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Motifs de décoration prélielléniques en Asie Mineure

I, 11, III. Décoration champlevée do monuments rupeslrcs de Plirygie reproduisant un rcvêlemeul. céramique. — IV, V. Carreaux de terre cuite découverts à Gordion. — Vl-IX, XIII. Ornements phrygiens. — \. Crète de pignon phrygien. — XII. Charpenterie décorative (Phrygie). — XI. Ornement lydien.

Ce sont également de fortes influences orientales que trahissent les éléments de la parure des monuments préhelléniques d'Asie Mineure. Ce sont des palmettes et des boutons de lotus, des rosettes, des volutes (145). La Phrygie affectionnait le méandre, le damier, les dents de scie et le zig-zag et aussi des sortes de rouleaux (145, xn; 140, m) qui font penser à un des éléments les plus typiques du chapiteau de la Perse achéménide.

Cependant, il n'est point de particularité de ces écoles qui soit plus signalétique de leur parentage avec l'ancien Orient, que leur goût

décidé pour les animaux couchés, affrontés, passants, combattants — taureaux, griffons et surtout lions — chers à la Mésopotamie, et pour le sphinx ailé, si caractéristique des arts de l'Asie antérieure.

En gros, l'aire de la civilisation étrusque eut pour centre une bande du territoire de l'Italie centrale orientée du nord au sud sur la rive droite du Tibre et qui portait deux groupes de cités : au sud, Tarquinii, près de Gorneto, Blera (Bieda), Norchia, Caere (Cervetri) avec son port de Pt/rgi, Falerii, Volsinii (Velsino), Vulci ; au nord, Clusium (Chiusi), Perusia, Cortona, Arretium (Arezzo). Elle comprit, en outre, tout le pays toscan, commandé alors par les villes d'Ansedonia, de Vetulonia, de liusellae, de Populonia, de Volterra, de Faesulae (Fiesole), de Florence, de Luna et, par delà l'arête dorsale de la péninsule, le bassin duReno et les parages de l'embouchure du PO, que dominait Felsina (Bologne), avoisinée à 21 kilomètres de distance, au bord du Reno, au lieu dit aujourd'hui Marzabotto, par une ville récemment découverte et dont le nom est inconnu. Enfin, elle se prolongea, au sud du Tibre, sur le Latium — englobant Alatrium (Alalri), Alba Facentia au nord du lac Fucin, Rome qui jusqu'au me siècle avant notre ère fut, sous le rapport de la civilisation, tout étrusque — et, au moins pendant un certain temps, jusque dans la Campanie que commandait Capua.

C'est entre 801» et 400 que se localise la période brillante de l'histoire politique de l'Etrurie.

Harcelée, au nord par les Gaulois, à l'est par les Sabins, au sud par les Samnites et les Grecs, l'empire étrusque se réduisit peu à peu à son berceau. A partir de 376, il subit les assauts incessants des Romains et vers la fin du me siècle, il était subjugué.

Mais à la ruine de la puissance de l'Etrurie survécurent non seulement sa prospérité, mais aussi sa personnalité, et ce n'est pas avant le début de notre ère que cette dernière fut absorbée dans l'unité de l'Italie impériale. C'est donc par sept à huit siècles que se chiffre la durée de l'architecture étrusque.

LES CONDITIONS HUMAINES

LES CONDITIONS HUMAINES ET NATURELLES TOPOGRAPHIE ET CHRONOLOGIE MONUMENTALES. ORIGINES ET RAYONNEMENT

L'architecture étrusque rencontra des conditions humaines et naturelles très favorables.

De bonne heure l'Etrurie développa une vie urbaine et industrieuse. Enrichie par la fertilité de son sol et par la très grande activité de son commerce extérieur plus ou moins doublé de piraterie, elle permit à ses princes et à son aristocratie de satisfaire des goûts de luxe, qu'attestent

les tableaux développés sur les parois des tombes, ainsi que le nombre et la splendeur des objets d'art et de parure épargnés par le temps. Elle eut, d'autre part, un sentiment de l'ordre et de l'organisation et un besoin de moyens de défense, qui devaient provoquer l'éclosion d'un génie civil et militaire.

En fait, s il ne subsiste aucune ruine de palais ou de maison impor- I anle, du moins l'exhumation de quartiers à Vetulonia et d'une cité entière au lieu dit Marzabotto près de Bologne, la Cloaca Maxima de Rome, œuvre du milieu du vie siècle, révèlent que des programmes d'édilité étaient proposés aux arcbitectes étrusques. Sans parler du fameux pont Sublicius à Rome dont deux réalisations, l'une antérieure, l'autre postérieure à l'attaque de Porsenna, furent leur œuvre; des ponts encore existants comme ceux de Blera Bieda et du canal de la Marta près du Bulicame, à l'ouest de Viterbe; des routes dallées avec caniveaux; des canaux sous tunnel comme celui du ruisseau de Veii dit Ponte Sodo et surtout l'émissaire du lac cTAlbano exécuté par eux pour le compte de Rome vers la fin du ve siècle, annoncent l'habitude de travaux publics. Enfin, l'existence d'une importante demande de fortifications est attestée par des restes considérables de murailles à Alalrium, a Alba Fucentia, à Ansedonia, à Arretium, à Cortone, à Faesuhe, à Falerii, à Perusia (Porta Marzia), à Rome (Agger de Servius Tullius . à Volterra (parties d'enceinte et porte de ville)...

11 ne subsiste guère de temples étrusques. La liste en est vite dressée : cinq à Marzabotto ; quatre à Alba Fucentia; deux à Rome \ celui de la Grande Mère et celui de Jupiter Gapitolinus, sanctuaire principal de la cité ' : et d'autres à Alatri, à Cervetri, à Conca, à Falerii, à Florence, h Vulsinii... Cependant le caractère éminemment formaliste de la religion des Etrusques et l'intensité de leur dévotion superstitieuse durent être autant que la fragilité relative de leur construction -, causes d'une multiplication des commandes d'édifices cultuels.

De même pour l'architecture funéraire : la civilisation étrusque lui prépara une ample besogne en adoptant la croyance aune survivance des

1 Le temple de Jupiter Capitolinus, dont les substructions ont été retrouvées dans les jardins du palais Caffarelli, est connu par une description de Denys d'Halicarnasse et par des monuments figurés. Commencé par Tarquin l'Ancien, achevé par Tarquin le Superbe, consacré en 509. un premier édifice fut incendié en 83 avant J.-G. ; un second, refait sur le même plan, fut de nouveau détruit par le feu en 69 après J.-C: un troisième, reconstruit par Vespasien, subit encore le même sort; un quatrième fui l'œuvre de Domitien.

- Cf. le* nombreux incendies du temple de Jupiter Gapitolinus à Rome.

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