ÉQUARRISSAGE DES BOIS
D’après ce tableau, il s’ensuit qu’une tringle parallélipipédique de sapin ordinaire ou sauvage, de un mètre neuf centimètres et huit millimètres de longueur, de deux centimètres six millimètres de hauteur sur deux centimètres six millimètres (nombre rond), se rompt au milieu (appuyée seulementaux deux extrémités ) sous un poids de 41 kilog. 158 grammes ; elle fléchit avant sa rupture en contre-bas de sa position horizontale de 0,02G1.
Les roideurs ou forces respectives de deux pièces de bois d’inégales hauteurs et épaisseurs, mais d’égales longueurs, sont en rapport des produits de leurs épaisseurs multipliées par les carrés de leurs hauteurs, ou
e X h 2 :: lî X H2.
Supposons une solive de 7 centimètres d’épaisseur sur .20 centimètres de hauteur, et de 4 mètres 40 centimètres de longueur; une autre solive de 5 centimètres d’épaisseur, de 28 centimètres de hauteur et également de 4 mètres 40 de longueur. Les surfaces transversales ( en travers des pièces ) des deux solives sont égales, car 7 X 20 = 5 X 28 = 140, et il faut qu’une quantité égale de fibres soit violemment tendue et rompue. Les roideurs des deux solives sont entre elles comme 7 X 400 ( 20 X 20) :: 5 X 784 ( 28 X 28 ),
ou comme 2800 (7 X 400) :: 3920 ( 5 X 784), ou comme 5 est à 7.
La deuxième solive quoique de 5 centimètres seulement d’épaisseur, tandis que la première en a 7, a cependant une force de f plus considérable. On peut donc se convaincre par cet autre exemple de quelle importance est l’emploi du bois posé sur champ.
ÉqnarrliMcr «leu IioIn.
Pour employer un arbre dans les travaux de charpente, il faut d’abord le rendre carré de rond qu’il est naturellement. Cette opération se nomme équarrir ; on retranche dans le sens de la longueur de l’arbre les parties circulaires, et il en ré-
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
suite quatre faces d’équerre entre elles. On nomme bois d'èqunrissage le bois qui se présente sous la forme d’un parallélipipède rectangle. Les morceaux de bois enlevés par l’équarrissage au moyen de la scie, et qui ont une face droite et plane, et l’autre circulaire ou convexe, se nomment dosses, qu’on utilise aussi de beaucoup de manières.
Équarrlr le bois, c’est le tailler à angles droits. Dans cette opération, il faut tâcher de ne pas perdre de bois. Dans l’équarrissage il s’agit d’enlever ce qu’on nomme des dosses, c’est-àdire les segments circulaires qui donnent à l’arbre en grume une forme circulaire ou cylindrique. On n’équarrit point de bois au-dessous de seize centimètres de gros ou de diamètre. Pour trouver dans l’équarrissage d’un arbre la plus grande dimension d’une poutre carrée, voici comment il faut opérer.
Si l’arbre est court, s’il a à peu près le môme diamètre aux deux extrémités, prenez son diamètre de, multipliez-le par 5 et* divisez-en le produit par 7; le quotient vous donnera la largeur de la Tace ab, à laquelle les trois autres seront semblables. Supposons (fig. 162) que le diamètre de soit de 43 centimètres; mul-
tipliezces 43 par5, ce qui produira215, qu’il faut diviser par 7. Le quotient sera 306 ou 30 centimètres 6 millimètres.
Supposons que le diamètre de soit de 39 centimètres ; multipliez ces 39 par 5, ce qui produira 1 95, qu’il faut diviser par 7. Le quotient sera 278, ou 27 centimètres 8 millimètres.
Maintenant s’il s’agit de connaître quel doit être le diamètre d’un arbre qui devra fournir un équarrissage déter-
miné, multipliez le côté donné (ab) par 7 et divisez-en le pro-
duit par 5. Le quotient donnera le diamètre de l’arbre que. de-
mande la mesure proposée. Supposons qu’on veuille avoir une
poutre de 35 centimètres d’équarrissage carré : il s’agit de savoir quel sera le diamètre de l’arbre d’où elle doit être tirée.
Multipliez le côté parle nombre 7, et divisez-en le produit par 5, le quotient sera le diamètre demandé. Supposez que le côté de la poutre future ait 35 centimètres de largeur : multipliez ces
ÉUUAHR1SSAUE DES BOIS.
