‹ L'architecture française du siècleChapitre 7 sur 8 · Cul-de-lampe · texte numérisé non relu

Cul-de-lampe

Pl. XI.

Kglise de la Trinité, à Paris.

Th. Ballu, architecte.

de cette terre classique où il a vécu? Quoi de plus largement conçu et de mieux disposé pour l'étude, que la grande salle de lecture (pi. VII) de la Bibliothèque nationale?

Nul mieux que Labrouste ne semblait désigné pour réaliser l'évolution nécessaire entre l'école académique et

Fio. 15. — Église Saint-Augustin, à Paris. Vue extérieure. Y. Baltard. architecte.

l'école moderne; mais la lutte entre les romantiques et les classiques était trop ardente pour que la raison pût triompher. L'Académie,' par la voix de son secrétaire perpétuel, Raoul Rochette, déclare que, « sous le rapport de la solidité, les édifices gothiques manquent des conditions qu'exigerait aujourd'hui la science de l'art de bâtir... On n'y voit, dit-il, aucun système de proportion ; les détails n'y sont jamais en rapport avec les masses; tout y est capricieux et arbitraire

dans l'invention comme dans remploi des ornements. » « Le gothique du xin e siècle, écrit Lassus, et celui qui Ta suivi jusqu'au xvi e siècle, voilà notre art national à ses différents degrés; tout le reste, depuis et y compris la renaissance jusqu'à nos jours, ne peut être considéré que comme le produit de la mode. »

Assurément Lassus a raison de critiquer l'emploi, dans notre art du xix e siècle, de formes empruntées à la Grèce ou à l'Italie; mais la résurrection, au xix e siècle, de l'architecture du moyen âge, tentée par Lassus avec un immense talent, n'est pas moins critiquable.

La vérité, Viollet-le-Duc va bientôt la proclamer dans ses Entretiens d architecture , dans la préface de son admirable Dictionnaire, en réduisant à leur valeur archéologique les études faites sur tous les monuments de toutes les civilisations antérieures à la nôtre. C'est lui qui, le premier, introduit dcins l'enseignement de l'art, avec la méthode historique, l'usage de l'analyse, donnant à l'esprit les moyens de saisir les rapports entre l'œuvre ancienne et l'idée ou le besoin qu'elle exprime, et de trouver, par comparaison, l'expression juste et originale qu'exige chaque œuvre nouvelle. Viollet-le-Duc a relevé et dessiné les monuments de l'Italie et de la Sicile, avec une conscience dont pourraient être jaloux les pensionnaires de l'École de Rome. Son aquarelle des Loges du Vatican (pi. VIII), ses dessins du théâtre de Taorminc (pi. IX), sont parmi les plus beaux qui aient jamais été faits. Mais l'art italien n'a pas absorbé toute l'attention de l'artiste, et c'est par l'analyse des monuments français qu'il prélude à l'enseignement rationnel de l'architecture.

Pl. XII.

Église Saint-Augustin. Vue intérieure.

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