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VI. Porte d'honneur de la cilé

destinée aux réceptions, était bordée sur trois côtés de locaux de taille diverse, sans doute à usage de bureaux et de salons; sur le quatrième, elle communiquait par cinq portes avec un double portique qui lui faisait une entrée monumentale et qu'encadraient deux ailes utilisées comme corps de garde et salle d'attente. Peut-être faut-il voir en ce programme une extension de celui du hilani hittite et assyrien '.

Pour les audiences solennelles, les Rois des Rois disposaient de vastes

* Cf. p. 126 et p. 152-153.

PROGRAMMES DOMESTIQUES

salles du trône que désignait le terme apâdana. Rien ne fait plus honneur à l'architecture perse que ces grands vaisseaux. Tracés carrément, ils étaient toujours précédés d'un double portique et souvent flanqués d'un autre sur chacune de leurs faces latérales. Tantôt — c'est le cas de ceux de Persépolis où l'hiver est rigoureux — ils étaient entièrement clos par une muraille en briques crues percée de grandes portes \ tantôt — il en était ainsi à Suse où le ciel est plus clément — ils étaient ouverts du coté de la façade, comme le sont encore les « talars» de la Perse moderne (266, n ; 2(17) '-. Aussi bien, était-il possible d'en réaliser à volonté la fermeture, comme aussi le cloisonnement, au moyen de ces tentures que le Livre

267. — L'apàdana d'Artaxerxès Mnémon à Suse. (Restauration de Dieulafo;/, op. cit.)

d'Esther (I, 5, 7.) nous représente « suspendues par des cordons de lin à des anneaux d'argent et à des colonnes » et dont le goût et la fabrication ont persisté aux mêmes lieux jusqu'à notre époque. L'apàdana convenait parfaitement à sa destination : grâce à ses dimensions, à la maigreur et au grand espacement des soutiens de son plafond, il permettait à une foule de contempler le souverain siégeant au fond de la nef centrale, sur une de ces hautes estrades dont les monuments figurés nous ont conservé l'image. De sorte que c'est l'architecture de la Perse achéménide qui proposa la première solution au problème de la salle d'assemblée, que devaient reprendre les architectes parthes, sassanides, romains et chrétiens3.

Le programme d'un palais perse comportait la construction d'une grande porte d'honneur dont les « Propylées de Xerxès », sur la terrasse

1 Ces murs ont disparu ; mais leur existence est attestée par des lacunes dans le dallage qui correspondent à leur tracé.

- Cf. T. II.

3 Cf. p. 459 et t. II.

de Persépolis, offrent un spécimen. Le dispositif en était emprunté à l'architecture mésopotamienne : sur les faces extérieures et intérieures d'un gigantesque massif en briques crues, conformé sans doute en un groupe de tours jumelées, étaient encastrés deux énormes chambranles lapidaires ouvrant l'accès d'un grand vestibule intérieur dont le plafond était soutenu par un quinconce de colonnes (265 ; 266, vi; 277).

Quant aux portes ordinaires, c'étaient des baies hautes et étroites dont la fermeture était assurée par des rideaux, plutôt que par des vantaux (282).

Des aqueducs et des égouts couraient dans le sous-sol. Des jardins avec bassins étaient le complément nécessaire de toute demeure un peu importante.

PROGRAMMES MILITAIRES

C'est un système de fortification très savant, d'ailleurs dérivé de celui qu'avaient perfectionné les ingénieurs mésopotamiens et syriens, que

M. Dieulafoy a restitué d'après les résultats de ses fouilles à Suse (268). D'abord il opposait aux assaillants la formidable succession d'obstacles que constituaient un large fossé plein d'eau, une escarpe, un avant-mur haut de 18 mètres environ et large de 21m,50 une enceinte mesurant près de 9 mètres dans le sens vertical et 10 dans le transversal, un fossé intérieur, un rempart de mômes dimensions que l' avant-mur, une citadelle, enfin un donjon. En outre, il multipliait les plus minutieuses précautions pour en interdire l'approche et contrecarrer les tentatives de sape : créneaux et hourds au sommet des murs, casemates avec meurtrières à mi-hauteur, permettant de battre le terrain proche comme l'éloigné ; fossé intérieur entre la deuxième enceinte et la troisième, pour mieux déjouer les travaux de mine et le progrès de l'adversaire qui se serait rendu maître de la première ligne de défense ; surtout tracés en cré-

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