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L.V CONSTRUCTION

LES PROCEDES

d'assises avec ou sans abatage dos ressauts, jusqu'à la plate-bande appareillée dont l'émissaire du lac d'Albano et la Prison Mamertine, à Rome, exposent des réalisations remarquables lo3, xi), en passant par le système de l'encorbellemenl à clef l->3, ni, v) et des vous soirs à lits rayonnant ou non '153, vi-xV.La durée de ces ouvrages, dont quelqu vieux de plus de vingt-cinq si constitue une preuve décisive de la maîtrise des constructeurs étrusques.

Ils s'entendirent également à établir des toitures solides et imperméables. Sur une poutre laitière (columen) d'une part et, de l'autre, sur des poutres sablières placées en bordure des deux côtés longs du gril de la couverture ils disposaient par paires des chevrons (cantharii) qui dépassaienl l'aplomb de la muraille el de la colonnade autant que les solives du plafond débordaient les façades. Au besoin, les points d'appui étaient multipliés grâce à des poutres intermédiaires ou pannes (trabiculae) parallèles au faîtage. La pente était relativement rapide (148, u. m; 154).

Tantôt directement, connue l'atteste la sculpture en escalier du plafond de certains tombeaux, tantôt par l'intermédiaire d'un couchis de planches (templa) ce comble portait une carapace d'excellentes tuiles en poterie plates avec des rebords qu'unissaient des couvre-joints (457, x).

154. — Temple étrusque, d'après Vitruve, avec revêtements en terre cuite.

' Gomme exemples antiques de ce dernier, on peut citer la couverture de la Tombe de l'ythagore à Gortone (153. vi), celles de la Gloaca Maxima à Home, du Tombeau du Grand Due près de Ghiusi, du Tempio di San Manno près de Pérouse (153. ix, x), d'un pont à Biéda {153, vin). Les flèches mesurent respectivement 2°>,95, 3|U,90, 3m,10, 4 mètres, 7m,40.

l'effet

Les monuments étrusques annoncent, une conception vraiment architecturale de l'effet.

Elle ne comportait guère l'impressionnement par la grandeur matérielle. Si quelques tumulus sont énormes — tel celui dit Cucumella à Vulci — les temples connus ne couvrent que des surfaces restreintes — de 100 à 400 mètres — et ce n'est pas plus de 3 000 qu'occupaient les fondements du géant de la famille, le sanctuaire de Jupiter Capitolin à Rome \

Qu'en revanche elle fît une bonne part au pittoresque monumental, c'est ce que manifestent son parti-pris d'exhausser sur un socle aussi bien un tumulus qu'une maison et un temple, l'ordonnance à vaste portique extérieur qui distinguait celui-ci, la composition très décorative des portes de Permise, l'arrangement si original du tombeau d'Aruns. etc. MX, n, m ; 149, i, vi ; 154 .

C'est un fait que la plastique monumentale secondaire obtint de l'art étrusque plus d'attention que n'importe quelle autre de l'antiquité préhellénique. 11 chercha des effets d'appareil, tels que refends dégageant les joints et ciselures définissant un bossage rustique plus ou moins saillant, comme en montrent par exemple les murailles de Fiesole, de Yiterbe, le pont de Bléra, l'émissaire du lac d'Albano (152, iv ; 153, xi)2.

Il ne manquait pas de définir une paroi par la saillie d'une plinthe à la base et d'une corniche au sommet : il modelait volontiers des moulures dont les profils, pour un peu gauches et rudes qu'ils soient, n'en possèdent pas moins de l'accent et du caractère3 (157, m, vu, ix. xm).

Volontiers il rehaussail les surfaces murales de pilastres avec base et chapiteau isolés ou — témoin les portes de Pérouse (147) — multipliés de

1 Voici quelques dimensions :

Substpuctions du temple de Jupitei Capitolin, .:>7"\50 x 52m,50;

Temple de Florence, 24»>,50 x 20 mètres;

Temple C à Marzabotto, 24 mètres x 19 mètres;

Grand temple d'Alba Fucentia, ±>.lM < t3»>,07;

Temple d'Alatri, I4«s79 x 7m,97.

