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LES CONDITIONS PHYSIQUES ET HUMAINES

Sauf à Suse, c'est dans une région montagneuse que se développa la première architecture de la Perse.

Un climat violemment contrasté y oppose à des étés brûlants des hivers rigoureux, et a des journées torrides des nuits glaciales : il comporte des ouragans d'une rare brutalité, des pluies abondantes et prolongées et, dans le haut pays, des tempêtes de neige.

Au point de vue de l'approvisionnement en matériaux, l'architecture perse n'était pas gâtée par la nature. Sans doute elle se trouvait munie d'une très bonne matière lapidaire, un calcaire compact, d'une teinte jaunâtre ou grisâtre, stratifié par bancs très épais permettant l'extraction de grands monolithes. Mais le relief hérissé du sol, la raideur des pentes, la haute altitude des cols en contrariaient le transport. L'obstacle était le même en ce qui concernait le bois, dont la construction perse était d'ailleurs mal pourvue, parce que l'extrême déclivité du terrain fait obstacle à la pousse de gros arbres. La Médie, en revanche, possédait de grandes richesses forestières.

Les conditions humaines étaient meilleures. Au travail libre de professionnels expérimentés, qu'atteste la gravure de marques de tâcherons sur les matériaux, l'architecture officielle pouvait adjoindre le renfort d'une besogne de corvéables et de prisonniers que lui fournissait en abondance une royauté puissante et guerrière. De celle-ci elle tenait encore la faculté (l'importer de loin et de faire hisser jusqu'à Persépolis ou à

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Pasargade les matériaux que lui refusait le pays, notamment les bois de grandes dimensions et d'essence précieuse.

Tard venue, après la floraison des arts de l'Egypte et de la Mésopotamie; exercée par un peuple de civilisation récente; disciple dans une large mesure des Mèdes et des Mésopotamiens ; fatalement obsédée par le spectacle des monuments des pays conquis par les « Grands Rois » — Mésopotamie, Egypte, Syrie, Asie Mineure phrygienne, lydienne, ionienne; enfin, sûrement affectée par la collaboration d'artistes et d'artisans importés de ces régions, l'architecture perse devait être et fut effectivement influencée et éclectique1.

Néanmoins les populations iraniennes qui la pratiquèrent possédaient une forte personnalité ethnique 2 et un incontestable ressort artistique qui les préserva d'une imitation exclusive, inintelligente et servile.

Non seulement elles s'assimilèrent parfaitement les éléments empruntés, mais encore elles les modifièrent, les refondirent, et de leur amalgame avec leurs propres inspirations elles composèrent un alliage fort réussi, de belle qualité et de grande tournure, avec des parties très savoureuses, du plus grand effet et qui devint à son tour un modèle pour l'Inde et pour l'Asie orientale3.

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