DES ÉTAIEMENTS
distributions, y faire des additions ou des soustractions. Mais c’est surtout quand on veut faire un rempiètement ou reprise des maçonneries en sous-œuvre qu’il faut employer les étalements.
L’étaieraent, pour être fait convenablement , demande quelque expérience; si cette opération n’est pas faite à propos et d’une manière pratique, elle contribue plus à la ruine d’un bâtiment qu’à son soutien. Gomme les exemples peuvent varier à l’infini, il est impossible de prescrire aucune règle fixe à cet égard. Toute la science consiste à combiner les étalements de façon à ce qu’ils soutiennent les parties qui sont en mauvais état, sans altérer la solidité des autres.
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S’il s’agit d’étayer un mur de face pour soutenir un trumeau qui sépare deux fenêtres, afin de former en dessous une baie quelconque, une porte cochôre par exemple, en supprimant une partie de maçonnerie qui se trouve au rez-de-chaussée, on commencera par appliquer des pièces de charpente verticales le long des jambages ou côtés latéraux des fenêtres des étages qui sont au dessus; ces pièces sont nommées pla les-formes ou couchis aa. Ensuite on posera des pièces biaises bb, nommées
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
élrésillons en travers, inclinées alternativement en sens contraire. Entin on soutient la partie du trumeau conservée au moyen d’une forte pièce de bois c , appelée poitrail, et que l’on pose sur les jambages conservés des fenêtres supprimées au rez-de-chaussée.
La pose de ce poitrail se fait de la manière suivante. Sur les jambages conservés des fenêtres supprimées au rez-dechaussée, on place des étais appelés chevalements, parce qu’ils ressemblent à de grands chevalets. Ces chevalements sont composés d’efais dd inclinés en sens contraire, qui supportent une forte pièce de bois e, nommée chapeau. Le pied de ces étais est coupé en biseau des deux côtés, et, afin que ce biseau porte dans toute son épaisseur sur la sablière, on y pratique des coins. Par le haut ces étais inclinés sont arrêtés contre la pièce qui traverse le mur, au moyen d’entailles pratiquées dans ces étais.
Quand les fenêtres supérieures sont étayées avec les couchis ou plates-formes et lesétrésillons, on procède à la pose des chapeaux ou pièces qui traversent le mur ; à cet effet on fait des trous dans la. maçonnerie assez grands pour y lancer les chapeaux. Après avoir posé sur le sol les sablières, on établit dessus les étais inclinés. Alors on dégage la maçonnerie et on commence l'opération de la pose du poitrail. Le chevalement doit naturellement rester en place jusqu’à ce que la maçonnerie de raccord soit entièrement terminée.
Quand il s’agit de la reprise en sous-œuvre d’un mur ou d’une simple restauration, on se sert pour l’étayer de ce que l’on nomme élançons. L’étançon est une poutre de -bois de moyenne grosseur, appuyée avec une petite inclinaison d’une part sur le sol, et de l’autre encastrée dans le mur. Pour plus de réussite on pose un étançon de chaque côté du mur en danger de tomber. Le pied des élançons doit poser sur des madriers, afin de répartir leur action sur une grande superficie. Ce pied ou extrémité inférieure de l’étançon sera coupé en biseau peu sensible et roidi fortement par un coin chassé dessous à coups de masse.
Dans le cas où on aurait un mur de refend à soutenir, on posera à une certaine distance du mur une pièce de cliar-
DES KTAIEMENTS.
pente, un bout de poutre d’environ l^SO de longueur. Sur cette poutre sera placée une sablière inclinée vers le mpr et de façon à former un angle droit avec la contre-fiche, dont l’extrémité inférieure sera coupée en biseau des deux côtés et roidie par un coin chassé dessous à coups de masse.
Lorsqu’il s’agira de la réparation d’un cintre ou de la reprise en sous-œuvre de ses pieds droits, on se servira de l’étaiement suivant qui se compose de quatre étais gg, portés sur une sablière b, d’un entrait a , huit fiches en poitrails c et d, de quatre couchis ee, de diverses cales ff. Nous ferons remarquer que le nombre ni la grandeur de ces diverses pièces ne sont point limités, et qu’ils peuventvarier suivant les besoins, l’apparence ou forme de la voûte, et le plus ou le moins d’importance de l’étaiement.
Nous n’avons donné ici que la moitié de cet étaiement, l’autre côté de gauche étant en tout semblable.
Quand il s’agit d’étayer un plancher afin de reconstruire le mur qui le supporte, on posera sur le sol des sablières d’équerre sur les solives ou en travers des solives : sur ces sablières on placera des étais qui supporteront un chapeau placé parallèlement et verticalement au-dessus des sablières. Le pied des étais sera coupé en biseau des deux côtés et roidi par un coin chassé à la pince pour ne pas causer d’ébranlements. Le coin en question sera fixé avec des clous sur la sablière afin de ne pas s’échapper.
Quand un mur de face ou de refend est à reconstruire dans toute sa hauteur, il faut que tous les planchers soient étayés. Il
faut aussi prendre un soin tout particulier pour que tous les étais soient placés immédiatement les uns au-dessus des autres,
avec des couchis ou sablières par le bas et des chapeaux par le haut.
Pour étayer les terres d’une tranchée, on pose horizontalement contre les parois de terre de la tranchée des couchis en planches, sur lesquelles on appuie des
Fig. 264.
couchis debout maintenus de distance en
LA SCIENCE DES COfiSl'flUCTIONS.
distance par des étrésillons , inclinés alternativement en sens contraire.