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DE LA MAÇONNERIE MIXTE

que les pierres formant le parement extérieur ne soient pas toujours de môme épaisseur : il faut qu’il y en ait de peu épaisses, de moyennes et, si c’est possible, de temps en temps de plus fortes , afin de faire une liaison convenable avec la brique ou le moellon qui se trouvera derrière, ainsi que l’explique la fig. H8.

11 y a, dans la construction des murs verticaux qui ont une charge verticale à supporter, trois principes essentiels à observer.

i° Uniformité de construction dans toute l’émur;

2° Combinaison, afin que les joints verticaux ne se rencontrent pas les uns sur les autres , ce qui lie les matériaux pour en constituer un ensemble compacte;

3° Distribution convenable de la charge à supporter.

Nous avons déjà parlé du danger d’élever le derrière d’un mur avec des matériaux plus compressibles que ceux du devant ou du parement; on ne peut insister trop souvent sur ce que, dans la construction, ce n’est point l’étendue ou le degré plus ou moins élevé du tassement qui est dangereux, mais bien l’irrégularité du tassement. Ainsi un mur en moellons étevé avec soin peut être monté à une grande élévation , supporter les planchers et les combles d’un grand bâtiment, tandis qu’un mur bâti en briques avec un parement en pierre de taille, dans une position identique au premier, se lézardera du haut en bas, effet qui sera amené par sa construction mixte de pierres et de briques.

Noiis avons déjà insisté plusieurs fois, dans le courant de cet ouvrage, sur ce que les joints verticaux ne doivent pas se correspondre dans deux assises consécutives. Comme il ne s’agit que d’un peu de soin et d’attention , il est facile d’éviter ce vice, qu’on ne doit jamais tolérer. Dans certaines contrées, où l'on ne peut disposer que de la brique, on a l’habitude de plgcer horizontalement dans les murs et aux encoignures , des pièces de charpente, ayant l’épaisseur et la largeur des briques. Cette méthode est vicieuse , car le bois en se retirant se' détache de la maçonnerie, ou contribue en pourrissant à

Fig. 118.

paisseur du

LA SCIENCE I)ES CONSTRUCTIONS

compromettre la stabilité des murs. Au lieu donc d’employer le bois, on se sert en Angleterre généralement de fer méplat mince. Ce fer est goudronné, pour le protéger du contact du mortier : on le pose longitudinalement dans les joints horizontaux du mur; il a tous les avantages des chaînes ou liaisons en charpente et ne présente aucun de leurs vices.

Quant à la distribution de la charge, il est toujours prudent et convenable, lorsqu’il s’agit d’un poids considérable qui doit être supporté sur un petit nombre de points, comme par exemple d’un plancher étendu formé de solives, il est dans ce cas convenable d’appuyer le poids sur le milieu de l’épaisseur du mur autant que cela est possible. Dans la construction en briques il faut répartir la charge des solives ou des poutres sur la surface de la plus grande étendue qu’on puisse obtenir; on placera donc de la pierre en dessous de la partie des pièces de charpente, et cette pierre devra former parpaing, c’est-à-dire avoir toute l’épaisseur du mur. C’est ce que ne négligent pas les bons constructeurs en brique, et ils évitent par ce moyen l’écrasement de la brique sous le poids des poutres ou solives d’enchevêtrure.

U esj important, dans la composition des dessins de maisons, de combiner les baies des portes, fenêtres, etc., de manière à ce qu’elles se trouvent les unes sur les autres, dans le même axe dans les différents étages, en sorte que les vides se trouvent sur vides et pleins sur pleins. Si l 'on ne prend pas celte précaution, il est presque impossible de prévenir des tassements inégaux. Ajoutons encore que dans les constructions en briques la pression du poids vertical sera nécessairement plus considérable sur les fondations placées en dessous des parties solides de maçonnerie que sur celles au-dessus desquelles s’élèvent des vides. Pour qu’il n’y ait pas de poussée latérale dans le sens de la longueur du mur, on doit lier les trumeaux entre eux par des arcs renversés, et ainsi la charge est répartie également sur toute la superficie des fondations.

Toute baie ou ouverture de porte ou de fenêtre devra être couionnée d’un arc dans les pays à briques : cet arc devra de plus avoir toute l’épaisseur du mur où il est pratiqué; les poitrails et les linteaux en charpente quand on en pose, ne doivent servir que de liens et contrebalancer la poussée de l’arc, et

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