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L'entre-colonnenient dans l'ordre dorique

A. Artérnision à Syracuse. — B. Temple de Poséidon à Pœstum. — C. Temple R à Sélinonte. — D. Temple de Zeus à Olympie. — E. Partliénon. — F. Théseion. — G. Temple de Némésis à Rhamnus.

Ségeste, de la Concorde à Agrigente, Partliénon) ; de 1 à 1 1/2 (temple d'Apollon à Sélinonte,

partie récente : temple de Phigalie, Asklépieion d'Epidaure) : de 1 à 1 2/3 (Théseion, temple d'rLgine, temple D de Sélinonte), celle de 1 à 1 3/4, adoptée pour le temple de Zeus à Olympie, est exceptionnelle; de même que cjlle de 1 à 2 1/3, choisie pour la travée centrale des Propylées d'Athènes (22 i).

Le vide est, pour 100 de diamètre, de

0,70 Temple d'Artémis à Syracuse.

1,15 Corintlie, T. de Poséidon à Pœstum,

1,24 Propylées d'Athènes, travées moyennes.

1,27 Partliénon, Némée.

1,50 Sélinonte G (parties récentes).

1,61 Théseion.

1,73 Olympie, temple de Zeus.

1,85 Olympie, Héraeon.

2,39 Propylées d'Athènes, travée centrale.

1 Cf. p. 325, note 2.

■ Cf. p. 344.

Voici quelques exemples de façades (les mesures prises d'axe en axe de colonnes) :

Sélinonte Temple C : 4,25 — 4.46 — 4,54 — 4,46—4,25. Partliénon 3,71 —4.26— 4.32— 4,?2 — 4,32 - 4,32 — 4,26 -3.71.

! L'ordonnance, d'ailleurs à tous égards exceptionnelle, de l'Olympieion d'Agrigente comportait la continuation, sur le lût des colonnes engagées, de la mouluration qui régnait sur le mur. Comme exemple de l'époque hellénistique, on peut citer les colonnes du temple de Dionysos à Pergame.

l. ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE

déterminées comme elles par une tendance à réduire de plus en plus le lot des parties hautes : alors que le vic siècle attribuait au chapiteau au moins l/8e de l'altitude totale du soutien, le ve lui en donnait seulement le \2 et le ive ne lui accordait pas plus de J 21" [ (224 .

~J"2l'i. — L'ordre du Parthénon. Restitution de Daumet. (D'après d'Èspouy, op. ci/.)

Ce faisant, l'architecture cédait à un mouvement général qui entraîna la sculpture contemporaine à diminuer dans l'image de l'homme la part de la tête.

Il en est de même pour la coniçité du lût : l'inclinaison du parement par rapport à la verticale varie, par mètre de hauteur, de trois a deux

1 Voici quelques rapports de la hauteur du chapiteau a celle de la colonne :

Corinthe : celui de 100 à 780 i Parthénon : celui de .... 100a 1212

Sélinonte, C : - — a 820 Némée : —....— à 2 73?

Ségeste : - — à 1)40 Pergame. T. de Dionysos .... — à 3 000

Tliésiion : — — à 1 125

centimètres, suivant que l'exemplaire envisage est antérieur ou non au Ve siècle.

Le fût était sillonné de cannelures dont le nombre était, ordinairement, de 20; parfois, surtout à l'époque primitive, de 16 ; rarement de 12, IN, 24 ou 28. Le tracé de leur section était calculé en vue d'accentuer le contraste du clair et de l'obscur, opposant à des arêtes vives des courbes elliptiques, relativement profondes, parfois creusées vers leurs exl rémités (226, ni). Le raffinement de plastique que constituaient les cannelures tendait à deux fins : en même temps qu'il donnait du corps à la colonne qui, sous une forme unie, aurait été connue mangée par l'éclat de la lumière, il accusait énergiqueinent sa fonction de soutien, en niulli-

Détails de la conformation de la colonne dorique.

I. Gorgerin (Temple de Démêler à Pœstum). — 11. Passage du fût au chapiteau [Parlhénon). — 111. Section d'une cannelure au sommet et a la base du fût ibid. . — IV. Annelets du lui Temple de Phigalie). — V. Annelets de l'échiné (Parthénon). — VI. Id. (Olympie).

pliant les indices de verticalité. Avide de nouveauté, l'époque hellénistique imagina parfois soit de remplacer les cannelures par des facettes — le portique tétragone et des maisons de Délos en ollrenl des exemples contemporains du 11e siècle, soit — comme elle lit à Délos ou au temple d'Atbéna Polias à Pergame, de créer en les confinant aux deux extrémités du fût, un aspect qui aurait éveillé chez les Grecs du vie et du ve siècle l'idée d'un ravalement inachevé et qui nous donne celle d'un soutien normal, en partie masqué par un fourreau.

