‹ L'architecture et la sculpture de la renaissance à Venise (volume 2)Chapitre 19 sur 19 · CHŒURS · texte numérisé non relu

CHŒURS

Le 26 Mars 1455 les religieuses de S. Zacharie confiaient 1' exécution du chœur de leur Eglise aux maîtres sculpteurs Francesco et Marco de Vicence (■*), fils de Gian-Pietro ou Zampiero, dont la famille (comme je l'ai découvert) était Cozzi (*).

Le chœur qui, d'après le contrat, devait être semblable à ceux des Églises de Sainte-Hélène et des Ss. Jean-et-Paul (^), était terminé au bout de neuf ans, comme le montrent les registres des dépenses (') et l'inscription suivante en caractères gothiques qu' on lit sur le côté d' une stalle : Franciscus et Marcus de Vicetia fratres fecit (?) hoc opns 1464.

Bien que dans ce travail (P. I, pi. 37, fig. 1) abondent les motifs orne-

(123 4 5 67) xexte It., p. 84.

mentaux fie la dernière période ogivale et jusque dans la préférence pour les marqueteries, des devants d' autels, à dessins géométriques, on y remarque également les niches à coquilles qui furent introduites postérieurement au contrat à la place des/«/y ou couvertures en guise de baldaquins, comme on en voit un exemple dans le chœur de la Cathédrale de Torcello ('). Cette forme à niches, quoiqu'on la trouve employée dans les monuments antérieurs, semble déjà ici, même par l'emploi de l'arc à plein cintre et par son majestueux développement, un indice de la Renaissance.

Dans les divisions des stalles, le motif de la décoration (quoique uniforme) soit par la manière dont sont disposées et fouillées les masses, soit par le mouvement des profils, est robuste et ressort assez bien. La sculpture du feuillage a sur plusieurs points une légère teinte de Renaissance.

Il n' est pas hors de propos de dire que ces sièges, enlevés en 1595 de l'endroit auquel ils avaient été primitivement destinés, durent subir quelques modifications, qu' on en supprima même un, ce ([ui fait qu' il n' en reste plus aujourd' hui que 48.

Marco de Cozzi sculpta encore entre 1465 et J466 pour la même Église la l^orle qni va du parloir à réalise et un pupitre, qui malheureusement n'existent plus.

l'endant le travail de ce chœur d'autres maîtres avaient achevé ou s'étaient occupés de -faire des œuvres importantes du même genre pour les Églises de S. Giovanni in Bragora, de S. Giovanni du Temple, de Santa Maria Formo.sa, de S. Giuliano, de Santa Marina, et en 1466 pour celle de S. Marie de la Charité (*); à quelques-uns de ces travaux prirent part m.» Alberto da Baisio fils de m.» Tommaso de Modène. Ce qui me confirme dans mon opinion, c'est de le voir domicilié à Venise de 1430 à 1451 ('), dont il s'absenta plusieurs fois: ainsi par exemple en 1450, sans doute pour se rendre à Ferrare et y sculpter les bustes de la sacristie de la Cathédrale en coUaboratiou de son frère Arduino intajator Jigurarum et ligaminis, auteur de 1' ancien chœur de S. Francesco de la même ville (*).

Peu de temps avant 1467 Francesco de Cesani demandait à certain maître Jacopo sculpteur d' exécuter un chœur en bois pour l' Église de S. Antonino. Cette commande déjà exécutée en 1468 donna lieu à un différend entre ce maître et le fils de Cesani et par suite aux preuves testimoniales suivantes qui, tout en fournissant quelques lumières sur la construction de ce chœur, sont encore précieuses à d' autres points de vue :

1468, 27 septembre. — Blasius de cesanis uti commissarius patris suis absens in curia p. d. Jusl. Vêler is senlentialus fuit dure debere mag." Jacobo incisori Duc X pro laborerio facto in uno coro ecclesie Sancli Autonini

(' 2 3 <) Texte It., p. 84.

