BOIS DE SAPIN
Bois de chêne.
Les battants de porte cochère sont les plus grands bois de l’essence de chêne; on les trouve par morceaux de 4 mètres sur 0m,32 à 30 de largeur et 0m, 10 d’épaisseur.
La membrure, destinée à former les bâtis de la plus forte menuiserie , tels que battants, montants et traverses, se trouve par morceaux de l^Oo, 2”, 27, 2m,92, 3™, 90, 4m,85 sur une largeur de 0m,16 et une épaisseur de 0m,08i .
Les chevrons, destinés à des ouvrages du même genre que la membrure, portent la même longueur, quelquefois plus, sur O^OSl et rarement 0m, 093 de largeur sur 0m, 081 d’épaisseur.
La doublelte , qui s’emploie pour les bâtis de moindres dimensions , se trouve, comme toutes les planches de chêne, par longueurs de lm,9o, 2m,27, 2m,60, 2n,,92, 3m,25, 3m,90sur0m,650 à 0m,657 d’épaisseur et O^OS ou 0ro,32o de largeur.
On classe sous le nom d o planches toutes les feuilles qui ont de 0m,034 à 0m,038 d’épaisseur sur 0m,244 à 0",,238 de largeur, sur les mêmes longueurs que la doubletle.
Les entrevoux sont les planches deOm,298 à 0m,323 d’épaisseur sur mêmes largeurs et longueurs que les précédentes.
Le panneau est une planche de 0m,018 à 0m,020 d’épaisseur, sur les mêmes largeurs et longueurs que celles qui précèdent.
Le feuillet ne porte que 0'", 011 à 0m,014 d’épaisseur, sur les mêmes largeurs et longueurs que les planches.
Enfin, le merrain a lm, 30 à lm,46 de longueur sur 0m,034, 0m,041, 0m,047 d’épaisseur et de 0,n,133 à O1", 162 de largeur.
Bois de sapin.
L’échantillon le plus fort du bois de sapin est nommé madrier; il porte de 3ni,S7 à 3“, 90 de longueur sur 0ra, 33 de largeur et 0m,Ü34 à 0'",061 d’épaisseur.
A la suite du madrier il y a encore des planches de sapin de 0"’,041 à 0m,047 d’épaisseur.
Les sapins de forte qualité, tirés d’Auvergne , ont toujours 0n,,034 d’épaisseur sur 3 ni, 90 de longueur et 0m, 33 de largeur.
Les sapins ordinaires qui viennent de Lorraine ont 0m,025 à 0m,027 d’épaisseur, 3m,57 à S^OO de longueur, de 0ra,217, 0m,271 et O”1, 325 de largeur.
Le feuillet de sapin porte 0m,016 à O™, 018 d’épaisseur; il a tantôt 0m,217, 0m,271, 0m,325 de largeur et 3ro,57 à 3m,90 de longueur.
On emploie aussi dans la menuiserie du sapin dit de bateau , qui provient du déchirage des bateaux qui apportent des marchandises et qu’au lieu de faire remonter les cours d’eau on déchire sur place. On emploie ce sapin pour cloisons de distribution , hourdées ou recouvertes en plâtre. On utilise souvent le plus beau comme bois neuf, pour tablettes, cloisons et môme quelquefois pour planchers économiques. Les bordages des bateaux en question sont des planches, qui portent jusqu’à I9m,30 de longueur sur 0ra,487 au plus de largeur et 0m,068 d’épaisseur. On tire des bordages, appelés plats-bords , des chevrons qui se débitent à 0'n,088 de largeur et qui portent de0m,054 à0ni,067 d’épaisseur. Ces plats-bords s’emploient aussi en planches entières pour divers ouvrages qui exigent de fortes dimensions en longueur.
Hoia de ÿeupliei'i
Ce bois se débite d'ordinaire en deux échantillons : 1° erl voliges, 2° enplanches. Les premières ont 0m,ül4 à 0'n,016 d’épaisseur, sur environ üra,217 de largeur; les secondes ont O™, 027 d’épaisseur et portent de 0m,229 à 0m,243 de largeur.
Il résulte des observations nombreuses faites sur les effets occasionnés dans les bois par les variations de température que, dans la menuiserie, la tendance naturelle des bois refendus à se courber dans le sens de leur largeur, et la variabilité de leur volume , sont deux grands obstacles que cet art doit sans cesse avoir en vue de surmonter dans ses ouvrages.
