DES LAMBRIS
vent être faits avec des planches jointes ensemble, à rainure et à languette , ayant depuis 0m013 jusqu’à 0m040 d’épaisseur. On choisit pour ces panneaux des planches très-étroites, ayant au plus 0m 16 à 0m,21 de largeur; en les prenant plus larges, elles pourraient se retirer et même se fendre , ce que l’on ne voit que trop fréquemment. Les panneaux doivent se faire en feuillet de chêne, et le parement de derrière reste toujours brut. Il faut avoir soin, surtout dans les endroits humides, d’y faire appliquer une et même deux couches de peinture à l’huile : on peut aussi enduire la face contre le mur.d’une couche de bitume ou de goudron; dans ce cas, il faut laisser cette menuiserie un certain temps à l’air, à l’abri du soleil, afin d’en faire évaporer l’odeur. Pour plus de précaution, on maroufle souvent les panneaux en grosse toile pour les empêcher de fendre.
Les lambris d’appui même, malgré leur peu d’élévation, ne doivent jamais être posés avant que les murs neufs ne soient entièrement secs ; autrement ils renfermeraient l’humidité qui, ne pouvant plus s’échapper, ferait fendre, gonfler et éclater les panneaux. Dans les pièces où l’on a l’intention de poser des lambris, on a soin de ne pas enduire les murs qui doivent les recevoir. Il suffira de les rejointoyer et de laisser la pierre, le moellon ou la brique apparents, ou, si on les recouvre, ce ne sera que d’un gros crépi fait avec de la mauchette , ou résidu de plâtre passé au sas.
Comme pour toute la menuiserie en général , avant de commencer à poser celle qui est dormante, comme les lambris, il faut faire attention dans quelle saison de l’année on se trouve; si les bâtiments sont anciens, ou nèufs; si les enduits ont eu le temps de perdre une partie de leur humidité ; si la menuiserie se pose au rez-de-chaussée ou dans les étages supérieurs; si enfin l’endroit où l’on doit la poser est exposé au grand air ou à l’humidité. D’après ce qui vient d’être dit, il faut encore faire attention à l’épaisseur des bois, à leur qualité dure ou tendre , afin de prévenir les accidents qui ne manquent jamais d’arriver si l’on néglige de tenir compte de ces détails qui ne sont nullement insignifiants.
Comme on ne peut pas toujours attendre que les murs soient entièrement secs pour poser la menuiserie , on emploie des
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
moyens qui atténuent en grande partie l’effet de l’humidité des murs. On laisse entre les murs et les lambris un espace vide de 0m,025 à O™, 030, pour que l’air puisse circuler entre deux , et faire évaporer une partie considérable de l’humidité. Quand la menuiserie est précieuse et en bois apparent, et qu’on craint qu’elle ne travaille malgré toutes les précautions prises dont nous avons parlé plus haut, on garnit le derrière ou revers des panneaux et des bâtis avec de l’étoupe que l’on a trempée dans du goudron en ébullition.
Les lambris se fixent de deux manières sur les murs des appartements, soitavec desbroches, soit avec des vis. La première manière est la moins coûteuse , mais aussi la moins propre. La pose des lambris au moyen de vis demande un peu plus de sujétion, parce qu’il faut sceller d’abord des morceaux de bois dans les murs à la rencontre de chaque vis. Pour bien faire , il faut que. ces morceaux de bois soient taillés à queue d’aronde sur leur épaisseur, afin qu’ils ne puissent êlre arrachés des murs dans lesquels ils ont été scellés. Un autre soin à observer, c’est que ces tampons soient bien aplomb et bien dressés, pour que les lambris portent également dessus. Si l’on isole les lambris des murs ainsi que nous l'avons indiqué, on doit faire saillir les tampons jusqu’au droit des montants. Il faut éviter, en général, d’employer trop de vis ou de broches dans la pose des lambris. Pour qu’ils soient solides, il suffit que les rainures et languettes des angles et des ressauts soient bien justes, qu’ils soient bien calés par derrière pour ne point ployer ou fléchir et pour qu’ils portent également partout, ce qui est important.
Les vis, dans la pose de la menuiserie, doivent toujours avoir leurs têtes enterrées et êlre recouvertes par un tampon de bois de Jil, c’est-à-dire, du sens du bois. Quand ces têtes sont apparentes, elles produisent un très-mauvais effet et se rouillent quand elles sont peintes en détrempe.
On pose aujourd’hui les glaces avec ou sam parquet. Les parquets de glaces ne s’attachent pas , comme le reste de la menuiserie dormante, parce qu’on ne peut enfoncer de broches ni de vis , ni sceller de tampons dans les tuyaux de cheminée ; pour cette raison on se sert de vis à écrou, nommées vis à par-