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I. ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE

ordinaire, la seconde conformée en un haut tambour cylindrique ou tronconique (23i, iv, v). Au point de vue de la plastique secondaire de leur masse, on distingue trois sortes de bases : celle dont le profil ne comporte qu un nombre restreint de mouvements et dont l'élément dominant est une ample courbe alternativement convexe tore! et concave (cavet) — elle eut la faveur de l'Attique an V siècle 234, v-x) ; celle qu'affectionna A Plonie au ive siècle comme au vie et qui multiplie

les accidents 23i. m-vi); celle que préféra la Grèce propre, au ive siècle, el qui, réduisant le rôle du tore, comporte des ressauts anguleux el des concavités largement ouvertes (234, xi-xiv).

(loin nie le dorique, le fût ionique est conique et galbé, mais dans de bien moindres proportions \ d'autant moins pour l'œil qu'aux deux bouts il s'évase légèrement eu un bourrelet, dénommé aslragalc, dont la fonction utile est d'élargir la section portante et la section portée du tronc, et le rôle esthétique de ménager une transition vers la base et le chapiteau.

Primitivement lisse, comme l'indiquent le fragment découvert à Napée et les restes de l'Héraeon de

A. Temple d'ALhéua Niké. , . „A . . , . , . ,

— b. Temple d'Artpmis La- oamos, le lut ionique lut, de honne heure, cannelé

phria àMessène. — C. Olym- 1 1 • • i 1 ■ ir -

pieion ;t Aiiiènes. comme le donquej mais avec des ilillerences qu ex-

pliquent sa stature plus svelle et sa tournure plus gracieuse : rainures plus nombreuses — surtout au début - — partant plus étroites ; arêtes d'abord vives, mais planées dès le vi" siècle : seclion du canal incurvée selon le cintre ou l'ovale (237).

La cannelun ionique.

La conformation du chapiteau ionique convenait à sa fonction, comme elle satisfaisait aux exigences de l'effet; car, en même temps que le développement de sa niasse en longueur réalisait ou simulait — suivant qu'il étail chargé sur toute sa surface 231). ix, xvn) ou que L'interposition d'une tablette centrale dégageait ses extrémités (238] — un utile soulagement des architraves, son modelé ménageait une heureuse transition entre

' Conicité des fûts :

Samos, 0,042 par mèlre.

Alliéna Niké, 0,021 par mèlre.

Didymeion, 0,021 par mètre.

Erechthéiou, nord, 0,0 I 7 par mètre.

Propylées, 0,016 par mèlri Aezani, o.oij!i par mètre.

- On en compte 4u au temple d'Ephèse, 44 à la colonne des Naxiens à Delphes ; le nombre de 24 était île règle au ve siècle, celui de 20 au iv8.

les plats et les arêtes de l'entablement, d'une part, et, de l'autre, les rondeurs du fût. En effet, son type achevé associe deux parties d'apparence plane et anguleuse et deux dont l'aspect est courbe.

Sur une échine de forme sphéroïdale est posé un plateau dont le plan

238. — L'ordre du temple d'Athéna Polias, à Prient Restauration de A. Thomas [op cit.).

est rectangulaire et les tranches longues dressées d'aplomb, mais dont chaque extrémité s'enroule en une volute génératrice de l'apparence d'un cylindre ou de celle d'une spirale, selon qu'elle est vue de face ou de coté; le tout est couronné par un abaque quadrangulaire (229; 236; 238; 244).

Un classement chronologique des diverses formes qu'à revêtues le chapiteau' ionique permet à la fois de discerner ses origines et de rendre

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compte des particularités de sa plastique, dont la formule classique est un hybride de deux ordres différents.

Primitivement, il ne comportait que la partie supérieure, plateau et volutes. Il en existait, d'ailleurs, deux variantes, l'une et l'autre originaires de l'Ionie continentale et insulaire.

Une première, dont des exemples ont été découverts à Néandria et, dans l'île de Lesbos, a Napée, à Messa, à Mitylène, constituait le sommier constructif en sculptant dans un bloc oblong une image très stvlisée de fleur, où deux sépales divergents et involutés encadraient un bouquet de pétales disposés en palmette (239, i, n).

Ce type, riche et de grand effet, mais d'exécution relativement difficile, était concurrencé par un autre — des spécimens très caractérisés en ont été trouvés à Délos et à Athènes — qui n'en était qu'une imitation économique et qui, au point de vue constructif, lui était supérieur. G'étail un parallélipipède oblong dont les deux tranches étroites offraient une rondeur de cylindre — on les dénomme coussinet* — tandis que, sur chaque face longue, un trait gravé ou peint simulait l'enroulement d'une volute (239, vm, ix, x).