Une règle de sapin bien sec, de 12m,30 de longueur, exposée alternativement à l’humidité et à la sécheresse, n’avarié dans ce sens que de 0,n,4 12, et une pareille en chêne de 0m,1880. Les mômes règles, exposées au soleil après avoir été mouillées, ont varié, savoir celle en chêne de O"1, 2820 et celle en sapin de 0m,1592.
Ce qui donne dans le premier cas Pour variation que peut éprouver en longueur le bois de sapin, et pour celle du bois de chêne, employés l’un et l’autre à l’intérieur; et dans le second cas pour le bois de chêne exposé à l’extérieur, et pour le sapin, à même exposition ,
Quant à la variation dont le bois de sapin est susceptible dans le sens de sa largeur, elle va de à ^0, et celle qu’éprouve le bois de chêne, de g'j à ^j-j; d’où l’on peut déduire la variation moyenne du sapin à a-[ ^ et celle du chêne à 11 résulte des expériences faites que le bois de sapin éprouve, dans le sens de sa largeur, une variation 42 fois plus grande que celle qu’il éprouve dans sa longueur, et que dans le bois de chêne cette vasiation n’est que 22 fois plus grande.
D’où il suit qu’un montant de 4ra,949 de longueur en bois de sapin ne peut éprouver, dans sa longueur, qu’une variation de 0m,0225 qui n’est pas sensible, tandis qu’un panneau de 1“,949 de largeur en même bois peut varier de O”, 9023; et qu’en bois de chêne, un montant de lm,949 peut éprouver dans sa longueur une variation de 0m,0376, qui devient un peu plus sensible, et que, dans un panneau de lra,949 de largeur en même bois; la variation peut être de O™, 2704.
De» plancher» et de» parqueta.
Les ouvrages les plus simples de menuiserie sont les revêtements en bois des aires des planchers et des murs intérieurs. Le plancher est un assemblage jointif de planches de chêne ou de sapin, entières ou refendues, placées en divers sens sur les lambourdes ou directement sur les solives. Les planchers sont, formés de planches corroyées, jointes à rainures et languettes.
La rainure est une petite entaille rectangulaire faite en long ou en large dans un morceau de bois pour y assembler une autre pièce ou pour servir à une coulisse. (Détail de droite do la flg. 265.)
Fig. 205.
La languette est une partie rectangulaire de l’aisqui est amenuisée au moyen du rabot pour entrer dans un autre ais ou morceau de bois. (Détail de gauche de la fig. 265. )
370 LA SCIENCE PES CONSTRUCTIONS
Les planchers faits en planches refendues ou en alaises et qu’on nomme planchers à frises sont infiniment préférables aux planchers faits de planches de toute largeur, parce que, moins le bois est large, moins aussi est le travail inévitable dans ce bois. Quand les planches n’ont pas la longueur de la chambre, on les rejoint habituellement bout à bout, en faisant usage de rainures et de languettes. Mais quand on veut obtenir plus de solidité, on divise la surface du plancher par travées, suivant la longueur des bois h employer, que l’on réunit au moyen de frises placées en sens contraires, dans lesquelles viennent s’assembler les extrémités des alaises ou frises. En variant la direction des planches dans chaque travée, on peut obtenir une véritable décoration avec les planchers de frises. La combinaison de la (ig. 267 est nommé points de Hongrie ou en fougère.
Pour former un plancher à points de Hongrie avec toute la correction convenable et nécessaire, il faut commencer par établir une frise autour do la pièce et qui servira d’encadrement à l’ensemble du plancher. Ensuite il faut diviser l’espace compris entre les deux frises longitudinales, en un nombre impair de parties égales, dont la largeur peut varier de 0m,7o , Om,78 f àOm,92, afin de produire des diagonales de 1 mètreàlra,30 de longueur. Pour 0ra,97i de longueur, les planches doivent avoir 0™, 08
de largeur, et 0m, 10 pour 1 ,n, 30 de longueur.
A l’égard de l’angle, que les planches doivent former entre elles, il faut qu’il soit un angle droit ou à 90 degrés. Quant à la ma- ; nibre de les raccorder à leur rencontre, elle peut varier, ainsi qu’on le voit dans les figures 267, 268, sans que la solidité de l’ouvrage en éprouve la moindre altération.
