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Le porche septentrional de L'Erechthéion, à Athènes

Lagidcs. le second par Ptolémée II, et le temple de Zeus Basileus à Lêbadeia (Livadhia) en Béotie, dont les devis, établis au début du n° siècle, constituent un précieux document pour l'histoire de l'art.

En revanche, l'Asie Mineur»- ionienne et les pays hellénisés à la suite

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des conquêtes d'Alexandre et de ses successeurs, se signalèrent par le nombre et l'importance des commandes, faites les unes par des cités, les autres par des souverains.

Du premier quart du ive siècle date le « Monument des Néréides » à Xanthos, en Lycie, tombeau monumental préparé pour un prince du lieu. Une série, remarquable par l'ampleur des programmes et la qualité des réalisations, fait honneur à la deuxième moitié du siècle. Elle s'ouvre avec le fameux Maussoleion à Halicarnasse , tombeau du satrape de Carie, Mausole, œuvre de Pythios entre 353 et 349 (F. 180 ; elle continue avec une seconde création du même architecte, à peu près contemporaine de la première et également renommée, un temple d'Athéna Polias à Priène '220 , et avec un sanctuaire sous le même vocable, érigé sur l'acropole de Pergame. Elle comprend deux édifices colossaux : le deuxième Artémision à'Ephèse, bâti dans le troisième quart du iv" siècle par Paeonios d'Ephèse, assisté d'un nommé Dérnétrios ; le temple d'Apollon à Didymes, près Milet, dont les plans furent devises par les mêmes architectes avant 334, et qui fut abandonné inachevé en il après Jésus- Christ F. 239 . La liste doit être allongée par la mention des grands travaux à,' Alexandrie : ordonnance de la ville par le Macédonien Deinokratès en 331 ; élévation du Musée et de la Bibliothèque sous Ptolémée I Soter (323-285 : construction du Mole et du Phare par Sostrate de Cnide, au compte de Ptolémée II (285-247).

Le dernier tiers du m° siècle vit s'édifier, à Magnésie du Méandre, un temple d'Artémis Leukophryéné; à Teos, un temple de Dionysos ; à Traites, un sanctuaire d'Asklépios ; œuvres, les deux premiers d'Iiermogène, le troisième d'Arcésios, deux maîtres également célèbres.

La première moitié du IIe siècle fut illustrée par les embellissements de Pergame, la capitale des Attalides qui, sous le gouvernement d'Eumène II (197-159), fui non seulement un des foyers de la civilisation hellénistique, mais aussi un centre d'activité architecturale ; le souvenir en est surtout gardé par un grand Autel consacré à Zeus et à Alhéna. On peut encore citer, datables de la fin du ne siècle ou des débuts du Ie' : à Alinda, un curieux portique bazar; à Labranda, en Carie, un temple de Zeus Stralios: à Aizani Tchavder Hissar), un ensemble très remarquable, comprenant un temple de Zeus de grande tournure, un théâtre, un stade, un gymnase, etc.

Sous l'influence du génie asiatique, cette branche orientale de l'architecture hellénique se développa décidément dans le sens des effets

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capables de .séduire les yeux et de frapper l'imagination. Il en résulta mit' recherche de la grandeur matérielle, réelle ou apparente, de la plastique pittoresque et de la richesse du décor, qui entraîna la proscription du style dorique au profit de l'ionique, lui-même, à son tour, concurrencé par le corinthien; le sacrifice de la qualité des éléments à l'aspect total: enfin, des infractions de plus en plus graves à la logique architecturale. Néanmoins, le niveau de la production du ive siècle resta très élevé.

Grâce à la « paix romaine ». l'architecture grecque continua de fleurir, surtout en Asie Mineure, durant les deux premiers siècles de notre ère. produisant des œuvres aussi remarquables que le temple de Rome et d'Auguste à Ancyre, le temple d'Aphrodite à Aphrodisias (Ier siècle), les monuments et surtout le théâtre A'Aspendqs en Pamphylie, (F. 170. I 77 ceux de Termessos en Pisidie. le Trajaneum de Pe?'game. .. Jusqu'au ine siècle, elle maintint son empire sur la Syrie septentrionale plus ou moins affectée, suivant les lieux, par les influences romaines ou orientales. Mais, dès le IIe siècle, elle manifestait une tendance à la lourdeur et à la surcharge et, au nic siècle, elle était dégénérée.

En Grèce, à la même époque, — exception faite de l'Olympieion d'Athènes, achevé peu après 130 (F. 166), — l'architecture ne fut occupée qu'à des besognes secondaires : édification à Athènes, à l'extrême fin de l'ère païenne, d'un petit temple circulaire de Rome et d'Auguste ; du tombeau de Philopappos (vers 115); de l'are d'Hadrien; d'un Odeion aux frais d'Hérode Atticus (après 161) ; construction à Salonique, au IIe siècle, d'une basilique dont les ruines sont dénommées l'Incanlada. .

