‹ L'architecture et la construction pratiquesChapitre 74 sur 161 · ÉCHAFAUDS · texte numérisé non relu

ÉCHAFAUDS

Les lattes dont on fait le plus généralement usage sont de cœur de chêne refendu ; elles ont 1 m, 30 de longueur sur environ 5 centimètres de largeur et 7 à 9 millimètres d’épaisseur. Elles doivent être posées bien parallèlement et fixées avec des clous à tête plaie sur chaque poteau ou solive. Enfin, nous ferons observer qu’il faut les poser en liaison.

Il'y a nombre de départements en France où l'on ne trouve pas de plâtre, et alors les enduits se font en ce qui est nommé blanc en bourre. Cet enduit est du mortier de chaux et de sable, ou de chaux et d’argile douce, auquel on a mélangé de la bourre. Pour obtenir de bons enduits de ce genre, qui prennent un beau poli, il faut que la chaux employée soit éteinte depuis plusieurs mois, afin que l’on soit assuré qu’aucune de ses particules n’a échappé à l’extinction. Pendant la gelée le blanc en bourre ne doit pas être employé. La première couche doit avoir de 0m,018 à 0ro,020 d’épaisseur; la seconde, que l’on pose quand la première est à moitié sèche, afin qu’elle adhère mieux, n’aura que 0”, 007 environ; enfin, la troisième n’a que 0m,002 à 0m,004 d’épaisseur ; elle doit toujours être en mortier plus fin que les premières.

Lorsqu’on veut peindre les enduits de blanc en bourre , il convient de ne le faire que neuf à dix mois après leur exécution et autant que possible dans la belle saison.

Échafauds.

Les échafauds sont des constructions temporaires, destinées à aider à l’élévation des édifices et des maisons. Il est du devoir de l’architecte et de tout constructeur de veiller scrupuleusement à ce que les échafauds soient combinés et établis avec la plus grande solidité : car dans le cas contraire on est responsable devant sa conscience et ensuite devant la loi des malheurs qui peuvent en être la suite. Il n’est malheureusement pas rare de voir des ouvriers tués ou blessés par l’insouciance apportée à l’établissement de ces planchers auxiliaires, sur lesquels les ouvriers exposent leur vie pendant la plus grande partie de la durée des travaux et surtout pendant que s’élève la maçonnerie.

LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS

On emploie pour les échafauds des monuments et des édifices publics des bois de charpente avec des assemblages boulonnés en fer, parce que ces constructions demandent quelquefois ou presque toujours des années pour leur achèvement, à cause des moulures et des sculptures considérables qui ornent leurs façades. 11 n’en est point ainsi pour la construction des maisons particulières, et surtout pour celles qù’on élève en dehors des grandes villes ; il n’en est point ainsi non plus des dépendances dont on accompagne ces maisons, et qui se terminent dans le courant d’une campagne.

La destination temporaire des échafauds, de courte durée pour les constructions particulières et pour la construction de leurs dépendances, permet de leur donner une grande légèreté tout en les construisant d’une solidité suffisante pour supporter les hommes qui travailleront dessus, ainsi que les matériaux qui pourront y être accumulés. Répétons qu’il faut que le propriétaire constructeur surveille l’ouvrier chargé d’établir les échafauds, afin que celui-ci y apporte un soin et une attention particuliers. Si ce conseil est suivi il n’y aura pas d’accident à déplorer. Lé chef d’une construction ou le propriétaire qui fait bâtir quand il dirige lui-même les ouvriers, a pour ainsi dire la charge des âmes et du corps de ceux qui travaillent pour lui et sous lui.

