I. Em-einle de Gorlvs. - ll-IV. Portes de Mcssène
La fortification grecque était relativement savante : elle ne se bornait pas à élever de solides remparts munis de créneaux et de meurtrières, avec chemins de ronde — parfois couverts — sur leur crête, ou en balcon sur leur face intérieure ; à multiplier les enceintes et à creuser des fossés : elle pratiquait, en outre, les tracés à crémaillère et en dents de scie, le flanquement des murailles par des tours généralement carrées, parfois polygonales ou rondes, et la défense des portes par la projection de bastions ou par un dispositif à chicane KiS).
L'habitation.
Sans réaliser le confort, le programme de la maison grecque — tel que nous le révèlent, au terme de son développement, les ruines de Priène, de Délos, de Théra convenait au climat et aux mœurs : car il assurait à la fois celle jouissance du plein air, de l'ombre et de la fraîcheur que font désirer la sérénité, la chaleur et la luminosité du ciel méditerranéen, et celle intimité de la vie domestique, celle demi-reclusion
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de la femme que comportait une civilisation apparentée dans une certaine mesure à celles de l'Orient (169
La clef de toute distribution était une cour en bordure de laquelle se trouvaient les différents locaux, généralement séparés d'elle par un portique sur lequel ils prenaienl un jour atténué et qui, par lui-même, constituait un appartement extérieur ombreux et aéré ; les pièces étaient hautes — à Délos elles atteignent généralement cinq et six mètres; la toit ure était la plupart du temps une terrasse propice au repos nocturne pendant la saison chaude : le sol était dallé ou revêtu d'une mosaïque. Des citernes souterraines recueillaient les eaux de pluie.
Toutes précautions étaient prises pour isoler la demeure du dehors et établir, à l'intérieur, une séparation nette entre la partie affectée à la vie de relation (andronitis) et celle réservée à la vie privée (gynaikonitis). D'ordinaire, la façade n'avait point d'autre ouverture que celle de la porte ; était-elle percée de baies, celles-ci étaient petites et haut placées. L'entrée était généralement modeste et étroite, parfois cependant dotée d'un petit porche (prothyron). Elle donnait accès dans un couloir sur lequel s'ouvrait la logette du portier et qui, chez les riches, s'élargissait
pour former un vestibule (thyrôreion) . La pièce principale de la maison — dénommée « oikos » — , celle où l'on entretenail le foyer domestique et qui servail de salle à manger el de salon, était située au nord de la cour, de manière à profiter du soleil en hiver. C'était un local de dimensions parfois considérables qui prenait jour soit par la porte seule, soit par deux fenêtres percées de part et d'autre de celle-ci, soit par une triple entrée. Parfois, il était précédé d'un vestibule ouvert, défini par deux têtes de mur et des colonnes prostas, prodomos). Par contre, les chambres à coucher (Ihalainos étaient petites et sombres. Un jardinet complétait certaines distributions. Communément, l'élévation comportait au moins un étage, accessible par des escaliers en bois ou en pierre.
Le grand défaut du logis grec était le voisinage en une même cour des appartements de maître, des cuisines, des communs, des logements d'esclaves.