DES CONTREFORTS
Fig. 15».
Fig. 155.
Les trois premières figures montrent des calculs destinés à résister au maximum, et la quatrième figure à résister au minimum de la poussée, tandis que la fig. 136 représente la forme modifiée telle qu’elle est d’ordinaire adoptée dans la pratique.
Il est quelquefois nécessaire; dans des terrains mous, de fortifier le pied de la base , à l’extérieur, au moyen de pilotis serrés, afin de le prévenir d’ôtre poussé en avant. Voyez la fig. 147.
Des contreforts.
Les murs de soutènement sont souvent élevés avec des contreforts, nommés au ssi éperons, placés à de petites distances les uns des autres, système qui permet une di-
Fig. 156.
minution de dimension dans la coupe des murs et de les bâtir plus légèrement que sans contreforts. Le principe d’après lequel ces contreforts sont généralement construits est toutefois défectueux :
car on a l’habitude communément de les placer derrière ou dans le dos du mur, vers le talus qui se détache alors des contreforts par la poussée exercée par la terre. La force d’un mur de terrasse
ou de soutènement serait toutefois considérablement augmentée au moyen d’une suite d’arcs boutants, s’appuyant sur de longs et minces éperons ou contreforts. Mais la perle de terrain que nécessite ce genre de construction empêche constamment de l’employer, excepté dans des cas qui ne se présentent que rarement. L’exemple des églises et fortifications du moyen âge montre la grande solidité de construction amenée par l’usage des contreforts.
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
11 y a des cas où le sol étant ferme, dur, les couches qui le composent étant horizontales, le mur de soutènement ne doit que protéger les terres et ne point les soutenir. 11 faudrait bien se persuader qu’une légère force appliquée avec art contre une terre compacte , sans désagrégations , soutiendra dans sa stabilité une masse de matériaux qui, étant mise en mouvement, écraserait un mur épais et d’un grand poids. 11 faut donc pour celte raison ne pas exposer des terres nouvellement remuées à l’influence de l’air et de l’humidité plus longtemps qu’il n’est strictement utile ou nécessaire pour l’œuvre, et il faut, de plus, éviter le plus petit mouvement qui pourrait s’opérer entre la terre et le dos du mur.
Fig. 168.
Dans le cas où les couches du terrain inclineraient vers le mur, il faut que sa force ou épaisseur soit augmentée proportionnellement ; si au contraire les couches déclinent, le mur pourra n'avoir que l’épaisseur d’un simple parement, uniquement destiné à empêcher le sol de devenir trop meuble et de s’ébouler (tig. 138).
Quant en ce qui concerne encore la construction des murs de terrasse, un des points les plus importants à ne pas négliger, c’est d’établir un écoulement naturel des eaux pluviales : de là dépend surtout et puissamment leur stabilité. On ne peut prescrire aucune règle sur la manière de procéder à ce drainage; mais il doit être étudié attentivement dans chacun des cas qui peuvent se présenter.
étayement des terres.
On pratique quelquefois dans les murs de terrasse de hautes ouvertures étroites, appelées burbaccmes, et destinées à donner de l’air ou à laisser écouler les eaux qui pourraient se réunir dans le dos du mur. 11 faut que ces ouvertures soient établies avec soin et que leur pourtour dans l’épaisseur soit formé de gros et durs matériaux qui ne puissent pas geler. Mais il vaut mieux en tous cas employer un drainage supérieur si cela est possible ; car les résultats en sont plus positifs et plus certains.
Üttajement des terres.
Quand il s’agit de faire la fouille d’un grand espace, d’un bâtiment entier ou d’une cave, il arrive fréquemment que lorsqu’on creuse dans un sol meuble, dans du gravier ou dans du sable, on a des éboulements à craindre et . qu’il faut éviter avec soin. Il faut s’épargner la dépense qui résulte de la maind’œuvre à payer pour retirer les terrés éboulées, et ensuite il faut éviter que la chute des terres n’écrase ou ne blesse les ouvriers.
A ceteffet on doit se servir d’ungenre partyculierd’étayement
oblique , qu’on exécute par petites parties et avec grande précaution. Quand on a creusé à une certaine profondeur, on place contre le terrain creusé et verticalement des planches ou des madriers b en longueur, en ne lesfaisantpas joindre, mais en laissant entre eux un intervalle de 20 ou 35 centimètres, selon le plus ou moins de mobilité du terrain. Ensuite on pose verticalement de moyennes pièces de charpente ou des madriers a contre les premières, afin de les maintenir dans leur position. Ces secondes pièces verticales seront soutenues dans leur position d’aplomb au moyen de fortes pièces de charpente en arcs-boutants c, dont un bout est posé contre les pièces verticales a et l’autre à terre et re-
Fig. 159.
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
tenu dans sa position par des coins ou courtes et épaisses pièces de charpente f qu’on enfonce dans le sol. Pour empêcher l’extrémité supérieure de ces pièces biaises de s’échapper en l’air, on les retient au moyen de deux ou plusieurs clous ou chevilles en fer qu’on enfonce dans les pièces verticales, comme le fait voir la figure 159.
Si la fouille est élevée, il sera nécessaire de poser un second rang de poutrelles biaises d, qu’ou fixera de la même manière que les précédentes. Si ces seconds arcs-boutants ont une grande longueur, pour en augmenter la solidité il sera bon de les lier ou moiser par des pièces e qui peuvent être boulonnées ou simplement clouées sur les poutrelles biaises dans le cas où l’étayement ne doit pas avoir une trop longue durée.
II ne faut pas non plus que les pièces longitudinales qui tapissent la face verticale de la terre aient une trop grande longueur, afin qu’on puisse les enlever par petites portions ou travées, pour y substituer la maçonnerie des fondations ainsi que celle du souterrain. Il faut aussi apporter le plus grand soin à l’opération de l’enlèvement partiel de l’étayement, afin d’éviter les éboulements.
Fowea d’aisance*.
Quand les terrassements et les fouilles sont terminés, il est d’usage et il est convenable de procéder à la construction des fosses d’aisances. Si la nature du sol le permet, il faut que ces fosses, destinées à recevoir la matière, soient placées à un niveau inférieur de celui des caves de la maison. L’extérieur ou l’extrados de leur voûte doit se trouver au niveau des caves, afin d’éviter les inconvénients qui pourraient résulter des infiltrations et des fuites des gazs et qui répandraient une mauvaise odeur. Au reste, chaque localité a ses règlements de voirie que le propriétaire constructeur doit observer dans l’établissement des fosses d’aisance, pour ne pas avoir de désagréments dans la suite.
La construction des fosses d’aisances doit être exécutée avec beaucoup de soin. La matière qui convient le mieux pour cette