IV. Dolmen
dimensions de ses matériaux. D'abord le progrès se limita aux soutiens, qui devinrent un empilage de moellons grossiers, avec remplissage des vides au moyen de pierraille et de terre, la couverture continuant d'exiger des dalles démesurées : c'est ce que révèlent, par exemple, les couloirs • les « allées » de Fontenay-le-Marmion, de Collorgues, etc. (7, v). Puis se produisit, attestée par les « chambres » de Fontenay-le-Marmion, de Collorgues, de New-Grange, de Los Millares etc., l'invention de l'encorbellement des assises qui permit la réduction des orifices et par suite celle des tables couvrantes (7, iv).
L'EFFET
Sans parler de la nécessité où elle se trouvait, au moins en beaucoup de cas, de consacrer la totalité de son attention et de ses facultés à la solu-
L EFFET
lion des problèmes d'exécution, l'architecture de l'âge néolithique était à peu près hors d'état de poursuivre des fins proprement esthétiques.
La plupart des effets lui étaient interdits : celui des ordonnances, par la mesquinerie fatale des programmes ; celui des mouvements de lignes et de masses, par l'emploi de monolithes ; celui des contrastes de plein et de vide, par la timidité forcée de sa construction; celui qui naît delà beauté intrinsèque d'une matière de choix, par la difficulté du transport; celui qu'engendre la perfection de la taille, par l'insuffisance de l'outillage, laquelle, à plus forte raison, excluait la sculpture.
Seuls lui étaient permis, et encore dans une faible mesure, ceux que
8. — Décoration néolithique. Pierres gravées du dolmen de Gavr'inis.
déterminent la grandeur des dimensions et l'application d'un décor adventice. Nous avons noté qu'elle rechercha le premier ; quant au second, elle le demanda soit à un travail de gravure dont les pierres de Gavr'inis, de New-Grange, etc., offrent des spécimens (8), soit à d'informes ébauches de bas-reliefs, telles qu'on en voit dans les grottes sépulcrales de la Champagne (3, xvi) soit enfin à des applications de couleur'dans le genre de celles dont on a retrouvé des traces à Grossgartach.
Les motifs sont des fantaisies géométriques, surtout des ondulations de lignes répétées et des représentations symboliques de haches; exceptionnellement, de grossières images de la figure humaine.
En somme, sirudimentaire qu'elle soit restée, l'architecture néolithique réalisa autant de progrès qu'en permettait son outillage exclusivement lapidaire et elle dota l'humanité des éléments essentiels de l'art de bâtir : formules de la préparation du pisé et de la confection de la brique, procédés pour la taille de la pierre, méthodes pour le levage et le transport des plus lourdes masses, assemblage du bois, artifice de l'encorbellement.