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LES MOTIFS

Figures géométriques, images d'objets, de végétaux, d'animaux, formeshumaines, toutes les catégories de motifs utilisables par la décoration,

' On peut prendre, par exemple, connue termes de comparaison, la façade nord de l'Erechtliéion, le temple de Tegée, le Didymeion. le grand autel de Pergame.

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l'architecture grecque les mit à contribution. Considérable aux temps archaïques, la vogue des premières diminua, dès la fin du vie siècle, au profit du genre floral, qui, à son tour, se trouva concurrencé dans une certaine mesure, surtout à partir du iv( siècle, par celui que recrute la nature animée.

V ornement géométrique .

L'ornement géométrique constituait essentiellement le décor courant. 11 ne comportait pas de nombreuses variétés. C'était, dans l'ordre de fréquence d'emploi : un chapelet de perles sphériques ou oblongues séparées par des disques présentés de profil, dont on relevait bandeaux et baguettes (261, xiii.xiv; 263); le méandre, déterminé par les révolutions régulières, d'ordinaire anguleuses mais aussi parfois sinueuses, d'une ligne ou d'une bandelette, quelquefois fractionnées à intervalles égaux, plus souvent continues (261, ix-xi; 248; 252); Ycntrclac, arrangé de diverses façons et qui obtint la faveur du iv° siècle, comme celle du vie siècle 261 . xii, xv ; 255) ; le càhle. la torsade. Le genre géométrique avait également sa place dans l'ornementation couvrante. L'époque arebaïque aima les damiers de carrés ou de rectangles, les enroulements et, à un moindre degré, les chevrons (256) : de tout temps, des groupements de losanges furent à la mode ' ; moindre fut la vogue des arrangements cruciformes ou étoiles (261,xxix) et des semis de disques, comme on en voit à l'Erechthéion, sur l'architrave de la tribune des Caryatides (261 .

L'ornement végétal

G est surtout de la nature végétale que s'inspirait la décoration monumentale grecque. Le motif préféré était la pal/nette, dont la conformation, souvent exquise, était d'utilisation courante pour le façonnement, parfois à très grande échelle, des acrotères. des antéfixes. des crêtes de toiture2 (255, 256, 259), comme aussi pour l'exécution d'un ornement courant sur le champ d'une cymaise, d'une frise d'un bandeau, d'une corniche 261,x\iu-xxiv;2ii; 263); dans ce second cas, elle alternait souvent avec un bouquet de lotus (263). Elle partageait la faveur des Grecs avec une chaîne de folioles tombantes très stylisées et gaufrées en forme, alternativement,

' Cf. à Olympie, le trésor de Gela (iv° siècle), Le Philippeion (vie siècle); à Pergame, le temple de Dionysos (époque hellénistique).

2 Cf. les acrotères du temple d'Egine (239) ; du Leonidaion ;i Olympie; du Trajaneum a Pergame.

EFFETS DE PARURE 381

d'ovales amortis ou effilés, dits oves, et de triangles appelés rais de cœur

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XXVJ]l

261. — Profils et ornements favoris de la décoration hellénique.

I Liste], bandeau. — II. Baguette, tore. — 111. Quart de rond. — IV. Cavet. — V. Scotie. — VI. Talon. — Vil. Doucine. — VIII. Bec de corbin. - IX, X. Grecque. — XI. Méandre. — XII, XV. Enlrelac. - XI1I-X1V. Ferles. —XVI, XIX. Feuillage dorique — XVII. Oves. — XVIII. Uais de cœur. — XX. Lotus et palmette doriques. (Premier temple d'Athéna à Athènes.) — XXI. Lotus (Athéna Niké). — XXII. (Erechthéion). — XXIII. Palmeties {ibid.). — XXIV. Palmette (Priène). — XXV. Rosette archaïque — XXVI. Rosette (Epidaure). — XXVII. Laurier (Didymeion). — XXVIII. Rinceau (Erechthéion). — XXIX. Etoile (Athéna .Niké).