CHAPITRE II LES CONDITIONS NATURELLES, HUMAINES, TECHNIQUES. — LES INFLUENCES

Un concours vraiment unique de conditions propices détermina les brillantes destinées de l'architecture grecque.

LES CONDITIONS NATURELLES

Et d'abord, ce fut la chance d'un approvisionnement facile en matériaux lapidaires de qualité supérieure.

LES CONDITIONS HUMAINES 257

Dans toute l'étendue de son aire, la construction grecque disposa d'excellents calcaires communs1 ; mieux encore, la Cirèce propre, l'Archipel, llonie asiatique étaient abondamment pourvus de marbres de choix et divers 2.

De même pour les transports : les difficultés que leur opposaient la conformation accidentée du sol et le mauvais état des routes étaient largement compensées par la situation de la plupart des cités grecques au bord ou à proximité de la mer : elle leur permil notamment de suppléer par l'importation à l'insuffisance des ressources indigènes en bois de construction.

A la nature grecque l'architecture dut encore la faveur d'un climat doux et sec, favorable à l'exécution et à la conservation des monuments, et aussi celle d'un air merveilleusement pur. dont la transparence, en accroissant la visibilité des aspects, rendit les yeux plus sensibles, le goût plus difficile et la perfection du travail à la fois plus nécessaire et plus appréciable.

LES CONDITIONS HUMAINES

En contraste avec les architectures qui ont fait jusqu'à présent l'objet de notre étude, et dont la production dépendait presque exclusivement d'un souverain ou d'une caste, celles de la Grèce furent, dans la plus large mesure, nationales. Sans tomber dans l'exagération delà thèse qui attribue à la masse des Hellènes en général et à celle des Athéniens en particulier la passion et le sentiment des choses de l'art, — thèse contredite, en ce qui

' En Attique, notamment, elle tirait de la presqu'île d'Akté un travertin jaunâtre facile à travailler, susceptible de sculpture et cependant résistant à l'atmosphère : en Sicile, elle trouvait un calcaire poreux, d'un blanc grisâtre ou jaunâtre et prenant bien un enduit de stuc.

- L'Attique extrayait des flancs du Pentélique une roche dense et dure, d'une grande linesse de grain et dont la blancheur prend au bout d'un certain temps d'exposition à l'air une patine jaunâtre : du Laurion, un marbre ordinaire: de l'Hymette. une matière très solide, île couleur gris bleuâtre avec des veines plus sombres ; enfin, des carrières d'Eleusis, un calcaire bleu foncé. L'Eubée méridionale, surtout vers Karystos. recelait, débitable en grands monolithes, un marbre grisâtre, veiné de vert, dénommé par les modernes « Gipolino », dont les Romains devaient faire une grande consommation. Mégare offrait une sorte, remarquable par sa tendresse et sa blancheur. Sans parler de l'espèce que fournit Paros et que sa merveilleuse qualité réservait à la statuaire, la roche précieuse abondait dans 1rs îles : à Naxos, à Skyros, à Ténos, à Andros, à Thasos et aussi â Ghios, riche en « brocatelle jaspée ». Et l'Asie Mineure rivalisait grâce, d'une part, aux splendides marbres blancs dont la fournissaient la vallée du Caïstre près d'Ephèse, les îles Khorsiœ en face de l'embouchure du Méandre, les parages de Hérakleia et de Mylasa, etc., et, de l'autre, aux marbres polychromes de Rhodes et de Phrygie, parmi lesquels était particulièrement réputé le « pavonazetlo » rouge et blanc.

258 h ARCHITECTURE ÉGEENNE HELLÉNIQUE

concerne l'architecture, par le double fait que pour toutes les grandes entreprises monumentales l'initiative vint d'individus et que Périclès fut accusé de gaspillage — on peut affirmer que les architectes grecs trouvèrent dans des populations profondément imbues de patriotisme local, douées généralement d'un esprit subtil, cultivées par les voyages et, pardessus le marché, riches en loisirs, un public attentif, sympathique à leurs efforts et de bon jugement.

On a peine à imaginer des conditions politiques et sociales plus favorables au progrès artistique que celles dont bénéficia l'architecture grecque.

Rien ne pouvait lui être plus propice que l'harmonieuse alliance de variété et d'unité que réalisaient d'une part la division de l'Hellade en deux grandes provinces de tempérament différent, l'ionienne et la dorienne, et en de nombreux Etats indépendants, possesseurs d'une personnalité propre et jaloux de la sauvegarder : et, de l'autre, le nombre et l'étroitesse des rapports que nouaient entre ces individualités les relations commerciales et politiques, les rencontres périodiques et fréquentes aux solennités nationales, enlin la facilité avec laquelle se déplaçaient les artistes. C'est, en effet, de la multiplication des écoles el de la rapide communication des inventions locales, que résultèrent, dans une très large mesure, cette continuité et cette régularité de progrès qui constituent un des traits les plus frappants et les plus caractéristiques de l'architecture hellène.