Le chapiteau était bien conformé en vue de la manifestation de son double rôle d'intermédiaire constructif concentrant la charge de l'architrave sur la tête «lu fût et d'intermédiaire plastique ménageant une transition entre les aspects plans et anguleux du premier de ces membres et les rondeurs de l'autre. Il se composait, en effet, d'un élément supérieur, une tablette carrée dite abaque et d'un inférieur, dénommé échine, façonné primitivement en disque à tranche courbe, comme on en voit de figurés sur les vases peints, plus tard en coussin tronconique plus ou moins renflé. Mus par le désir, que nous observerons

constamment en cette partie de notre étude, de mettre en évidence la fonction d'un organe, les Grecs s'efforcèrent de disputer la silhouette du chapiteau à la confusion des aspects dont le menaçait sa position dans une pénombre. Reprenant le principe dont les cannelures étaient une première application, ils imaginèrent de distinguer l'échiné du fût, en

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Evolution de la plastique du chapiteau dorique et de l'aplomb de l'archilrave

par rapport au fût.

1. Temple archaïque à Tirynthe. — II. Temple cl i L Cliiesa di Sansone à Métaponte. — III. Tem]ile de Poséidon

a Pœslum. — IV. Parlhénon. — V. Palais à Palatitza. — VI. Chapiteau de Délos.

A. Temple de Poséidon à Paestum. — B. Temple de Pliigalie. — C. Temple d'Aphaia à Egine. — D. Temple

de Némée.

marquant la fin de celui-ci et la naissance de celle-là au moyen d'un collier de rainures horizontales dites annelets (22G, u, iv-vi; 225,227) : en outre, l'école primitive, spécialement en Italie et en Sicile, recourait volontiers à un refouillement du col du tronc, connu sous le nom de gorgerin et que l'ère classique rejeta 22(i, i; 227, i, n).

Le profil du chapiteau dorique varia suivant les époques, affecté qu'il fut par une évolution parallèle a celle que nous avons notée à propos de

1 ensemble de la colonne, et de même direction {221, i-vi). Sous sa forme primitive, il débordait excessivement le fût aussi bien que l'architrave, la pente de l'échiné par rapport au plan de la tète du tronc ne dépassant pas une trentaine de degrés ; dès le début du vie siècle, sa saillie se trouvait sensiblement réduite ; dans la première moitié du ve siècle — à preuve Tordre du temple de Poséidon à Paestum ou celui du temple de Zeus à Olympie — la valeur de l'inclinaison de l'échiné s'élevait déjà à une quarantaine de degrés ; l'école attique de la grande époque ouvrit l'angle jusqu'aux environs de 4o° et l'époque hellénistique poussa jusqu'à 50° et 55°. Les dimensions horizontales de l'abaque ayant été, de tout temps, commandées par celles de Féchine, qu'il dépassait à peine, les innovations que nous venons de définir réduisirent progressivement ■ — pour le plus grand bénéfice de l'effet — le débordement de la tablette en avant de l'architrave. Le changement devait être d'autant plus sensible que le parement antérieur de l'entablement, d'abord maintenu à l'aplomb de la face antérieure du col du tronc, fut, dès le début du ve siècle, avancé en surplomb (227, a-d). En môme temps se modifiaient, entraînées par le même mouvement, la courbe de l'échiné et l'épaisseur de l'abaque : la première, d'abord un peu lâche et même molle, se tendit de plus en plus, tandis que la seconde, après avoir été un peu supérieure à celle du coussin, n'en égalait plus, dès Je ve siècle, que les cinq sixièmes, voire les cinq septièmes (227, i-vi).

L'entablement. — L'ordonnance de l'entablement dorique n'était rien d'autre qu'une reprise en mineur, avec quelques variantes, du thème général de V ordre : aux trois étages de celui-ci correspondaient les trois zones qu'elle superposait : au stylobate l'architrave, à la colonnade la frise, à l'entablement la corniche (222).

La faible saillie d'un étroit bandeau, redoublé à l'aplomb de chaque triglyphe, distinguait, dans l'ensemble de l'entablement, l'individualité de l'architrave.

