. On peut même considérer comme bon sol propre à bâtir le sable fin s’il se montre en fortes et épaisses couches. Un lit de sable de 2 mètres à 2m,60 d’épaisseur suffit pour y élever sans danger un bâtiment de trois étages. Les sols argileux et glaiseux d’une moindre épaisseur offrent moins de sécurité que des sols secs, parce que les premiers sont détrempés par la pénétration des eaux pluviales ; ils sont alors plus facilement comprimés de haut en bas et peuvent s’échapper latéralement.
L’infiltration des eaux dans des terres fermes est très-préjudiciable aux constructions lors des fortes gelées. Il est donc prudent de descendre tous les murs de fondation au moins à une profondeur assez grande pour que la plus forte gelée ne puisse pas atteindre le pied ou base de ces fondations. A cet effet un mètre de profondeur suffirait même dans nos climats du nord.
Ondoitconsidérer comme un mauvais sol tout terrain aqueux, marécageux, tout terrain rapporté, tourbeux, d’alluvion ou chargé de sable provenant de sources : et il faut bien se garder d’élever directement des constructions sur des sols de cette nature. Mais si des bancs de sable d’une certaine épaisseur les recouvrent, ils gagnent une grande solidité, et deviennentcapables de résister à des poids considérables.
Quand on est obligé d’établir des fondements sur des terres légères ou poreuses, et qui ont été remuées, il faut préalablement les battre jusqu’au refus du mouton ou autre machine dont le choc soit proportionné à la charge des constructions qu’on doit élablir dessus. Sur ce sol bien battu, on construira
lit LA SCIENCE DES CONSTIIL'CTIONS.
les fondements comme nous l’indiquerons plus loin pour les bons sols.
Le moyen de battre le sol est souvent préférable et moins coûteux que le pilotage , parce que la terre comprimée par les pieux oppose quelquefois une telle résistance et occasionne un frottement si considérable, qu’il s’oppose à l’enfoncement, des pilots , et les empêche de céder au choc du mouton, quoiqu’ils n’aient pas atteint le bon sol. Le battage d’un terrain compressible et la maçonnerie des fondations établis dessus effectuent, au contraire, d’avance le tassement dont la terre est susceptible, et la rend asfcez ferme pour résister à la charge qu’elle doit soutenir, sans crainte de réaction.
Il faut renfermer et dessécher les sables mobiles et ceux à travers lesquels suinte l’eau. On fait usage pour cette opération de pilotis et de palplanehes ou mandrins plantés dans le sol comme des pieux, pourvu qu’ils puissent pénétrer assez avant dans la couche de terrain inférieure, pour résister aux effets de la mobilité du sable et faciliter l’épuisement de l’eau, s’il en est pénétré.
Le meilleur moyen pour établir des fondements solides sur cette espèce de sol est d’étendre sur toute la superficie de l'enceinte formée par les pieux ou les palplanehes une forte couche de béton ou de maçonnerie en blocage à bain de mortier, ainsi que nous l’indiquerons plus loin. Sur cette couche bien battue, nivelée et arrosée, on posera à 33 ou à 63 centimètres en retraite une assise de-forts libages aussi à bain de mortier, et battus pour servir de base aux fondations des murs ou points d’appuis.
Pour former l’enceinte on se sert d’un double rang de pieux réunis par des palplanehes, dont l’intervalle est rempli de glaise ou de terre franche, ainsi faite cette enceinte convient également pour les terres marécageuses et les fondements dans l’eau. Pour élever cette espèce d’enceinte, nommée batardeau, on pratique dans des pieux, plantés à très-peu de distance les uns des autres, des rainures dans lesquelles on fait entrer des palplanehes ou madriers^n bois de chêne taillés en pointe par le bas. La largeur intérieure de cette espèce d’encaissement peut avoir depuis 1 jusqu’à 4 mètres de largeur, en raison de son étendue et de la puissance de i’eau.