CHARPENTE D’UN APPENTIS
Charpente d'an appentis,
La charpente de comble la plus simple est celle employée à un rampant et adossée à un mur ou bâtiment quelconques. Cette charpente, d’un fréquent usage pour les magasins et les hangars , se compose de poteaux g posés sur des dés en pierre, d ’enlraits e assemblés à un bout sur les poteaux et posant de l’autre sur le mur ou sur des poteaux si le point d'appui du mur n’est pas assez solide. Pour maintenir les poteaux et les entraits dans leurs positions respectives et ensuite pour recevoir le pied des chevrons, on assemble dans les poteaux la sablière horizontale k, fig. 240. Pour conserver l’équerre du poteau avec
Fig. 240.
l’entrait, on y assemble les aisselicrsf, à tenon et mortaise et ;\ entaille. Sur les entraits s’assemblent les arbalétriers , fortes pièces obliques c, dont le sommet porte sur le mur du fond. Pour consolider le bas des arbalétriers on pose les jambettcs d, assemblées â tenon et mortaise dans l’entrait et l’arbalétrier.
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
Si le rompant de l’appentis est d’une hauteur moyenne, on pose sur les arbalétriers c, la panne g, pièce horizontale destinée à supporter les chevrons par le milieu de leur longueur afin de leur donner plus de solidité. Four maintenir ces pannes sur les pièces qui les reçoivent, on cloue ou on assemble ou l’on fixe avec des boulons de petits morceaux de bois, formant le trapèze en profil, et qui sont nommés tasseaux ou chantignolles. Enfin sur les pannes , on pose les chevrons a qui reçoivent la volige si l’on couvre en ardoise, et la latte si on se sert de tuiles pour la couverture. Sur la face , l’écartement des poteaux avec la sablière est maintenu par deux aisseliers droits, comme le montre la face latérale, ou cintrés comme l’indique la môme figure et celle qui nous représente la face.
Il ne faut jamais poser le pied des poteaux sur le sol , ou sur un bout de poutre formant dé ; il faut toujours que ce dé soit en pierre ou à son défaut en une petite maçonnerie en brique. Ensuite on fera bien de goudronner la face transversale du poteau, celle qui pose sur le dé. Ce dé lui-même devra .avoir de 23 à 30 centimètres d’élévation afin de préserver le pied du poteau des effets de l’eau.
Les appentis sont quelquefois employés pour former le comble et la couverture de portions en saillie dans un bâtiment, de pièces latérales qui ne montent pas à la hauteur de celles qui sont placées dans le milieu, etc., etc.
Des combles en dôme et des combles & surfaces courbes for»
niés par des planches j système de Philibert «le L'Orme.
Nous nous sommes occupés jusqu’à présent de combles formés de pièces de charpente droites, placées horizontalement, verticalement et obliquement. Mais on construit aussi des combles dans lesquels on suit le principe de l’arc. Philibert de L’Orme , célèbre architecte du seizième siècle, proposa de construire des combles et des dômes avec des bois courbés au lieu de fermes. Les combles conçus sur le principe de l’arc trouvent leur emploi quand on a de très-longs espaces à couvrir et que les points d’appui sont de moyenne force. On peut
DES COMBLES EN DÔME ET DES COMBLES A SURFACE. 3-i<
employer ce genre de combles pour des manèges, des salles d’exercices gymnastiques , pour conserver pendant l’hiver des plantes et des arbres élevés qui ne demandent pas la chaleur des serres. 11 y a nombre d’autres circonstances où la pratique des combles en forme de voûte peut être nécessaire et convenable : c’est pour cette raison que nous allons entrer dans quelques détails sur leur combinaison.
Philibert De L’Orme est le premier qui ait fait l’application de ce système aux combles à deux égouts; il est le premier qui ait imaginé de relier des planches clouées les unes sur les autres au moyen de bernes ( pièces de bois horizontales) qui les traversent, en les serrant avec des clefs pour les maintenir et leur procurer plus de fermeté. Le grand avantage du système de De L’Orme dans son emploi pour les dômes ou courbure extérieure apparente, c’est que les côtes ou nervures courbes et verticales acquièrent une telle -solidité, un tel aplomb, qu’elles n’exercent aucune poussée latérale sur le mur d’appui.
Gomme on peut désirer élever un dôme sur un espace circulaire grand , moyen ou petit, nous allons indiquer ici la manière de le former.
Tracez d’abord l’épure du trait de la courbe que vous aurez déterminée. Appliquez dessus un premier rang de planches; si c’est pour un comble dont le dessous ne doit pas former voûte, ou pour un cintre, placez les planches en dessous de la courbe tracée. Si c’est pour une voûte qui n’a pas besoin d’être extradossée, placez-les en dehors, de façon cependant que, dans l’un et l’autre cas, on puisse tracer dessus la courbe qu’elles doivent former. Si les combles ou voûtes doivent être courbes en dessus et en dessous, il faut que les planches recouvrent les deux courbes de l’épure , afin de pouvoir les tracer sur ces planches pour les chantourner.
Les planches en question doivent avoir une longueur d’environ lm,30 ; mais on peut ne pas s’astreindre rigoureusement à cette dimension ; on peut en prendre une un peu plus ou un peu moins longue, qui divise la courbe en un nombre quelconque de parties égales. Cette longueur peut varier pour chaque division même, comme dans l’ellipse dont la courbure
n’est pas uniforme , afin que les fibres des planches puissent se croiser. Cette méthode procure plus de raideur aux courbes et empêche aussi les planches de se fendre. Lorsque la division est arrêtée , celle qui paraîtra la plus convenable , tirez des perpendiculaires à la courbe pour indiquer les joints des planches. Dès qu’elles seront bien ajustées, posez dessus un second rang , disposé de manière à ce que les joints des planches formant ce second rang tombent au milieu de celles qui forment le premier rang; il faut pour cela que les planches des extrémités n’aient que la moitié de la longueur des autres ou qu’elles aient une fois et demie cette longueur.
Quand ces deux rangs sont ainsi ajustés, il faut les réunir avec des chevilles de bois. Ensuite on percera les mortaises pour recevoir les bernes ou tringles de bois qui doivent les traverser, afin de lier les fermes les unes avec les autres. Ces bernes doivent .avoir la même épaisseur que celle des planches courbes et pour largeur quatre fois cette épaisseur. Pour donner à l’ouvrage plus de fermeté, on percera dans ces bernes d’autres mortaises de chaque côté de l’épaisseur des courbes , pour y chasser de force des clefs de bois dont l’épaisseur sera la même que celle des bernes, sur une largeur double de cette épaisseur; leur longueur sera égale à la largeur des courbes.
Les bernes ne forment pas continuité dans la longueur du comble; elles ne doivent réunir que trois courbes ; cependant, comme chaque rang commence et finit à une courbe différente , cet arrangement équivaut en partie à des bernes continues , surtout lorsque le dessus doit être lalté pour recevoir des tuiles ou des ardoises, ou bien le dessous pour former un plafond. 11 y avait encore au seizième siècle des voûtes en courbes de planches , réunies seulement par des cannes revêtues en plâtre qui étaient encore très-solides quoiqu’elles eussent plusieurs siècles d’existence.
Rondelet pense qu’au beu des bernes qui traversent les courbes, il serait préférable d’en placer dessus et dessous, en les entaillant à moitié bois et en les clouant sur chaque courbe, ce qui produirait autant de solidité avec moins d’ajustements et moins de dépense.