On doit distinguer le parquet du plancher : le premier est un assemblage d’une superficie plus ou moins grande de frises,
Fig. 2G6.
de traverses et de panneaux carrés, disposés par compartiments réguliers afin de former des surfaces d’une étendue déterminée et qui ne sont pas sujettes à se tourmenter, par la raison que les morceaux de bois employés sont de petites dimensions. Car plus les bois sont petits, moins les effets qu’occasionnent les variations de température sont sensibles.
On nomme parquet sans fin celui qu’on peut construire sur place; mais les menuisiers l’établissent ordinairement par feuilles, pour utiliser les bouts de bois qui lenr restent. Les parquets sans fin, appelés aussi parquets (l'assemblage, sont composés de morceaux de bois assemblés à tenons et à mortaises, et formentdesfeuillescarréesquiontdcpuisOm, 974 jusqu’à lm,212. , Les feuilles se composent de bâtis et de panneaux arasés ; l’épaisseur des différentes pièces peut varier depuis jus-
qu’à O™, 034. Quelle que soit la manière dont on emploie ce parquet, toute la perfection de sa construction consiste à éviter la multiplicité des joints d’onglets (ou joints coupés diagonale ment suivant l’angle de 43 degrés ou moitié de l’angle droit), qui le rendraient d’une exécution difficile et beaucoup moins solide. Avant d’exécuter un parquet d'assemblage, le propriétaire fera bien de se faire présenter un dessin de grandeur naturelle des feuilles, afin de s’assurer parlui-même si l’inconvénient signalé a été évité. Il faut donner à chaque pièce carrée une longueur égale à deux panneaux carrés , plus la longueur d’une autre pièce qui sépare lesdits panneaux et vient s’assembler dans son milieu. Les panneaux sont assertiblés dans
les traverses à rainures et à languettes. Les feuilles de parquet se joignent de la même manière les unes avec les autres.
La construction étant toujours la même, l’explication que nous venons de donner mettra à même de l’appliquer aux différentes combinaisons qu’on peut former avec cet assemblage, tels que le parquet à petites feuilles, celui à grandes feuilles, et enfin celui à compartiments.
Fia. 260.
Si l’on emploie à la construction des parquets des bois de diverses essences, et par conséquent de diverses teintes, on obtiendra des mosaïques d’une belle apparence et peu dispendieuses, à moins qu’on ne fasse emploi de bois exotiques ou étrangers, qui sont d’un prix plus élevé. Composée de pièces assemblées à rainures et à languettes, avec clefs, cette sorte de parquet se monte sur place sur des planchers de chêne ou de sapin du nord, joints également à rainures et à languettes et bien assujettis sur les lambourdes.
Quand bien même on ne mettrait pas de frise courante au pourtour de la pièce, le long des murs, il est toujours convenable d’en placer une au-devant de la cheminée et d’entourer le marbre qui orne l’àtre par un encadrement d’une largeur égale à celle des bâtis du parquet. Ce sera aussi dans les parois de ce cadre que viendront s’assembler les feuilles à rainures et à languettes.
11 est d’usage d’employer, pour les feuilles de parquet , du merrain , bois d’échantillon qui a été fendu et non débité à la scie. Le merrain est du chêne du nord : ses dimensions varient, mais le plus communément il a t“,30 àt“,46 de longueur, sur 0ra,034, O1”, 041, 0'",047 d’épaisseur, et de 0“,13o à O-, 162 de largeur. Quand on a soin de le choisir, et surtout de contrarier le fil du bois, on obtient des effets semblables au tissu de la moire.
Il convient de toujours choisir pour les feuilles de parquet du bois dur, dont les fibres sont bien entières, ce qui lui donne plus de force et le fait mieux soutenir les fardeaux et le frottement occasionné par la marche ou les pas de l’homme.
Si un parquet est établi dans un bâtiment neuf, il faut avoir soin de faire poser les lambourdes (pièces de bois de 0m,054 à O^.OS de grosseur, scellées et arrêtées sur le plancher de charpente, ou solives pour porter le plancher ou parquet) un peu bouges , c’est-à-dire un peu relevées vers le milieu de la pièce, surtout lorsqu’elle est d’une certaine dimension, afin que, lorsque les planchers viennent à faire leur effet, ils soient toujours droits ou de niveau.
