‹ L'architecture française du siècleChapitre 5 sur 8 · CD · texte numérisé non relu

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du château de Blois. Nos monuments français, relevés de leurs ruines, excitent en France et à l'étranger une légitime admiration.

Ainsi s'établissent deux écoles rivales dans l'enseigne-

Fio. 13. — Villa antique à Bala.

Composition de F. Duban (aquarelle).

ment de l'architecture. L'une, dirigée par l'Académie des beaux-arts, persiste dans l'étude exclusive des monuments grecs et romains, trop souvent confondus avec les œuvres de la renaissance romaine du xvt e siècle : c'est l'école classique ; l'autre, dont Lassus est le chef, prétend trouver dans l'étude des monuments créés sur notre sol, et appropriés à

nos mœurs et à notre climat, les éléments de l'art nouveau : c'est l'école romantique.

Entre les deux écoles, des artistes distingués : les Duc, les Duban, les Henri Labrouste, élargissent la voie de l'art nouveau en cherchant, comme les romantiques, à faire de l'œuvre l'expression décorative de l'idée ou du besoin qui Fa fait naître. Une nouvelle matière, le fer, apporte à l'école rationaliste un élément caractéristique de décoration.

Mais les novateurs, d'où qu'ils viennent, sont également suspects aux défenseurs de la tradition romaine, aux disciples de Vignole, qui jouissent encore, dans l'enseignement, d'une influence considérable par l'organisation même de l'École des beaux-arts, le jugement des grands prix étant attribué aux professeurs. « Les professeurs, écrit Gustave Planche, en jugeant leurs élèves, jugent leur enseignement, et il est permis de croire qu'ils le jugent avec indulgence. »

Dès 1831, une réforme de l'École est projetée par M. de Montalivet, alors ministre de l'intérieur; mais le droit de modifier renseignement est réclamé par l'Académie comme l'une de ses prérogatives, et la réforme n'aboutit pas. *

La lutte se poursuit entre les représentants des deux écoles extrêmes, les classiques et les romantiques; cette lutte féconde profite surtout à l'école rationaliste dont les œuvres originales marquent en quelque sorte, étapes par étapes, la route de l'art moderne.

Tandis que Lesueur et Godde, architectes de l'Hôtel de Ville de Paris (fig. 12), que Bonnard et Lacornée, architectes

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