Ces très heureux arrangements ne nous sont rien moins qu'inconnus: nous les avons rencontrés en Egypte, en Assvrie, en Phénicie, chez les Hittites de Cappadoce1 (239, iv-vu, xi-xm) : fécondés par le génie hellène, ils devaient donner naissance à deux chefs-d'œuvre de la plastique architecturale : les chapiteaux ionique et corinthien2.

Cependant, à la même époque, la faveur de l'architecture ionienne allait aussi à un chapiteau façonné en corbeille de folioles ou en campanule, dont nous parlerons bientôt3. Au cours du vie siècle, on imagina de poser sur lui la sous-poutre assez rustique que nous avons décrite en dernier lieu et par rapport à laquelle il assuma le rôle de coussin ou d'échiné. Seulement, le sommier perdit de sa hauteur jusqu'à prendre l'aspect d'un plateau largement débordé par -la corbeille. La réalité et la modalité de cette alliance nous sont révélées par la conformation très caractéristique de plusieurs chapiteaux provenant de Délos, de l'Acropole d'Athènes, de ceux du premier Artémision d'Ephèse, de celui de la colonne des Naxiens à Delphes, etc. (239, xiv-xvn).

1 Cl', fig. :;:;. 89, i. 9S, vu, III J Cf. p. 3Go-36S.

:! Cf p. 362.

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2I!9. — Origines du cliapiteau ioniiiuo.

I. Cliapiteau de Messa (Lesbos). — II. de Néandria (Reslaur. peu vraisemblable de Koldewey). — III. de la palestre à Olympie. — IV, V, Chapiteaux de Chypre. — VI. Ivoire phénicien trouvé à Nimroud. — Vil. Motif égyptien. — VIII. Chapit. trouvé à Délos. — IX. Id. trouvé à Athènes. — X. Chapit. de Termessos (Asie Mineure). — XI. Chap. hittite figuré à Yasili Kaya. — XII. Chap. assyrien. — XIII. Motif phénicien (bronze). — XIV. Chap. archaïque d'Athènes. — XV. Id. de Délos. — XVI. Id. d'Athènes. — XVII. Chap. de la colonne des Naxiens à Delphes.

240. — L'ordre du Bidymeion. Restitution de Pontremôli (op. cit.).

LES ORDRES

Puis vinrent des raffinements. A la sous poutre, déchargée à ses extrémités par l'intercalation d'un abaque entre son dessus à l'aplomb de l'échiné et le dessous de l'entablement, on imprima un aspect aussi élégant qu'expressif de son double rôle d'intermédiaire constructif et plastique, celui d'une lame élastique et flexible. Un premier moyen fut de creuser sur la tranche un « canal » qui, par ailleurs, offrait l'avantage de rappeler les cannelures du fût ; un second fut de susciter l'idée d'un ressort travaillant à la charge par un façonnement de la partie centrale en forme d'arc ouvert vers le haut, comme s'il y avait fléchissement sous la pression, et des extrémités en spirales pendantes, comme si elles étaient entraînées par leur poids (236; 244).

Dans l'ombre portée par l'entablement, la rondeur du coussinet, si on l'avait laissée continue et lisse, aurait constitué une forme molle, voire même incertaine. On ne manqua pas de la modeler, soit en la striant de canaux verticaux, qui rendaient en outre le service de rappeler les cannelures du fût, soit en l'étranglant en forme de balustre, diversement accidenté par des sculptures (164 ; 239, ix,xv, xvi).

Un artifice ingénieux solutionna de façon très élégante la difficulté consécutive au fait qu à l'angle d'un péristyle selon le mode ionique, le dernier chapiteau d'une façade présentait sur celle en équerre un balustre, au lieu des deux volutes réglementaires (241). On imagina de reporter ce balustre gênant sous l'architrave en retour — ce qui donnait, en front, une des deux volutes nécessaires; de façonner à la place qu'il laissait libre une tranche de sous-poutre; enfin, de figurer la deuxième volute sur une sorte de corne en forme de disque vertical, saillant du chapiteau dans le prolongement de la diagonale ; à l'autre extrémité de celle-ci la rencontre des balustres déterminait un angle rentrant. Au début du dernier tiers du ve siècle l'application de cet arrangement aux quatre côtés du chapiteau créa un type nouveau sur plan carré, dont le temple de Phigalie, le théâtre d'Épidaure fournissent

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