35 pat* 7, et divisez le produit par a. — 35 X 7 = 245 divisés par 5 = 49. L’arbre devra donc avoir 49 centimètres de diamètre pour livrer une poutre de 35 centimètres d’équarrissage en tous sens.
S'il s’agit de connaître la plus grande force d’une poutre plus haute que large et à débiter dans un arbre, il faut savoir que cette force est donnée par une pièce de charpente dont la largeur est en rapport avec la hauteur dans la proportion de 5 à 7. Par conséquent si l’on veut savoir quelle doit être la grosseur d’un arbre dans lequel on doit débiter une poutre oblongue en coupe transversale, on multipliera la hauteur ac de la poutre tig. 163, par 5, et on en divisera le produit par 4. Le quotient donnera le diamètre demandé de l’arbre. Siippo- \ sons que le côté vertical, ou hauteur de la poutre,
) soit de 24 centimètres : il faut multiplier 24 par J 5 ce qui fait 120 qui, divisés par 4, produiront . 1 30. — 30 centimètres sera donc le diamètre d’un
î- arbre dans lequel on pourra débiter une pièce de charpente ayant 24 centimètres de hauteur et offrant la plus grande résistance possible. .
Veut-on savoir, au contraire, quelle sera l’épaisseur ab d’une pièce plus haute que large de la plus forte résistance, on multipliera son diamètre par 4 et on en divisera le produit par 7 5 que le diamètre, par exemple, soit de 42 centimètres; 42 multipliés par 4 produisent 168, qui divisés par 7 font 24.
Il arrive qu'à défaut de gros arbres, ou soit encore par économie , on emploie dans beaucoup de cas des bois non à vive arête, mais qui conserveront à leurs extrémités longitudinales uue partie de leur courbure naturelle. Dans ce cas si l’on veut connaître l’équarrissage carré le plus résistant d’un arbre dont le diamètre est connu, il faut multiplier ce diamètre par 6 et en diviser le produit par 7 ; le quotient donnera la dimension de l’équarrissage. Supposons un tronc d’arbre de 42 centimètres de diamètre ; 42 x 6 = 252, qui divisés par 7 = 36. Les quatre faces auront donc chacune 36 centimètres de largeur.
S’agit-il de calculer d’un équarrissage carré connu le diamètre du tronc d’où il a été tiré, multipliez le côté ponctué
ABCHITECTIRE. 35
2!)0 LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
eu c par 7, et divisez-en le produit par 6. Le quotient donnera le diamètre demandé fig. 164.
Si l’on veut connaître la plus grande résistance r d’une poutre plus haute que large sans vive arôte
I ; i J) et Qui conserve à ses extrémités longitudinales \ / une partie de la courbure naturelle du tronc, —
Fig I04 qui doit être équarrie dans une proportion de S de largeur sur 7 de hauteur, on trouve la hauteur de cette poutre ab en multipliant le diamètre du tronc d’arbre cd (lig. 165) par 10 et en divisant le produit par 11.
Supposons un tronc d’arbre de 41 centimètres de diamètre : 44 multipliés par 10 — 440, qui divisés par 1 1 font 40. Supposons, pour citer un autre exemple , que ce tronc ait 27 centimètres 5 millimètres (0ra,275) de diamètre : 275 X 10 = 2750 divisés par il = 25 centimètres. L’épaisseur de la pièce dans les deux cas sera déduite du rapport de 5 à 7, qui donne la plus forte résistance.
Entln, s’il s’agit de déterminer le diamètre d’un arbre d’où l’on doit équarrir une pièce de charpente offrant par ses proportions la plus grande résistance et étant plus haute que large, il faut multiplier la hauteur donnée par le nombre H et en diviser le produit par le nombre 10. Le quotient donnera la dimension du diamètre demandé. Supposons que 40 centimètres soient la hauteur de la poutre, ce nombre multiplié par 11 produit 440 centimètres, qu’il faut diviser par 10; on aura pour quotient 44 centimètres, qui seront le diamètre demandé.
La masse de bois de tout tronc d’arbre est d’une compacité inégale; son extérieur, l’aubier, bois non encore arrivé à sa maturité, est la partie la plus tendre. Le bois augmente en dureté en approchant du cœur de l’arbre, jusqu’à son contact avec le cœur, où il devient de nouveau plus tendre. Le tronc des arbres poussés dans des contrées abritées forme presque un cercle . parfait en coupe transversale; ils ont le cœur au centre et la compacité du bois est la même à égale distance du cœur. Le tronc des arbres poussés sans abri, isolément ou sur les lisières des bois et des forêts, offre en coupe une forme
Fig. 166.