I. ARCHITECTURE EGEENNE HELLENImI'E
Le naos dessinail un parallélogramme, généralement allongé. Presque toujours, il était orienté d'esl en ouest, l'entrée étant au levant. C'était une règle qu'il surmontai une krépis, c'est-à-dire un socle à lui concentrique, [tins ou moins élevé, sur plan rectangulaire, dont la plate-forme débordait sa base et dont les faces étaient profilées normalement en gradins, rarement d'aplomb : l'ascension se faisait soit par les degrés
J77. — La scène du théâtre d'Aspendos. (Restauration de Niemann). (D'après Lanckoronsky, op. ci/ )
mêmes «lu soubassement soit, quand ils étaient trop élevés, par un escalier ou, ce qui était de mode dans le, Péloponnèse, par une rampe, l'un et l'autre ménagés sur le côté oriental (214).
Cependant ce programme élémentaire, dont on peut citer comme exemples de réalisation un temple de Démêler à Gaggera,près Sélinonte (178, i), et le plus ancien sanctuaire d'Apollon, sur le mont Kynthos à Délos, fut l'objet de divers développements en plan et en élévation.
Et d'abord, presque toujours, conformément aux exigences d'une représentation bien entendue, l'accès du sanctuaire fut retardé par
LES PROGRAMMES RELIGIEUX
l'addition d'un vestibule, appelé pronaos ou prodomos. L'ordonnance en était variable. La plupart du temps, elle résultait d'un prolongement des murs longitudinaux du naos. Parfois, ceux-ci se retournaient d'équerre, pour délimiter une salle close, accessible par une porte, comme cela se voit en plusieurs temples de Sélinonte1 (178, h). Plus souvent, — dans ce ras ; l'édifice est dénommé in antis, — le vestibule était ouvert sur le devant, défini de ce coté par des colonnes soutiens de son plafond et par des grilles : le temple de Tbémis à Rhammus en offre un exemple. Ce type
US. — Les variantes du pronaos.
I. Temple de Démêler à Gaggera. — II. Temple C à Sélinonte. — III. Artémision de Magnésie du Méandre. — IV. Temple « d'Empédocle ». — V. Temple d'Athéna Xiké. — VI. DidymeiOn. — VII. Grand temple de Sélinonte. VIII. — Sanctuaire des Kabyres à Samotliraee.
de pronaos était susceptible d'un développement longitudinal, dont F Artémision de Magnésie du Méandre (178, m), celui d'Épbèse (215, î) et le temple d'Apollon à Didymes (178, vi) donnent une idée. Souvent — dans ce cas, le temple était dit prostyle — les murs latéraux du pronaos étaient plus ou moins raccourcis, la partie supprimée étant remplacée par un ou plusieurs soutiens isolés : cela se remarque par exemple au petit « temple d'Empédocle » à Sélinonte (178, iv). Même il n'était pas rare que les éperons fissent totalement défaut et que le porche fût un portique : il en est ainsi au temple d'Athéna Niké à Athènes (178, v; 164), au sanctuaire d'Athéna à l'Erechthéion (179, n ; 165). Parfois encore le vestibule était
1 Cf. les temples C. et S.
L ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE
double, le pronaos étant comme précédé d'une sorte de porche extérieur sur colonnes1. Enlin, il arrivait que le vestibule fûl doublé d'une sorte d'antichambre : c'est ainsi qu'au temple de Didymes, le pronaos était séparé du naos — d'ailleurs à ciel ouvert — par une salle d'attente à l'usage des dévots qui venaient consulter l'oracle d'Apollon (178, vi).
Quelques temples axaient leur naos divisé en plusieurs salles : celle complication2 était sans doute commandée, en de certains édifices, par la coexistence dedeux cultes d'une même divinité envisagée sous des faces
ÏH
179. — Diverses réalisations d'un programme de temple commun à plusieurs divinités.
I. Premier temple d'Athéna sur l'acropole athénienne. — II. Temple C ù Sélinonte. — III. Parlhcnon.