[261, xvii, xvm; 263). En troisième ligne, on peut citer l'image régularisée

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d'une fleur de lotus en boulon ou ouverte : tantôt elle faisait à elle seule — parfois alternativement dressée et pendante — les frais d'un décor courant; tantôt elle liait partie avec la palmette, pour constituer un hybride ou pour ordonner une suite composite (261, xx-xxiv .Vient ensuite la rosette, d'abord simple, avec des pétales en petit nombre et peu ouvragés (261, xxv ; 256), plus tard compliquée par une multiplication des rais et une différenciation des détails de la forme : on l'employait soit en série sur des bandeaux — tel celui qui entoure la porte septentrionale de l'Erechthéion — , soit isolée et réalisée dans d'assez grandes proportions, sur des métopes, comme, par exemple, à la tholos d'Épidaure (261, xxvi).

L'époque hellénistique affectionna encore le rinceau d'acanthe, arrangement pittoresque de tiges, de feuilles, de fleurs et même de fruits de la plante, développée en frise selon une harmonieuse balance d'enroulements et de déroulements (261, xxvm; 243, 252). L'art alexandrin créa la vogue delà guirlande', conçue tantôt comme une tresse un peu lâche d'éléments diversifiés, tantôt comme une sorte de bourrelet continu de feuilles de laurier imbriquées ; à ce second type appartiennent quelques tores de bases et de nombreux coussinets de chapiteaux ioniques2 (261, xxvm; 235, 252). Le mode dorique comportait, en accord avec sa sévérité, l'arrangement plus simple de rangs de feuilles involutées, de forme presque rectangulaire, et l'alignement de folioles lancéolées arrondies du bout (261, xvi, xix).

Le motif animal.

Les aspects du monde animal n'inspirèrent jamais que dans une mesure très restreinte la décoration monumentale grecque. Les plus communément employés furent ceux de la tête de lion pour les gargouilles des chéneaux 225. 236, 257, 260); de la tête du taureau pour des rehauts de frise, de triglvphes ou de balustres de chapiteaux ioniques (243) ; de F avant-train de la bête pour cette dernière fin3 et aussi pour la conformation de corbeaux ' ; de son prolil total pour l'animation d'une joue d'architrave ; '.

' Cf. par exemple, celles que montre, datables du premier tiers du w siècle avant Jésu- Glirist. l'entablement du temple d'Athéna à Pergame.

~ Cf. pour les tores, les colonnades du Didymeion, de Magnésie, de Priène, de Labranda.

:1 Cf. à Ephèse, le temple de Claudius César.

1 Cf. à Délos.

5 Cf. à Assos.

EFFETS DE PARURE

Ajoutons, malgré sa rareté, l'image de \'aigle[ et la représentation, offerte sur l'ancien temple d'Apollon à Delphes, d'un combat de lions, de tau-

262. — Porte du sanctuaire d'Erechthée à L'Erechthéion. (Restitution de Ginain. D'après d'Espouy, op. cit.)

reaux et de cerfs. A cette catégorie se rattachent les formes fantastiques du griffon, fréquemment choisies pour la configuration des acrotères d'angle

' Cf. la frise du portique d'Athéna Polias à Pergame.

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(260), ou pour l'animation du champ d'un chapiteau de pilastre, par l'affrontement de deux monstres, de part et d'autre d'un motif végétal1 (232 .

Le motif humain.

A toutes les époques, la ligure humaine fut un élément essentiel de la parure d'un monument grec.

D'abord et surtout, elle s'adjugea, pour des représentations significatives, ces sortes de niches que constituaient les tympans des frontons et les métopes doriques (213) et les tableaux que développaient les frises (229, 23(i). Les thèmes étaient empruntés à la mythologie, à la légende héroïque, exceptionnellement au culte. Souvent c'était une scène de lutte : lutte des Dieux et des Géants2, des Centaures et des Lapithes3, des Grecs et des Amazones *, des Grecs et des Troyenss, des Grecs et des Perses6; ou encore le sujet d'une assemblée des Dieux7, une histoire divine ou héroïque intéressant particulièrement la cité8, une scène rituelle, comme la procession des Panathénées qui se déroule sur la frise du Pari liénon.