Les échafauds peuvent être divisés en deux classes : dans la première on rangera ceux qui sont simplement construits par les maçons. C’est cette première classe qui est plus ordinairement en usage. La seconde classe comprend les échafauds faits avec plus d’art par les charpentiers : on s’en sert pour la construction des monuments importants, ce qui les exclut du cadre de cet ouvrage. Nous ne parlerons pas non plus du plus simple genre d’échafauds et que les maçons ou autres ouvriers établissent avec des tonneaux, des caisses, des tréteaux ou chevalets, posés sur le sol ou plus haut sur des planchers déjà faits et recouverts de planches ou de madriers, jetés d’un des appuis à l’autre. Nous ferons seulement remarquer qu’il faut exiger que les points d’appui soient solidement posés, qu’ils ne vacillent pas, afin que le plancher provisoire qu’on jette pour ainsi dire dessus ne vacille pas lui-même, ce qui com-

ÉCUAFAUDS.

promettrait la vie des ouvriers, qui en tombant môme d’une petite hauteur peuvent se casser une jambe ou un bras. Les échafauds dont nous venons de parler permettent de monter des maçonneries jusqu’à trois ou quatre mètres d’élévation.

Les échafauds de la première classe dont nous avons parlé plus haut, et qui sont des échafauds de maçon, sont les plus simples et les plus ordinairement employés, puisqu’ils servent à construire toutes les maisons et quelquefois même des bâtiments d’un ordre supérieur. Ces échafauds sont remarquables par les moyens simples et économiques avec lesquels les maçons eux-mêmes les établissent.

Il y a trois sortes d’échafauds que les maçons établissent euxmêmes : 1° Les échafauds sur plans verticaux (fig. 159), qu’on établit en commençant par poser verticalement, à environ, 1™, 50 du pied du mur ou du pan de bois à élever, ce qu’on nomme deséchasses ou écoperchcs, cspacéesentre elles de deux mètres ou à peu près. Les échasses sont de grandes perches nommées aussi baliveaux. On scelle les pieds des échasses dans le sol ou simplement dessus au moyen de petits massifs en moellons et plâtre, que l’on appelle patins. Ensuite à des intervalles de l,n, 75 de hauteur à peu près, et au fur età mesure que la construction monte, on place des boulins horizontalement et qui sont assujettis d’un bout aux échasses par des cordages à main et scellés de l’autre de 10 centimètres au moins dans le mur ou le pan de bois. C’est sur ces boulins qu’on établit, à chaque étage qu’on en a fait, un plancher, soit en planches de bpleau quand on est à proximité de rivières, et sinon en bons madriers, en ayant bien soin d’éviter surtout les bascules. Lorsque la hauteur de la maçonnerie empêche l’ouvrier de continuer son travail, on pose les boulins de l’étage supérieur suivant, et sur ces boulins on pose des planches ou madriers du plancher provisoire que l’on va quitter. Afin de conserver la solidité des échasses ou écoperches, de les maintenir invariablement dans leur position verticale, on a soin délaisser les boulins en place; on a l’usage de laisser sur chacun de leurs étages un rang de planches ou de madriers pour faciliter le travail s’il y a des alignements ou des aplombs à relever.

On comprend que dans le cas où les murs d’une conslruc-

LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS

tion sont en pierre de taille, on ne peut y sceller les pièces de bois nommées boulins : alors on a soin de dresser les écoperches ou perches verticales vis-à-vis des baies des fenêtres çten l'ace sur leurs appuis ou même à l’intérieur du bâtiment, on place des boulins verticaux , auxquels on assujettit les boulins horizontaux avec des cordages à main, comme on a fait pour les relier aux écoperches.

Mais les écoperches n’ont pas toujours une longueur suffisante pour atteindre le sommet de la construction : alors il faut les enter, c’est-à-dire les prolonger par d’autres écoperches qu’on relie au sommet de celles qui partent de terre, en ayant soin de faire reposer le pied de chacune qui est entée sur un des derniers boulins horizontaux pour lui donner plus de stabilité.

La grosseur des écoperches varie de 15 à 25 centimètres à

leur pied, et suivant leur longueur, qui varie elle-même de 5 à 10 mètres. Les boulins ont d’ordinaire2ni, 50 de longueur et 10 à 15 centimètres de diamètre. Les boulinsne doivent pas avoir de mauvais nœuds, être en bois sain, pour éviter les accidents et les malheurs qu’occasionnerait leur rup- Fis. ion. turc. Quand on

Page 1