DES PLANCHERS
égale, offrira plus de solidité qu’une pièce de bois de plus de largeur mais de moins de hauteur. Prenons une poutre de 30 centimètres de largeur et de 40 centimètres de hauteur dont la superficie en coupe sera donc de 1200 centimètres superficiels et une autre poutre de 20 centimètres de largeur sur 60 centimètres de hauteur, le rapport de leur solidité sera comme 30 X 40 X 40 égal à 48000 est à 20 X 60 X 60 égal 72000, ou autrement la poutre rectangulaire oblongue sur champ supporte moitié plus du poids que la poutre équarrie carrément d’un tronc d’arbre.
Il y a donc économie à mettre en œuvre des pièces de charpente sur champ, sans parler de la solidité.
Comme exemple d’un plancher formé de solives posées sur champ, supposons un espace à couvrir, qui aurait 6 mètres 23 centimètres de largeur et 9ra, 30 de longueur. II faut 25 solives dans la longueur espacées à 35 centimètres les unes des autres, de milieu en milieu. La dimension de ces solives, pour être solides, doit être au moins de 7 centimètres sur 25. Les solives de cette dimension, qui en coupe donnent 175 centimètres superficiels, seront plus solides et résisteront à un plus grand fardeau qu’un nombre égal desolives de 12 sur 15 centimètres qui donnent chacune 188 centimètres superficiels en coupe.
On nomme planchers simples, ceux formés de solives parallèles D, D, fig. 188(1), dont les bouts ou extrémités posent sur
Fig. 188.
deux murs opposés, ou sur un mur et un pan de bois, ou sur deux pans de bois. Les planchers construits généralement en France se composent de poutres, de solives, de solives d’enchevétrure, de chevêtres, de lambourdes, d’étrésillons, de linçoirs et de liernes.
Nous avons déjà dit que les solives étaient des pièces de bois plus hautes que larges et qui étaient posées horizontalement à quelque distance les unes des autres.
Quand on veut établir un plancher dans un espace trop étendu (de plus de 6 mètres de longueur par exemple), pour n’employer que des solives, on a recours à la poutre (P, 3), la plus grosse pièce de charpente. On ne doit jamais poser les extrémités dès poutres sur un vide ou un point d’appui faible. La poutre reçoit les bouts des solives a et a un très-grand poids à soutenir. Sa hauteur ou épaisseur verticale doit toujours avoir la dix-huitième partie de sa portée ou longueur dans œuvre.
Les solives d’enchevêtrure (A, i) sont les pièces toujours portées et scellées de 22 à 24 centimètres dans les murs. Elles soutiennent les jambages des cheminées ou petits murs élevés de chaque côté d’une cheminée pour en porter le manteau. Elles soutiennent aussi la maçonnerie des àtres, à l’aide des bandes de trémie et enfin l’assemblage des chevêtres et des linçoirs.
Le chevétre B est une pièce qui s’assemble dans les solives d’enchevêtrure, au-devant des âtres et qui reçoit par assemblage un des bouts des solives de remplissage.
Les lambourdes (C, 2) sont scellées dans les murs par les extrémités; elles portent les solives avec ou sans assemblage, et sont soutenues volontiers par dessous, de distance en distance, par des corbeaux de fer entaillés de leur épaisseur. Pour une plus grande solidité, on encastre les lambourdes dans le mur de la moitié de leur largeur (fig. 189).
Cependant on ne se sert pas toujours de lambourdes pour faire poser le bout des solives dessus : souvent on pose ce bout sur la maçonnerie qui remplit ensuite les intervalles que laissent entre elles les solives. Les planchers dans lesquels les so-
Fig. 189.
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