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Types de fondations

I, 11. Le MOlroon à Olympie. — 11! Fonialions du premier temple d'Alhéna sur l'acropole athénienne. IV. La krépis du temple de Phigalie.

que les Égyptiens. D'une manière générale ils voulaient une assiette sûre, autant que possible celle du roc. et ils descendaient les substructions aussi bas que besoin était. Toutefois, sur ce point comme sur tous les autres, leur pratique était rationnelle, en accord à la fois avec la tournure logique de leur tempérament et avec la nécessité où ils se trouvaient d'économiser l'effort. Presque toujours, ils ne fouillaient pas uniformément toute l'étendue que devait occuper l'édifice, mais seulement les régions mauvaises ou douteuses1. Dans le cas d'un terrain humide, les

1 Ainsi à llléracon d'Olympie : vois l'est, où le sous-sol est de sable, la maçonnerie sousjacente à l'édifice se réduit à la hauteur d'une assise: ell^smesure 2m,60 vers l'ouest où le fond est de galets et d'alluvions. [)<■ même au Parthénon : l'angle nord-est du soubassement porte directement sur le roc, tandis que sous celui <lu sud-ouest on a descendu des substructions jusqu'à 10'", Tt de profondeur.

Grecs commençaient par établir un radier : celui qui supportait l'Ailémision d'Ephèse était constitué par un lit de charbon épais de 7 centimètres environ, serré entre deux couches de mortier. Ajoutons que souvent la fondation proprement dite était strictement localisée sous les murs et les colonnes, les intervalles étant bouchés au moyen de remplissages ; même on était assez enclin à se contenter d'un blocage fruste de moellons ou de pierrailles lié par un mortier de terre1 (202, m). Il convient de considérer comme un second fondement à ciel ouvert, Je massif de la krépis, véritable socle du temple (2i\2, îv).

Liaisonnement des matériaux. — Cependant, au jugement du constructeur grec, rien ne valait une étroite liaison des matériaux. Celle-ci, pas plus que ses aînés d'Egypte, il ne la demandait au pouvoir agglutinant d'un mortier; il préférait l'obtenir en réalisant les trois causes d'adhérence que peuvent constituer : en premier lieu, un contact aussi absolu que possible des blocs jointi/s ; en second, leur union du fait d'assemblages ; enfin, leur suture par des attaches.

Le succès du premier de ces moyens a pour conditions deux perfections, celle de la taille des pierres et celle de leur mise en place. Nous avons noté plus haut2 les soins minutieux que les Grecs donnaient à l'une et l'autre de ces opérations. Les résultats obtenus, chaque fois que les programmes comportaient des ressources suffisantes, furent magniliques : au Parthénon, les blocs qui composent le soubassement de l'édifice sont si parfaitement ajustés qu'aujourd'hui encore on a souvent quelque peine à distinguer les joints.

Le second système, dont les Grecs usaient volontiers, consistait dans l'application à l'appareil lapidaire de procédés propres à la charpenterie, voire à la menuiserie, tels qu encastrement par languettes et rainures, emboîtement par tenons et mortaises, serrage par traverses coudées à leurs extrémités (203).

Enfin, rien n'est plus caractéristique de la construction grecque que son parti pris — notable à toutes les époques, mais surtout à partir de la classique — d'assurer la cohésion des éléments de la bâtisse par l'emploi

' Exception doit être laite pour le Parthénon, dont la substrueture est massive et faite de pierres appareillées. Dans un frayaient de devis pour les fondations d'un temple dans l'île de Lesbos. publié par Choisy (blucles, p. 228). il est stipulé : « S'il y a des parties molles dans le sol destiné à recevoir la fondation, l'entrepreneur décapera, pour faire place à la pierre grossière... ».

* Cf. p. 289-291.

L ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE

en grand d'attaches diverses travaillant à maintenir, les unes la position respective de deux assises superposées, les autres le contact de deux blocs juxtaposés. Les premières étaient des pièces, d'ordinaire prismatiques ou cylindriques, engagées par moitié dans les deux pierres jointives (204, i-iv, vij.On les faisait tantôt de bois dur, de frêne, d'olivier que

parfois on enduisait de poix', plus souvent de fer, exceptionnellement de bronze. Leur usage était tout particulièrement indiqué pour les dalles de la corniche rampante des frontons, exposées au glissement, et pour les tambours des colonnes qui, en des pays sujets aux tremblements de terre, couraient le double risque de déplacements latéraux et de pivotements qui auraient détruit la correspondance des cannelures. Ou se prémunissait contre ce péril, eu évidant aucenlre des deux plans jointifs un trou de section quadrangulaire dans lequel se logeait une bille de bois ou un bloc de métal faisant fonction d'axe et que sa conformation empêchait de tourner (204, ix, xi)ou, mieux encore, en disposant, comme cela se voit par exemple à l'Olympieion d'Athènes, deux ou quatre de ces chevilles (204, x). Il est remarquable que pour ainsi dire jamais le tambour inférieur d'un soutien dorique n'est scellé au stylobate2.

Les agrafes dont la construction grecque n'était rien moins que ménagère, étaient conformées de façons diverses, soit en queue d'aronde, soit en crampon, soit en double T, soit encore en Z (204, v, vin).

Comme les tenons, elles étaient scellées au plomb, en vue à la fois de les immobiliser dans leur logement et de leur constituer une défense contre l'oxydation. Quand il s'agissait de jonction de deux assises, le pro-

Appareil à assemblages.

I. Parthénon (plafond du péristyle). — II. Parlhénon (frise). — III. Architrave du temple d'Aphaia à Eginc. — IV. Did\ meion.

1 C'était la mode en Sicile et il en fut ainsi pour les colonnes du Parthénon. * Comme exceptions, on peut citer les colonnes du temple d'Héraklès à Agrigente. celles du temple d'Atliéna à Pergame.

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