1468, 7 Octobre. — Domandado Jo pre marcha rixflrdo piovan de San Antonin da vuj Signiorj Zustixierj quel jo so delà différencia vertisse Ira biaxio di cesanj da iina parte, e da laltra maistro Jac.° jnlaiador, dicho tanto saver ; jo siando nel campo de San Antonin apresso la giesia, la bona memoria de ser Franco se achosto arente de mj, et avcine a dir qiieste paroUe fra le altre: miss, lo piovan voio far qualche bella cossa in questa giesia, et jo risposi vuj fare ben et in questo cl dicto disse voio far el choro overo grando apiaser : . . , Zirca Tfirnj } over 4 el Vene questo m." iac.° da mj et aveme a dir che Ser franc.' lavea mandado perche el voleva far questo choro e chel vardasse mollo ben quel sepodeva far, et jo rispuxi al dito maist." Se vuj voile veder bel choro ande a vcder quel de San Zuane br agora: . . . e partisse el dito m." da mj : . . . el di seguenti vene ser franc." in giexia el aveme a domandar sel iera stato el dito maistro a veder, e dissi di si, . . . e de la a xprnj 4 vene el dito m." e porto una mostra de caria e fexeme chiamar .... 0 mostrome la dita mostra digando: varde se voio servir ser Frac El in quella voila dissi al dito m." ande da ser Franc." e mostreilla perche luj e qûello che fa far e paga; .... E partisse . . . el in momento vene cou el dito ser franc." E qua ser franc." ave a dir : Maistro che vuostu a far questo choro che sara chariege ij con la granda che vuosto che te dia. e in questo el dito m." domanda ducati 40, el dito ser franc." rispoxe : non voio far questa spexa e te voio dar Ducati }o se tu vuol. e jn questo el dito m." con moite parolle e non el posso far questo priexio. Tu me di moite parolle vien qua servime chôme tu di e ben e te daro jj ducati el dito r'echusando sempre non pôderlo far per quel presio, de me jj ducati e ve serviro ben e diligentemento. Et in quella volta disse ser Franc." som contenta da jj a jj le pocha différencia son contenta, e qua romasi dacordo con questo che non voio che tu faci archeti de sora. El dito ser franc." me de la dita mostra e disse queste parolle : Salvella perché labiamo quando la bisognera ....

1468, 11 Octobre. — M." lacobus incisor presens /. V . . . , audita hlasio

de cesanis. . . . pelente cum sit quod dictas magister iacobus fecerit corum Sancti Antoninj et non fecerunt eum secundum formant suorum pactarum quod sentenciarj debeat pra mensa. . . . laborerij de minus facti ducati 8. Audicta responsione dicti magistri Jacabi dicenli quod fecit debitum suum. Visa testibus in curia anotata visa qued monstra cathedrarum dictj corj nec non visa extimatione suprastantium . . . Sententiatus fuit dare debere dicto blasio uti comissario patris suj L. 2j s. 14, pro labarerio minus facto in dicta coro juxla eorum conventiones absolventes eum aresto sue peticionis, cum hoc quodetiam dictus m." facabus dare debeat foleam unam (per el rettorlalo) a spdlleria juxta extimacione suprastantium.

Maistro piero da Vicen^a . . . e c. m.° Ant.° de marco ('), e m.° lunardo (sans doute Scalamanzo ), abiama vista .... el choro le fato delà giesia de San Antonin

(») Texte It., p. 84.

PÉRTODH DE TRANSITION

per man de m. Jacomo e perho esser fato corne se contien intro el destg." le de prt\o. L. 85 s. 14 (').

Cepenflant Marco Cozzi pouvait terminer le chœur en bois de S. Maria des Frari, œuvre qui suffirait même à elle seule à rendre son nom célèbre. Le contrat et les registres des dépenses relatives à l'exécution ont été perdus, mais sur le côté d'une des stalles de front on peut encore lire l'inscription qui en revendique la paternité: Marcus condam iohannis pttri de Vicentia fecit hoc opus. 1468.