D'autre part, la forme humaine contribuait à la décoration proprement dite, tantôt présentée seule, tantôt associée à des motifs ornementaux C'est ainsi que l'acrotère du faîtage était constituée, au temple d'Égine, par une palmette cantonnée de deux statues féminines (239; ; au temple de Zeus à Olympie, par une Victoire; à Métaponte, par une tête dans un médaillon circulaire; qu'aux angles du fronton de l'Asklépieion d'Épidaure se dressaient des Néréides à cheval (Cf. 163) . Ainsi encore, fréquemment, des images de génies animaient les chapiteaux d'antes ou de pilastres de style ionique ou corinthien9 et il n'était pas exceptionnel, du moins à l'époque

' Cf. aux temples d'Athéna à Priène et d'Apollon à Pergame.

• Cf. les métopes orientales du Parthénon ; la Irise du grand autel de Pergame, la frise septentrionale du trésor des Cnidiens à Delphes.

3 Fronton occidental d'Olympie ; frise occidentale du Théseion (213) ; métopes méridionales du Parthénon ; temple de Phigalie. ..

* Temple de Phigalie, Artémision de Magnésie... 5 Cf. le temple d'Aphaia à Egine.

''■ Cf. les côtés ouest, nord, sud de la frise du temple d'Athéna Niké (164).

7 Cf. détail de la frise du Parthénon; côté oriental de la frise du temple d'Athéna Niké < 164) ; frise du trésor des Cnidiens (163).

8 Ainsi, au fronton oriental du Parthénon, la naissance d'Athéna et, au tympan occidental du même temple, la dispute de la déesse avec Poséidon au sujet du patronage de l'Attique ; au fronton oriental du temple de Zeus à Olympie, les préparatifs de la course de Pélops et d'OEnomaos ; aux métopes septentrionales et méridionales du Théseion, les exploits de Thésée.

9 Cf. le temple d'Ancyre (252), le Didymcion. Cf. encore certaines bases du Didymeion (235).

EFFETS DE l'A RU HE

hellénistique, que de l'œil d'une volute ou encore du flanc d'un balustre de chapiteau ionique saillît une tète en haut relief1.

Motifs divers.

Enfin, la décoration monumentale grecque tirait partie de représen-

263. — Couronnement de mur et tête d'auto de la façade du sanctuaire d'Erechthée à l'Erechthéion. Relevé de J. M. Tétaz. (D'après d'Espouy, op. cit.)

tations d'objets. Ainsi — ■ témoin, par exemple, le grand temple d'OIympie — d'un trépied elle faisait un acrotère d'angle ; elle composait des trophées, tels ceux qui décoraient la balustrade du portique du temple d'Athéna à Pergame (cf. 167); elle sculptait une image de vase dans le creux d'une cannelure, comme cela se voyait au temple de Zeus à Aezani...

Cf. l'ordre de la façade du Didymeion (243)

3iSG L ARCHITECTURE ÉGÉENNE HELLÉNIQUE

LE DÉCOn DE LÀ MAISON

La parure du logis grec était, toutes proportions gardées, à l'image de celle d'un monument. Telle qu'elle nous est révélée par les maisons de l'époque hellénistique découvertes à Délos, à Théra, ta Priène, elle se composait de parties de marbre exposées par les colonnes du péristyle, par les chambranles des portes, quelquefois par les murs, et de revêtements de stuc agrémentés de peintures et d'une ornementation en relief. La gamme de la polychromie se développait d'abord sur une haute plinthe de couleur sombre, brun rouge, rouge foncé, bleu grave ou noire ; puis, sur une zone de panneaux souvent encadrés de bordures, colorés en nuances claires, parfois égayés par des représentations de fleurs — en bouquets ou en guirlandes, ou bien de petites figures: enfin, sur une frise qui était faite de bandeaux rouges et bleus ou jaunes et bruns. Le décor saillant consistait en frises doriques, en corniches, en pilastres, en consoles, enbucranes, en masques. L'effet de couleur était achevé par la bigarrure du pavé, lequel était tantôt un damier de carreaux de marbre divers, tantôt une mosaïque plus ou moins diaprée.

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