Les lambourdes posées solidement sur la charpente , on fixe le parquet avec des pointes qui n’ont pas de tête et dont on.se
sert aujourd’hui généralement en tous lieux. Les bouts de ces pointes sont invisibles, car elles doivent être enfoncées ou chassées dans l’épaisseur des frises ou planches. Pour avoir de bons planchers et de bons parquets, il faut d’abord avoir un grand soin dans la pose des lambourdes. Il faut faire en sorte que leurs superficies supérieures, celles qui sont destinées à recevoir le plancher ou le parquet, soient dans un seul et même niveau, à l’exception des grandes pièces dont nous avons parlé plus haut. Il faut autant que possible éviter l’emploi des fourrures, petites pièces de bois, peu, mais plus ou moins épaisses, qu’on met sur les lambourdes pour racheter un défaut de niveau. Il faut ensuite choisir du bois sain, autant que possible sans nœuds, et surtout ne jamais souffrir d’ aubier ; il faut que le bois soit également sans fentes ni gerçures. Il faut que les planches ou frises soient bien dressées, que leurs arêtes soient franches et vives, que leurü faces soient bien d’équerre entre elles, et que les bouts soient bien à angle droit dans la longueur de la frise. Il faut aussi que les onglets soient taillés avec précision à 43 degrés, afin qu’il n’y ait point d’intervalle entre les pièces juxtaposées. Enfin, pour avoir de beaux planchers, il faut choisir d’excellentes qualités de bois et exiger que la façon soit donnée à des ouvriers habiles qui ont fait leurs preuves en fait de main-d’œuvre.
On ne doit poser les planchers et parquets dans les bâtiments neufs que lorsqu’ils ont déjà des volets ou persiennes. Mieux voudrait encore ne poser les planchers qu’après la pose des fenêtres, afin d'éviter l’influence des courants d’air ainsi que les mauvais effets des variations de la température. S’il est possible, on ne posera les planchers ou parquets qu’en été , ou dans un temps sec. Pendant l’hiver les molécules du bois se ramollissent, absorbent l’humidité, donnent à la matière plus de développement, qui est détruit ensuite par l’action de la sécheresse au printemps et en été. Voilà la cause de ces planchers à joints ouverts, à moins qu’ils n’aient été exécutés en bois vert.
Quand un plancher est posé , on devra avoir la précaution de le couvrir également d’une couche épaisse de copeaux ou de toute autre matière qui l’empêchera d’être exposé trop subitement au contact de l’air, qui est toujours très-abondant et très-
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actif dans les bâtiments neufs. On comprendra, et cela va sans dire, qu’on doit éviter dans les premiers temps de laisser tomber les rayons du soleil sur un plancher neuf.
Si l’on pose des planchers dans un rez-de-chaussée peu élevé du sol naturel , pour empêcher le bois de pourrir, on peut introduire l’air extérieur, en faisant de petites ouvertures aux murs de façade et en établissant des courants d’air en dessous du plancher. Le père de l’auteur de ce livre a souvent pratiqué ce moyen pendant de longues années, en Europe comme aux États-Unis d’Amérique, et toujours avec le meilleur résultat.
Dans le cas où l’on aurait à poser des planchers au nord, dans des lieux humides, on peut encore avoir recours à des moyens artificiels de conservation. Il existe un procédé américain qui est fort simple. Quand le bois est scié ou fendu, on façonne les différentes pièces à employer, et on les met à couvert pendant huit ou dix jours pour les empêcher d’être mouillées. Chaque jour on leur applique avec une brosse grossière une couche d’acide pyroligneux qui finit par les pénétrerà 0"’,02o ou 0m,020 de profondeur.
On est souvent obligé dans certaines localités de se servir de bois tendre pour planchers; dans certains cas on s’en sert aussi par économie. On a réussi à trouver le moyen de donner de la durée à ce bois. On se sert pour le durcir et le conserver contre l’humidité d’une dissolution de sulfate de cuivre. Deux kilogrammes suffisent pour sulfatiser un mètre cube de bois. On verse dans un chaudron la dissolution du sulfate de cuivre, composée de 03 parties d’eau et de 7 parties de sulfate de cuivre (couperose bleue vulgaire), en supposant qu’il y ait 100 parties d’eau.
Comme il serait très-long de faire cette composition, on a un instrument nommé aréomètre de Baumé : on le plonge dans le liquide, et l’on ajoute soit delà coupe rose, soit l’eau, jusqu’à ce que l’aréomètre marque 7 degrés. On chauffe pendant une heure ou une heure et demie au plus à 70 ou 80 degrés centigrades; l’éau bout à 100 degrés, il s’agira tout simplement d’entretenir un petit bouillon pendant tout le temps que le bois restera dans la solution. Lorsqu’au bout d’une heure et demie il en est enlevé, on ajoute de la dissolution pour remplacer
le liquide absorbé par le bois, et continuer l’opération.