Ce chœur, le plus important de tous ceux qui existent à Venise, était jusqu' au commencement de ce siècle regardé comme l' œuvre de Lorenzo Canozzi peintre, sculpteur et marqueteur, et cela pour avoir trop élargi le sens du passage suivant de Luca Paciolo : > Maître Lorenzo Canozo de Lendenara se distingua au premier rang dans cet art (la perspective) comme en témoignent ses grands travaux de marqueterie dans le magnifique chœur du Saint à Padoue et sa sacristie: et à Venise à la Cà grande « ( S. M. des Frari); » puis ses travaux de peinture dans les mêmes édifices et une foule d' autres endroits . (').

Cependant si le mérite principal de cette œuvre ne revient pas aux Canozzi, il ne faut pas oublier pour cela que Lorenzo Canozzi prit une large part à r exécution des séries de vues de perspective ( plusieurs avec construction de type classique ) représentées en marqueterie dans les miroirs des grands dossiers.

Caffi (^) semble au contraire attribuer à Lorenzo un devant d' autel (v. fig. pj) que possède la même. Église dans le bras gauche de la nef transversale. Mais dans ce travail caractéristique ( qui semble avoir été exécuté (juclques années avant le chœur et faisait partie d'une œuvre plus considérable) presque partout et spécialement dans l'élégante variété typique des combinaisons géométriques des entrelacements à jours on sent manifestement et fortement l'influence directe du gothique florissant tel que devaient le comprendre les maîtres étrangers si nombreux à Venise au XV' siècle. Mais il n'y a aucun caractère d'identité avec les œuvres auxquelles mirent la main les Canozzi, dont la réputation vient d'ailleurs de leur grande habileté dans l'art de la marqueterie qu'ils appliquèrent avec tant de succès dans le chœur de la Cathédrale de Modène, dans le Sanfo de Padoue, à Rovigo, à Parme, à Lucqucs et autres lieux, mais dont le susdit devant d' autel des Frari ne porte pas môme la plus petite marque.

Dans le chœur majestueux de cette Eglise (P. I, pi. J (E) et pi. 36), à la bonne distribution des compartiments, aux élégantes proportions des parties principales (spécialement des stalles), au magnifique effet i)tnvenanl de l'en- (' " ) Texte H., P. 84.

semble des riches décorations, chacun des détails ajoute une valeur telle que l'amateur a peine à en détacher les yeux.

Quelle ne devait pas être l'impression produite par ce monument à peine terminé ?

Quand les luxuriantes sculptures des accoudoirs et des cloisons et les figures (non rongées comme aujourd'hui par les vers et usées par le contact et le frottement des mains ) accusaient franchement la finesse et la sûreté de la gouge maniée par ces grands artistes ?

Alors que les marqueteries à perspectives et les dessins géométriques combinés de la manière la plus exquise, se dessinaient nettement dans les carrés des dossiers et le long des différentes bandes et superficies planes ?

Comme 1' effet devait en paraître somptueux lorsque les dorures encore fraîches reluisaient sur les feuillages marquetés des frises, sur les modillons et sur les arceaux et dans les détours des doubles niches striés d'azur; et quand sur l'azur du fond émergeaient, brillant de l'or le plus fin, les aiguilles et les pointes ornées de feuillages vivants et surmontées de figurines battant des ailes ?

Mais là où l' on voit, encore aujourd' hui, surtout le mérite artistique de ce travail, c' est dans les demi-figures de Saints et de Saintes sculptées en bas-relief dans les carrés supérieurs des dossiers ( non toutes contemporaines cependant ). La plupart de ces sculptures dépassent les limites de 1' art décoratif et r on y admire spécialement la manière vériste de traiter les tètes souvent tournées en trois points, la forme recherchée et gracieuse de quelques mains et les vêtements plies avec bon goût et exécutés con atnorc e maestria.

Dans quelques têtes de femmes la physionomie rappelle légèrement tel tableau exécuté à Venise par des maîtres influencés par l'école allemande.

Des analogies de style avec les chœurs de S. Zacharie et de S. • Marie des Frari se retrouvent encore dans celui qu' exécuta Marco Cozzi pour le Dôme de Spilimbergo entre 1474 et 1477, où Marco eut, pour 1' aider dans ce travail, son fils Giovanni (v. texte et note j de la p. 84 du T. J).

