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ENDUITS

Quand on n’enduit pas les faces extérieures d’un bâtiment, on les nettoie avec soin lorsque la construction s’est assise, et on fait le jointoyement. Pour cela on gratte légèrement les joints, et on les remplit d’un mortier approchant de la même couleur. Si les faces sont en briques, on fait trancher les joints en mortier de chaux aussi blanc que possible, et ces joints sont ordinairement faits par des ouvriers habiles et dont c’est l’unique spécialité.

On figure quelquefois sur les enduits recouvrant soit de la brique , soit du moellon, la construction en pierre de taille, afin de lui imprimer un plus grand caractère de solidité. Alors les faces sont recouvertes d’abord d’un enduit général : ensuite on y trace les joints qu’on aura combinés, et on entaille ces joints avec un instrument tranchant. Enfin on introduit dans les joints ainsi préparés, du plâtre ou du mortier de chaux, auxquels on aura donné la teinte qu’on désire avoir, soit jeaunâtre, soit rougeâtre pour imiter le ciment. Pour l’exécution matérielle de joints de ce genre, les ouvriers ont des moyens divers, qui varient selon les contrées où ils sont pratiqués.

Avec le plâtre on imite souvent la brique en colorant d 'ocre rouge le plâtre au moment où il est gâché. 11 faut avoir soin de ne pas employer un rouge trop criart, ce qui est toujours d’un mauvais effet. Quand' on imite la brique,, il faut par des essais, faits quelques jours à l’avance, s’assurer de la quantité nécessaire de matière rouge à mélanger avec le plâtre, afin d’approcher le plus possible du ton de la brique employée dans la localité ou dans ses environs, afin de ne pas faire disparate avec les matériaux en usage dans cette localité. Il faut bien se garder de faire des excentricités en fait de goût, quand il s’agit de matériaux vulgaires et usuels. Il n’en est point ainsi des marbres ni des stucs, dont nous parlerons plus tard.

11 y a une autre espèce d’enduits destinés à l’intérieur, dont le but est plutôt l’embellissement que l’utilité : il s’agit de ce qu’on nomme légers ouvrages, en opposition des gros ouvrages de maçonnerie, comme fondations, voûtes, murs de face et murs de refend, etc., etc. A Paris et dans les environs on comprend sous la dénomination de légers ouvrages ceux qui sont exécutés en plâtre seul : tels que pigeonnages pour les

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languettes de cheminée, ravalements en plâtre, feuillures, moulures, cloisons et pans de bois hourdés, aires, crépis, scellements, etc., etc.

Quelle que soit la nature des matériaux formant la surface sur laquelle on applique un enduit, la condition essentielle est l’adhérence la plus parfaite possible de l’enduit au mur. Pour remplir cette condition, il y a des soins tout particuliers à observer ; ensuite il ne faut employer que des ouvriers faits, expérimentés, intelligents et soigneux.

Lorsqu’il s’agit d’enduire en plâtre un mur en moellon ou en brique, on commence par nettoyer avec soin la surface et les joints ; ensuite, après l’avoir bien arrosé et avoir bouché les grands joints avec du plâtre à la main , on procède à ce qu’on nomme le gobetage. Le gobetage consiste à prendre du plâtre au panier ( c’est-à-dire passé au mannequin), gâché un peu clair, pour le jeter avec un balai sur la surface, lattis ou pièces de charpente sur lesquels on veut appliquer un crépi ou un enduit.

Après cette première opération faite, et quand le plâtre a pris corps, on applique sur le gobetage le crépi, fait avec du plâtre écrasé, passé au panier, et gâché plus serré. Le plâtre est jeté à la main et étendu avec le tranchant de la truelle pour rendre la surface plus rude, afin que l’enduit, ou troisième couche, s’y accroche mieux. EnfiA, cette dernière couche ou enduit se fait en plâtre fin passé au sas ou tamis de crin. Pour qu’un enduit soit bien fait, il faut qu’il soit exécuté par un ouvrier intelligent et rompu à ce genre de travail. C’est comme nous venons de l’indiquer que se font aussi les enduits sur les cloisons, les pans de bois, les plafonds ou lambris sous les toits; il n’y a de différence que dans le lattis, qui se fait ou jointif ou à claire-voie. Dans le lattis jointif, les lattes se touchent ou sont peu distantes les unes des autres; dans le lattis à claire-voie, elles sont éloignées de 5, 8 et jusqu’à 10 centimètres, comme lorsqu’il s’agit de pans de bois, de cloisons ou de planchers hourdés pleins, c’est-à-dire dont les intervalles sont garnis en maçonnerie de platras. Lorsque les intervalles entre les poteaux ou solives ne sont pas remplis de maçonnerie, et que l’on veut, par raison d’économie, ou pour éviter le poids, les laisser vides, on pose les lattes jointives.

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