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LA COMMANDE FUNERAIRE. LES CONDITIONS NATURELLES

morts dans le tombeau avec des besoins analogues à ceux des vivants, ce qui entraînait la nécessité de sépulcres solides, confortables, si l'on peut ainsi dire, et luxueux.

De fait, c'est par centaines, voire par milliers qu'on les remontre groupés en nécropoles, souvent monumentaux, aux environs de Viterbe, au Val d'Asso, à Norchia, à Bieda, aux portes de Gervetri, près de Cor-

1 17. — La Porte d'Auguste à Pérouse.

neto, à Pérouse tombeau des Veltimna ou Volumni). à Orvieto, à Volterra, à Cecina à Chinsi, 'tumulus de Poggw Gajella), à Cortone tumulus dit Melone), à Albano (tombeau d'Aruns),' etc.

A l'importance de la commande répondaient l'abondance et la qualité •U's ressources que l'Eirurie mettait à la disposition du constructeur. Il disposait d'arbres résineux célèbres dans l'antiquité1 par la hauteur et la rectitude de leurs troncs: d'une argile excellente; de matières lapidaires en quantité — au nord, des grès à grain lin, de couleur gris bleuâtre

Cf. Slrabon, V

ou gris jaunâtre , les uns durs, les autres relativement tendres; au sud, du calcaire ordinaire travertin) et des roches faciles à entailler ^tufï dit péperin) ; du marbre (carrare); de l'albâtre. Enfin, l'île d'Elbe l'approvisionnait de fer et de cuivre.

Ajoutons que ce concours de conditions propices se trouvait parlait par les aptitudes d'une race industrieuse et bien douée sous le rapport du sentiment et du pouvoir artistique.

Maintenant quelle était cette race '?

La légende grecque consignée par Hérodote et par Strabon, plaçait son berceau en Lydie d'où elle aurait essaimé sous la conduite d'un fils d'Atys, Tyrrbenos ; de là le nom de Tyrrhéniens donné par les Hellènes aux Etrusques. Les recherches de la science moderne aboutissent à l'hypothèse du confluent en Etrurie de deux migrations, dont l'une, celle des Rasner — la plus importante au point de vue du nombre — se serait développée par terre venant d'au delà des Alpes, et l'autre, supérieure sous le rapport de la civilisation, aurait été originaire de l'Asie Mineure phrygienne ou ionienne.

Ce qui apparaît certain — confirmé par les particularités de leur langage . de leurs mœurs, de leur religion — c'est que la civilisation des Etrusques fut, pendant des siècles, foncièrement différente de celle des Grecs et qu'à maints égards, elle fait pensera celles de l'Asie antérieure1. C'est un fait aussi que leur répertoire décoratif manifeste de nombreux emprunts au fonds, d'origine égypto-mésopotamienne, commun à la Phénicie, à la Lydie, à la Phrvgie; qu'ils partagent avec les populations de ces deux derniers pays un goût marqué pour la sépulture sous tumulus et la tombe creusée à flanc de rocher avec frontispice: enfin, qu'une pratique courante de la voûte rapproche autant leur école d'architecture des orientales qu'elle la distingue de l'hellénique.

Cependant les relations commerciales suivies que les Etrusques entretinrent, sinon avec les Hellènes d'Italie et de Sicile, leurs rivaux détestés, du moins avec ceux de Grèce et d'iônie, les exposèrent à une influence de l'art grec qui, à partir du début du ir" siècle environ avant J.-C, fut très énergique et très effective2.

1 C'esl ainsi que le costume étrusque était tout asiatique, avec sa longue robe à semis de ileurs et à bordure polychrome, ses sandales à la mode lydienne et son capuchon analogue au bonnet phrygien : que, seuls de tous 1rs peuples méditerranéens, les Etrusques étaient adonnés à la pratique essentiellement orientale de la divination...

- CI', l'active importation en Etrurie de vases grecs peints, dont les nécropoles étrusques ont livré tant d'échantillons contemporains du \i° siècle.

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