Le théâtre d'Epidaure
par des sortes d'avant-corps à usage de coulisses, qu'on appelait « paraskénia » (170, 177).
Souvent le plan d'un théâtre comportait, à l'extérieur, des portiques fort appréciés en cas d'ondée.
1 Si l'on choisit comme exemple le mieux conservé et, au dire de Pausanias, le mieux réussi des théâtres grecs, celui d'Epidaure, on fait les constatations suivantes : le Koilon comptait cinquante-cinq gradins, dont le dernier était à 2i)u\56 au-dessus du sol de l'orchestre. a près de 59 mètres du centre de celui-ci et, au milieu de la courbe, à près de 70 de la scène ! Derrière le trente-quatrième, à l'altitude de 11™, 52, régnait un passage large de lm,'J0. L'orchestre proprement dit, en terre battue, défini par une bordure de pierre large de 38 centimètres et séparé de la courbe intérieure du Koilon par un caniveau mesurant 2m,10 de bord à bord, révèle un diamètre de Hi"',5i. Enfin l'estrade, longue de 22m.0(i entre les paraskénia, est à 3m,53 au-dessus de l'orchestre. L'acoustique est excellente.
270 l'architecture ÉGÉENNE HELLÉNIQUE
L'essentiel de l'ordonnance du théâtre grec se retrouvait dans le dispositif de trois édifices de destination analogue : Yodeion, qui était affecté aux auditions musicales, le stade et Y hippodrome qui servaient, le premier pour le spectacle des jeux, le second pour celui de courses de chars.
l/odeion ne différait d'un théâtre qu'en ce qu'il était plus petit et couvert.
Le stade se composait d'une piste droite, longue de 185 mètres — mesure d'une unité métrique de 600 pieds — , large d'une trentaine, et d'un théâtron qui s'élevait en gradins de part et d'autre, couronné parfois — il en était ainsi à Messène, à Priène, à Aphrodisias — par un promenoir sous portique. Tantôt — par exemple à Olympie et à Epidaure — le plan était rectangulaire et il n'y avait de sièges que sur les deux longs côtés ; tantôt un des petits était arrondi et les rangées de degrés se rejoignaient autour de lui ; il en était ainsi à Athènes et à Delphes ; ou bien, comme à Aphrodisias et à Laodieée, c'était les deux, auquel cas l'édifice recevait la dénomination d'amphithéâtre.
Quant à Y hippodrome, il n'était rien d'autre qu'un grand stade avec, sur la piste, des installations pour le départ et le virage des chars1.
PROGRAMMES RELIGIEUX
Le temple.
Selon la conception ordinaire de l'ancien Orient, un temple grec était proprement le logis, le pied-à-terre d'une divinité où celle-ci, réellement présente sous l'espèce d'une statue, recevait hommages et offrandes. Cependant il se distinguait des hôtels divins que nous avons visites jusqu'à présent, par une simplicité de plan et par une médiocrité de proportions2 qui s'expliquent à la fois par le peu de développement du culte, par son caractère fermé et par l'obstacle que faisaient à la conception de vastes programmes les conditions économiques et sociales de la production architecturale et les tendances esthétiques de la race3.
De même que le dieu grec était ligure a l'image de l'homme, de même sa demeure était imitée de la partie affectée aux réceptions dans une
1 Cf. le cirque romain. (Livre IH, 2e partie, p. 461). s Cf., pour les dimensions, le chapitre v, p. 316. ■ Cf. p. 259.
I'KOIJKAMMKS RKUUEUX.
maison grecque. Comme il convenait, on avait pris modèle sur ce qu'il y avait de mieux dans le genre, sur le mégaron du palais mycénien, par rapport auquel la filiation du temple hellénique apparaîl évidente et directe : aussi bien, dans les cités affranchies, la souveraineté des dieux avait-elle remplacé celle des rois.
176. — Le théâtre d'Aspendos vu de l'Acropole. Dessin de Niemann. (D'après Lanckoronçky , Stâdte Pamphyliens.)
L'essentiel d'un temple se réduisait à une salle (naos, sékos, adyton, cella , au fond de laquelle se trouvait l'effigie divine, parfois en une place isolée par une balustrade, dont on distingue encore les traces dans les temples de /eus à Olympie et d'Athéna Polias à Priène.
Pour mobilier, un autel, des tables, des instruments cultuels et des objets de prix, offrandes propitiatoires ou votives Les cryptes étaient exceptionnelles1.
Comme exemples on peut citer celles cpii lurent excavées, à Athènes, sous le sanctuaire de Poséidon dans l'Erechthéion ; à Épidaure, sous la « tholos » ; à .Kzani, sous le temple de Zeus.