LES ARCHITECTURES ÉCLECTIQUES DES CIVILISATIONS PERSE ET ROMAINE
A deux extrémités du monde antique, dans la Perse aehéménide et dans la Rome républicaine et impériale, l'architecture se développa dans des conditions historiques semblables et par des voies analogues accomplit des destinées comparables.
De part et d'autre, elle fut au service d'un peuple naturellement énergique et rude qui, après avoir longtemps végété dans une médiocrité rustique, gagna de haute lutte l'hégémonie de vieilles nations supérieurement policées et, à son tour, fut conquis par leur civilisation.
De même que les Perses, vainqueurs des Mésopotamicns. des Égyptiens et des Ioniens d'Asie Mineure, leur demandèrent des leçons, de même, après avoir triomphé des Etrusques, des Carthaginois, des Grecs et de l'Orient, les Romains se mirent à leur école.
Ainsi, les architectures perse et romaine se ressemblent en ce que toutes deux sont des dérivées; elles ont encore ceci de commun que ni l'une ni l'autre ne tombèrent dans l'imitation servile. D'abord, elles procédèrent non par répétition mécanique d'ensembles mais par emprunt réfléchi d'éléments; de plus, loin de s'inféoder à un modèle unique, elles pratiquèrent une exploitation éclectique de tous les styles dont elles avaient le spectacle et, comme elles avaient du ressort et du tempérament, elles surent réaliser quelques alliages inédits, plusieurs même savoureux; enfin, comme elles participaient nécessairement de la forte individualité des nations qu'elles servaient, elles marquèrent leurs productions d'un caractère propre et les meilleures d'une incontestable originalité.
Ajoutons qu'elles partagent l'honneur d'avoir été à leur tour imitées.
La première architecture de la Perse naquit tard, au commencement du vie siècle avant J. -G., et sa carrière fut courte, terminée au début du dernier tiers du ive siècle, en même temps que celle de la dynastie acliéménide, par la conquête d'Alexandre. Sa phase de maturité avait duré un peu plus d'un siècle l. Son aire est une bande allongée du nordouest au sud-est, entre le plateau de l'Iran d'une part et, de l'autre, les plaines mésopotamiennes et le golfe Persique. Les vestiges de sa production sont peu nombreux, mais leur témoignage est assez explicite pour que l'on puisse se faire une idée exacte de ses procédés et de son style.