Par la simplicité et la franchise de sa conformation en parallélipipède à faces nues et à arêtes vives, ce membre se trouvait doté d'un caractère de robustesse et de sévérité qui convenait à la nature et à l'importance de son travail. D'abord égal à la frise, ce fut à ses dépens que s'accomplit,

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à partir du vp siècle, la diminution de la hauteur de l'entablement que nous avons signalée plus haut. Gela aboutit à un excès qui, en réduisant l'apparence de solidité impliquée par le rôle capital de cette poutre, constitua une infraction à la loi d'harmonie régulatrice de l'architecture hellène.

La frise développait — réel ou simulé, selon que la forme était constructive ou non1 — un front de portique aveugle, par l'alternance de piliers — les triglyphes, et de niches — les métopes. Aussi bien, la plastique des premiers visait-elle à éveiller l'idée de soutiens isolés : leur face était striée de « canaux » verticaux, exact équivalent des cannelures des colonnes, et leur sommet présentait un bandeau saillant qui rappelait d'autant mieux l'abaque du chapiteau que, par suite d'un abatage partiel des arêtes du dé. les angles supérieurs de celui-ci surplombaient (203, ii : 22o. 258). Gomme tous les éléments de l'ordre dorique, les triglyphes gagnèrent de la sveltesse à mesure que l'architecture grecque s'éloignait de ses débuts : d'abord presque cubiques, ils étaient, à l'époque classique, une fois plus haut que larges.

L'arrangement de la frise posait un problème difficile. En raison de leur apparence de soutiens isolés, les triglyphes avaient leur place marquée : d'abord à l'aplomb de chaque colonne et à l'extrémité de chaque façade, pour simuler le support de l'angle de la corniche, ensuite à milongueur des architraves. Or. le triglyphe angulaire se trouvant nécessairement en dehors de l'axe de la dernière colonne, la dernière métope aurait dû être plus large que les autres (228, a, b). Disgracieux en soi, cet allongement aurait introduit dans l'harmonie de la frise une fâcheuse dissonance.

Les Grecs se tirèrent d'affaire par l'artifice d'une contraction du dernier entre-colonnement voire — on l'observe au temple de Poséidon à Paestum — par un rétrécissement des deux derniers, ce qui ménageait mieux le passage. Longtemps il y eut conciliation des exigences opposées de la colonnade et de la frise : tantôt le rapprochement des deux dernières colonnes n'étaitpasce qu'il aurait dû être — ainsi, au temple précité dePœstum, la contraction n'était pas la moitié de ce que commandait la théorie (0m,18 au lieu de 0m,39) ; tantôt, comme au temple de Ségeste, on trichai! sur la relation des triglyphes avec les colonnes (228, c). Plus stricte, l'école classique réduisait le dernier entre -colonnement autant qu'il était

1 Cf. ci-dessus, eh. iv, p. 328, 305 ut fig. 203, h.

nécessaire pour assurer à la l'ois L'égalité des métopes et la correspondance des axes '228, n .

S'agissait-il d'une frise sous portique, la difficulté se compliquait du fait que l'architecte ne pouvait réaliser à la fois la concordance des trifflyphes avec les colonnes et celle des poutres du plafond avec les triglyphes. L'époque archaïque sacrifia la seconde à la première (228, ii,a);

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228. — Le problème de la relation de la frise et fie la colonnade (I) et relui de la relation du solivage du plafond du péristyle, de la frise et de la colonnade (II).

1. La frise ordonnée par rapport à la colonnade (A) ; par rapport à la plastique du monument (B) ; solution

aux dépens de la régularité de la frise (C) ; aux dépens de la régularité de la colonnade (D).

IL Correspondance du solivage et de la frise (A): de la frise et de la colonnade (E!) ; id. avec suppression

delà plus grande partie des Iriglyphes (C) ; id. avec suppression totale (D).

le ve siècle procéda à l'inverse (228, h, b). Il n'y avait qu'un moyen d'éviter l'apparence de porte à faux, désagréable à l'œil autant que pénible h l'esprit, que prenaient, suivant les cas, les triglyphes ou les poutres : c'était de supprimer les premiers. Il fut employé au Parthénoti avec une certaine réserve, que marque la conservation illogique, au bas de la frise, des tablettes et des gouttes sous-jacentes au dé (228, n, c); par contre, au Théseion. l'application du remède fut radicale 228, n, d).

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