Vient ensuite dans 1' ordre du temps le chœur de 1' Eglise de S. Etienne premier martyr, à Venise. Toutefois d'après un document intéressant publié (*) par le comm. Stefani ( mais, à mon avis partagé du reste, accompagné de remarques assez inexactes relativement à la date du travail et à son auteur ), j' ai pu me convaincre que, dès avant 1481 une bonne partie de ce travail avait été préparée et exécutée par maître Leonardo Scalamanzo sculpteur.

Par ce document, en date du 27 Février 1481, concernant un jugement rendu dans le procès de Scalamanzo avec le monastère de S. Stefano, on voit que celui-ci fut condamné à payer en plusieurs fois au susdit maître le reste (') Texte II., p. 86.

ÎNSITION

de la somme totale de 365 ducats, 5- L, 2 s. petits, qui lui était due pour le travail du chœur, mais toutefois à la condition que pour Pâques de la même année diclo mistro Liinardo sia obligado a dur fornite: do foie grande che sono comentale loe queste date teste le quale non sono fornite; Item che diclo mistro lunardo sia obligado a dar le cosse sottoscripte; le quai lui ha nelle man; xpe do spaliere fade le figure de quelle de sopra; uno pilero fornido de quelli de le prime sedie, uno pilero MP-io facto; 10 collonele comenxflte: do spaliere pichole de quelle va sotto H brayili; una foia segada intorno che va sotto H braiyili ; 42 pe\i de frixi de tarsia fornili, deli qiiali ge ne }j integri, H altri comeniati a segare; et tutti H altri pe\i sono aparechiali per el diclo lavor seccundo che ne ha mostrato a nui.

D'où il ressort qu'à partir de ce moment Scalamanzo ne dut plus être chargé de ce travail.

Toutefois le monastère n' ayant pas rempli ponctuellement toutes les obligations que lui avait imposées le jugement, il fut, le 13 Novembre 1481, l'objet d' une seconde condamnation et obligé de rembourser tous les frais du procès (').

Il serait aujourd' hui très difRcile et même impossible, en 1' absence de tout autre document,, de préciser la part qui revient à Scalamanzo dans ce travail. D' ailleurs si 1' on observe que les 49 sièges du chœur de S. Zacharie avaient coiîté 590 ducats (v. note $. p. S4 du T. f. ), non compris la coloration E. et les dorures, et si 1' on compare ce travail avec celui de S. Stefano beaucoup plus richement décoré et même beaucoup plus grandiose (34 stalles dans la rangée du haut et 28 sièges dans celle du bas), on peut, ce me semble, toutefois très approximativement, estimer que le 366 ducats environ payés à Scalamanzo (dans lesquels sont compris les frais de matériel dont le sculpteur, ordinairement, avait le choix et l'acquisition à sa charge) ne peuvent correspondre qu' à la moitié environ de la valeur totale du chœur actuel en bois, dont une partie avait dû être tout d'abord adossée à la balustrade en marbre de la grande nef (v. p. ^8 du T. f. ).

Malheureusement, je le répète, les contrats manquent et le contexte des documents ci-dessus ne permet même pas de hasarder l'hypothèse que le maître qui acheva ce travail y ait mis la main au début.

L' inscription :

Opus magistri Marci de Vicentia MCCCCLXXXVIII adi 2} Octobre

qu' on lit sur le côté d' un accoudoir des siègs inférieurs assignerait cependant y' le mérite principal de l'œuvre au maître ainsi désigné; il est toutefois incon-

testable que Scalamanzo (*), ayant été congédié depuis sept ans, les religieuses 1 n' auraient pu que difficilement lui accorder un souvenir quelconque.

Le «) Texte It., p. 86.