Aussi forte et également heureuse fut l'influence du régime de libellé' civile qui était commun aux cités grecques. En imposant à l'art de bâtir, au lieu du système économique et rudimentaire, que nous avons observé jusqu'à présent, d'une exécution par le travail forcé et inexpérimenté d'une multitude de corvéables celui, très supérieur mais onéreux, d'une maind'œuvre professionnelle et salariée1, il lui interdit les programmes colos-

1 Voici quelques indications sur Le mode de réalisation d'un programme d'architecture publique. Un directeur général organisai! et surveillait les travaux:, dont, en pays démocratique, il rendait compte au peuple qui l'avait élu. C'est ainsi qu'au iv siècle, Philon. l'auteur ilu célèbre arsenal du l'irée, exposa aux Athéniens assemblés au théâtre comment il s'était acquitté de sa mission.

Les matériaux lapidaires étaient tournis par l'Étal qui, généralement, les faisait tailler par des esclaves publics. L'exécution du gros œuvre était mise en adjudication entre des entrepreneurs fournissant caution. Le paiement se faisait en trois fois : dès la concession du travail, l'adjudicataire recevait les 4/5° du prix : quand il était à moitié de la besogne, il touchait 1/10° et. l'œuvre achevée, le restant, à inoins qu'il ne fût sujet à retenue pour malfaçon ou retard. Le directeur général établissait le cahier des charges et passait les marchés. Les entreprises étaient très morcelées et, quand elles étaient importantes, les lots faisaient l'objet d'adjudications successives. Enlin, pour les travaux délicats .ravalement, sculpture..., il paraît bien qu'on traitait avec des tâcherons.

LES CONDITIONS TECHNIQUES 259

saux et F incita à rechercher les effets de beauté, plutôt que ceux de grandeur matérielle .

Celte dernière orientation se trouvait, d'autre part, énergiquement confirmée par la complexion mentale de la race considérée dans son ensemble. Pondéré et pratique, observateur et raisonnable, fort peu lyrique et nullement mystique, épris de clarté, de précision et d'ordre; moins inventif qu'ingénieux et subtil ; foncièrement logicien, féru d'analyse et de dialectique, enclin aux systématisations et aux sopbismes, prompt à codifier des théories et à fixer des règles, le génie hellène devait nécessairement se manifester en architecture par une disposition à progresser par perfectionnements graduels, plutôt que par innovations ; à rechercher les méthodes rationnelles, les procédés économiques, les ordonnances appropriées à la destination, les conformations expressives de la structure et de la fonction; à se plaire aux raffinements et aux arrangements harmonieux, avec une tendance au purisme, à la froideur et à la formule1.

Cependant le développement de ces tendances générales devait être différent, — aiguillé du côté des etfets de force et de dignité ou, au contraire, vers ceux de grâce et de richesse, — suivant qu'en l'occurrence dominerait le tempérament dorien ou ionien. La rencontre de l'un et de l'autre en ce carrefour de l'Hellade qu'était Athènes, prédestinait l'architecture attique à un style à la fois complexe et pur : de fait, au temps de sa maturité, elle partagea sa faveur entre le mode dorique et l'ionique jusqu'à les associer en un même édifice, et elle créa la formule classique de tous deux, en corrigeant la simplicité du premier par un peu de l'élégance du second et inversement.

LES CONDITIONS TECHNIQUES

Notons enfin que l'accomplissement de la vocation architecturale de la Grèce fui facilité par la possession de moyens d'exécution singulièrement

' La suite de noire exposé mettra en évidence ce tempérament esthétique. Dés maintenant nous signalerons, comme une de ses manifestations typiques, l'admirable précision qui distingue les devis qui nous sont parvenus : les moindres détails y sont cotés avec un soin minutieux. D'ailleurs, la mention qu'ils l'ont de « modèles » (paradeigma) semble indiquer qu'on prenait la précaution d'exécuter des maquettes.

Notons encore, comme un trait caractéristique, le goût marqué des architectes hellènes pour les spéculations théoriques ; il est attesté par la rédaction de mémoires relatifs à des entreprises personnelles ou de traités généraux.

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perfectionnés par rapport à ceux dont disposaient les écoles précédemment envisagées. Outre qu'il bénéficia des spéculations mathématiques auxquelles de bonne heure les Grecs s'adonnèrent avec passion, il tira encore avantage des progrès de la métallurgie qui munirent les tailleurs de pierre et les sculpteurs d'un outillage pratique et il eut à son service une machinerie élévatoire relativement puissante, permettanl une manutention rapide el sûre des matériaux1.

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