DES PORTES D’INTÉRIEUR
Il ne faut pas omettre cle donner ce qu’on nomme de la refuiteaux tenons qui entrent dans les emboîtures. (La refuite est la facilité qu’on donne aux planches des ouvrages emboîtés de se retirer sur elles-mêmes. ) £ela se fait en élargissant les trous des chevilles dans les tenons et en agrandissant les mortaises en sens contraire. Si on négligeait ce soin, quand les planches viendraient à se retirer chacune sur elle-même, les chevilles ni les épaulements ne les arrêteraient et feraient fendre les joints. La refuite doit donc être pratiquée aux deux extrémités. Dans le cas où ces portes sont trop exposées à l’humidité, on se contente de n’y mettre qu’une emboîture par le haut et simplement une barre par le bas , parce que autrement les tenons pourriraient trop promptement.
Nous l’avons déjà dit et nous le répétons , les portes à un vantail doivent avoir pour hauteur au moins deux fois leur largeur.
Une porte d’appartement a presque toujours deux parements , c’est-à-dire dont les deux surfaces sont apparentes et travaillées avec également de soin; elles doivent toujours ouvrir à feuillure. L’épaisseur des bois qui y sont employés se règle en raison de la dimension de la porte. Ainsi, aux portes de 2m,27 à 2ra, 92 d’élévation, ils auront 0™, 036 d’épaisseur; à celles de 2mj9â à 3™, 88, ils auront 0m,040, et enfin à celles de 3ra,88 à 4m,90,ils auront 0m,045 d’épaisseur. /
On revêt souvent entièrement les baies des portes, de menuiserie, c’est-à-dire, les deux faces, par des chambranles, contre lesquels viennent aboutir les tentures ous’assembler les lambris, indifféremment; et le dessous et les côtés du tableau par des ébrasements (dits embrasements parles ouvriers), qui s’assemblent avec les chambranles.
Le chambranle est une espèce d’encadrement en menuiserie qui limite extérieurement les baies des portes : il reçoit aussi les gonds destinés à supporter les battants. Le chambranle n’est souvent formé que de deux montants et d’une traverse supérieure, le tout orné de quelques moulures. La décoration du chambranle est une question de plus ou moins de goût. Quand on veut de la richesse , on décore les montants verticaux en pilastres et la traverse en entablement ou simplement au moyen
d’une partie pleine couronnée d’une corniche. Le pied de chaque montant pose sur une plinthe, ayant une petite saillie, tant de face que sur les côtés. Les pièces qui constituent cet ouvrage de menuiserie doivent être assemblées d’onglet, à tenon et mortaises : ces dernières doivent toujours être creusées dans
la corniche.
Sur l’épaisseur du chambranle est toujours pratiquée une feuillure, dans laquelle vient se loger la porte. Si le côté opposé du mur est revêtu d’une menuiserie semblable , mais qui ne doit pas recevoir de porte , cette menuiserie n’est qu’un pur ornement, appelé contre- chambranle , et, à la place de la feuillure qui est inutile, on adapte une moulure, afin d’éviter les faces trop lisses.
On ne met ordinairement que deux grands panneaux dans les portes à un vantail, et surtoutà l’intérieur, fig. 282. Mais pour des panneaux de cette di- Fi8' 282- mension , il faut du bois .très-sec. Il
est préférable d’adopter deux grands panneaux haut et bas , et d’en mettre un plus petit, c’est-à-dire de moins de hauteur, intermédiaire, fig. 283.
Pour les portes extérieures, il convient d’y pratiquer six panneaux si elles sont à un vantail, fig. 28-i. Ainsi faites, elles sont beaucoup plus solides et laissent aussi pénétrer moins de chaleur, parce qu’il y a une plus grande superficie de bois épais.
Les panneaux des portes , tant extérieures qu’intérieures , sont encadrés de moulures, tantôt fort simples, tantôt plus compliquées , ce qui n’est qu’une affaire de goût. Mais ces mou-
Flg. 283.