- Cf. lu goût 'les architectures de l'Asie antérieure pour cette pratique (murs du temple de Salomon (fig. 109), murs de Cnide) (fig. 194, vin).

3 Certains d'entre eux rappellml de façon frappante des profils phéniciens. iCf. fig. 110, vi, vu).

façon à simuler une galerie : il aimait à encadrer les portes d'une bordure ouvragée, agrémentée de crossettes aux angles supérieurs, (157, i). etc., il marquait la naissance d'un arc par une saillie moulurée et son développement par une archivolte (147 .

Les parties hautes étaient traitées dans le même esprit. Une crête dentelée courait sur le faîtage «les temples et sur les rampants de leurs fron-

155. — Fresque dans un tombeau de Corneto (Tombe des Léopards).

tons qu'accidentait en outre le pointernent d'acrotères au sommet et aux angles; le bas des versants de la toiture était hérissé d'autant d'antéfixes qu'il y avait de liles de couvre joints 'lu7, x) et, parfois, comme l'indique une urne cinéraire (148, n^ découpé en lestons par la saillie de tuiles ou de plaques de métal. Le parti pris de faire dépasser les chevrons audessus du faîte que révèlent maintes représentations de maisons étrusques évoque une pratique chère à l'architecture phrygienne et que nous avens notée plus haut l.

' Cf. fig. 137 el 143, n, ni.

Au soutien isolé, l'architecture étrusque imposait la forme d'un pilier ou d'une colonne.

Dans le premier cas, il était tantôt couronné d'un chapiteau, tantôt doté d'une base et d'un chapiteau, tantôt dénué de l'un et de l'autre; ses faces étaient généralement cannelées 151». vu. x. parfois ornées d'un dispositif de rectangles concentriques ouverts vers le bas dont la décoration égyptienne offre des exemples 156, ni).

Pour la conformation de la colonne, l'art del'Etrurie puisa d'abord aux mêmes sources que ceux de Phrygie, de Lydie, dlonie et de Grèce; plus tard, sans abdiquer sa personnalité, il s'inspira dans une bonne mesure des types helléniques dont les peintures des vases grecs lui montraient des images L (156, vi, xu .

La colonne étrusque était toujours pourvue d'une base que constituait au-dessus d'une plinthe circulaire ou carrée, soit un large empattement ondulé, soit une sorte de campane, soit une pile de disques profilés en tores et en cavets. Le fût. qu'on façonnait tantôt lisse, tantôt cannelé, parait avoir été assez svelte. comme il arrive quand la matière ordinaire est le bois. Des fois il était franchement conique, souvent fortement galbé, à ressembler à un balustre 156, i, m. xu).

Quant au chapiteau, les monuments en ont révélé trois variétés correspondant à celles qui, dans l'œuvre architecturale de la Grèce, se dénomment dorique, ionique et corinthienne. La première, dite toscane, se compose d'une tablette et d'un coussin raccordé au tronc par une gorge et un tore ou par un arrangement de baguettes planes ou convexes (156. i La seconde était constituée par une paire de volutes divergentes, parfois redoublées dans le sens vertical, généralement plus ou moins érigées, rarement inclinées: entre elles était sculptée une palniette dans le goût oriental ou une fleur; dans le cas de la deuxième disposition, ce dernier motif rehaussait souvent le milieu du bandeau unissant les enroulements (156, y). La troisième sorte dressait des espèces de crochets involutés, parfois agrémentés de fleurs tombantes, entre lesquels pointait une palniette ou saillait une tète (156. u, x. xi .

Une colonnade étrusque ne soutenait pas. nous l'avons vu, un entablement lapidaire susceptible d'un modelé analogue à celui que eompor-

' Cf. par exemple, sur un vase du vie siècle, trouvé dans une tombe a Ghiusi — le « vase François » — la représentation soignée d'édifices dans le style dorique primitif.

EFFETS DE PARU II E

tait la frise hellénique. Cependant, les bandeaux que développait le masque céramique des architraves en bois évoquaienl parfois le mode dorique par une alternance de triglyphes plus ou moins fantaisistes el de champs rectangulaires relevés d'une rosace ou d'une tète.

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