Le liquide, chargé de sulfate de cuivre, pénètre dans les cellules du bois par la capillarité, lorsque le bois est sec et que les cellules sont vides. Quand le bois est vert et que les cellules sont encore remplies par la sève, le liquide chasse cette dernière et se met à sa place. Il en résulte qu’il faut laisser plus longtemps dans la dissolution le bois vert que le bois sec, le bois dur que le bois tendre.
Une autre procédé peut donner au bois une très-grande dureté, c’est de l’imbiber d’huile de lin ou de graisse et de l’exposer pendant un certain temps à une chaleur modérée. Il devient lisse, luisant et très-dur quand il est refroidi.
Pour faire un parquet en mosaïque de couleur, on se servira du rouge, du noir et du jaune.
Pour teindre le bois en rouge il faut réduire en poudre 122 grammes de bois de Brésil, faire bouillir jusqu’à réduction de moitié , dans 0 litre 368 d’eau, avec 30 grammes 39 de crème de tartre et autant d’alun. On peut obtenir un résultat encore plus sûr en substituant du fort vinaigre à l’eau et en supprimant la crème de tartre.
Si on supprime la crème de tartre en employant de l’eau au lieu de vinaigre, on n’obtiendrait qu’une teinture rose qui ne serait d’aucune utilité pour des parquets.
Pour teindre du bois en jaune, il faut le plonger dans une décoction de gaude à laquelle on ajoute une'petite quantité de soude.
Pour teindre du bois en noir, il faut mêler ensemble parties égales d’acide sulfurique et d’eau, et y plonger le bois. En faisant quelques expériences de teintures de bois, on arrivera, en cherchant, à la teinte qu’on a en vue d’obtenir. Si le noir par exemple ne se manifestait pas , ce serait une preuve que la liqueur ne serait pas assez active relativement à la nature du bois, et il faudrait la rendre plus pénétrante en augmentant la quantité d’acide sulfurique. Quand la teinture noire du bois est devenue bien foncée, on peut encore en rendre la couleur plus vive en le frottant avec de l’essence de térébenthine.
Pour teindre le bois en noir, on peut le faire bouillir dans l’huile de lin et le frotter ensuite d’acide sulfurique, ou le faire
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bouillir dans une décoction d’une partie de noix de galle, d’une partie de sulfate de fer ou couperose verte, et enfin trois parties' de bois de campèche. On peut encore frotter le bois avec de la limaille de fer bouillie dans du vinaigre. On répète cette double opération, et le bois devient d’un noir de jais.
Il serait à désirer qu’on sortît de la monochromie des planchers, si universelle en France et maintenue par une déplorable routine. Le propriétaire qui utiliserait la coloration des bois que nous venons d’indiquer serait charmé de voir dans sa maison, au moins pour le salon, un parquet en mosaïque, dont la dépense serait tout à fait insignifiante. On admire les beaux planchers en marqueterie de couleur dans les palais et monuments publics; dans les simples habitations particulières de l’Italie, on marche avec plaisir sur les sols en mosaïques formés d’une sorte de stucs de couleur, et, chez soi, on ne songe nullement à colorer diversement les morceaux de bois qui composent la superficie sur laquelle on marche !
Des lambris.
Les lambris sont des ouvrages de menuiserie dont on revêt les parois intérieures des murs : on en distingue de deux sortes, l’un qu’on appelle lambris d’appui et l’autre lambris de hauteur. Les lambris d’appui sont destinés aux lieux que l’on veut tapisser ou peindre; on ne leur donne ordinairement que 0m,80 h. 0ra,90 de hauteur, qui est à peu près la hauteur de l’appui des croisées. Les lambris sont simples ou bien à cadres et à pilastres. Dans la composition des lambris le goût est l’essentiel, car la forme et les dimensions à donner aux diverses parties sont plutôt l’ouvrage de l’architecte ou du décorateur que du menuisier. Le bas des lambris est ordinairement orné au moyen d’une plinthe ou socle plus ou moins haut ; le haut est surmonté d’une corniche qui doit être peu saillante. Quant à la partie comprise entre le socle et la corniche ( appelée aussi cymaise), on la divise habituellement en panneaux séparés les uns des autres par de petits pilastres ou montants avec ou sans chapiteau et base. Les panneaux sont renfermés dans des traverses ou formés par des bâtis. Les panneaux doi-