S' appuyant sur cette inscription et sur la patrie de l'auteur des chœurs de S. Zacharie, des Frari et du Dôme de Spilimbergo, la plupart des écrivains attribuent encore au même maître le chœur de Saint-Etienne de Venise, et même la date de la mort de Marco Cozzi ( inconnue jusqu' ici ) qui est ainsi consignée sur les registres de décès des membre de la Confrérie de la Charité (*):

1485, 20 Août, f Ser Marco de Zuan piero inlaiador . . . Sono ssopelido in h nostre arche a la charitta n.° 21, et la Scuola ( assurément pour honorer le grand artiste ) Fe[e parte delà spexa, ne semblerait guère atténuer la portée d' une telle assertion, car il peut se faire que l' inscription de Saint-Etienne de Venise, postérieure de trois ans à la mort de l'artiste, ne représente qu'un hommage rendu à son mérite le jour où l' œuvre reçut la dernière touche peut-être même de la main d' un membre de sa famille.

Mais ici encore 1' un des nombreux documents inédits permet de se demander si le successeur de Scalamanzo ne fut pas au contraire un autre m" Marco de Vicenze qui mourut peu de temps avant 1520 ('). Si l'on se rappelle que c'était jadis un usage de transmettre comme un souvenir aux enfants le nom de baptême des parents ou des oncles, on trouve moins invraisemblable l'hypothèse d'une affinité entre ces maîtres de même nom et de même pays. Affinité d'où pourraient encore provenir certaines analogies que l'on rencontre entre les œuvres de maître Marco di Gian-Pietro Cozzi et le chœur de Saint-Etienne.

Le chœur (quoique moins important) a par la structure de ses parties principales toute l' apparence d' une reproduction de celui des Frari, et je suis persuadé que dans le premier contrat, dont la date est très probablement postérieure à 1468, cette ressemblance devait figurer comme condition essentielle.

En comparant les détails de ces deux œuvres on observe dans les frontispices à pointes du chœur de Saint-Étienne un plus grand luxe de courbes et dans les grands feuillages séparant les stalles et les sièges un développement plus riche, qui par là même diminue légèrement le relief des masses ornementales sculptées toutefois avec un goût analogue, sans doute parce que sur ces parties le même groupe d'artistes a laissé son empreinte.

Aux Frari l' influence de 1' art nouveau ( excepté dans certaines courbes et dans les feuillages des corniches qui encadrent les marqueteries perspectives] ne se manifeste que par le caractère hybride de quelques formes. Au contraire à Saint-Etienne, la Renaissance s'accuse d'une manière plus nette, ainsi par exemple dans la forme décorative des dossiers, dans les modénatures et dans les fusaroUes des contours, dans les feuillages sculptés, dans les arceaux des niches et spécialement dans la bordure avec tresse classique à galon courant. Et dans ces détails, avec tout l' éclectisme possible, j' aurais peine à reconnaître un artiste de transition comme Marco de Cozzi.

(' ») Texte It., p. 86.

On remarque ici encore un progrès même dans les figurines que renferment les champs triangulaires des devants d'autel et principalement dans plusieurs des petites tètes d'anges qui y sont sculptées avec une grande pureté de forme et goût exquis.

Dans les grandes marqueteries la décoration végétale { touffes de feuilles et fleurs sortant des vases) a déjà, avec un concept plus artistique, pris la place des dessins géométriques.

Outre les dorures il existe encore des traces de polychromie dans les niches, dans les fonds et dans les demi-figurines des cimiers.

Je rappellerai enfin qu' à Venise, comme dans les autres pays, l'art décoratif de la sculpture sur bois relativement à l'évolution de la Renaissance, ne suivit pas les progrès de l'architecture, demeurant au contraire plus longtemps en grande partie fidèle à certaines traditions locales, et de plus subissant même jusqu' à un certain point l'influence stationnaire des nombreux maîtres étrangers qui assurément aidèrent les nôtres et durent même établir à Venise des ateliers industriels.

C'est ce dont le lecteur pourra se former une idée en comparant les dates et les formes d'ensemble et même aussi les principaux détails des derniers travaux que j' ai signalés, avec certains édifices de transition et mieux encore avec nos premiers monuments architectoniques de la Renaissance dont je m'occuperai au second volume.

PlETRO PAOLETTI.

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