EFFETS DE LORDRE AFFECTIF, PITTORESQUE, MONUMENTAL
vide. Grâce à leur parti pris de deviser sur grande échelle le plan comme l'élévation, et surtout de disséminer à longs intervalles des soutiens d'une rare sveltesse, ils imprimaient à ces locaux d'apparat un admirable caractère de vastité. Non seulement des salles comme celle de Suse, celle de Xerxès et celle dite « aux Cent colonnes » à Persépolis, enfermaient des aires d'environ 3 700. 4 000,4 900 mètres et avaient des capacités de 72000, 78 01)0, 58000 mètres ; mais encore et surtout, leur surface utile, déduction faite de la somme des emplacements de colonnes, n'était pas inférieure à 95, s p. 100. 95,2S p. 100 el 96, 36 |> 100 de la superficie totale1! (267).
Une autre preuve de la haute qualité de l'architecture perse est la préférence qu'elle marqua à l'égard des effets de plastique monumentale.
Elle en demanda un premier, dont la Mésopotamie lui offrait d'ailleurs l'exemple, à l'exhaussement de l'édifice sur un socle élevé. Non seulement l'ensemble des monuments de Persépolis posait sur un terreplein haut de plus de 10 mètres, mais encore la surface de celui-ci s' étage ait en trois terrasses et chaque édifice surmontait une plaie-forme particulière.
Ce parti-pris d'associer le pittoresque et le grandiose est encore manifeste dans le dispositif des escaliers qui permettent l'accès de ces esplanades. Celui par lequel on atteignait celle de Persépolis était conçu grandement : du sol, deux volées divergentes s'élevaient parallèlement aux murs de soutènement jusqu'à deux vastes escaliers, à partir desquels deux autres convergeaient vers un troisième, de niveau avec le terreplein : la largeur des 111 degrés n'était pas inférieure à 7 mètres, avec une hauteur de 10 centimètres. Ailleurs, c'étaient de majestueux perrons constitués par une plate-forme allongée dans le môme sens que la façade et accessible à chaque extrémité par un emmarchement : celui dont était pourvue, sur son front nord, la troisième terrasse de Persépolis ne mesurait pas moins de 83 mètres de long et de 5"',!0 de large.
C'était dans le même esprit qu'étaient traitées les façades à doubles portiques et aussi les grandes portes. Avec leurs deux entrées intérieures et extérieures, profondes chacune de 6 mètres, hautes de 11.
' Apàdana de Suse : surface totale hors œuvre 8 500 mètres :
— surface en œuvre de chacun des portiques 1 030 mètres: Apàdana de Xerxès à Persépolis : surface totale 7 300 mètres ; Salle aux Cent colonnes : surface totale 6 035 mètres.
larges de 3ra,82 et leur vestibule intermédiaire plafonné, sur un quinconce de quatre colonnes hautes de 16m.67. les Propylées de Persépolis étaient faits pour impressionne]' le visiteur par la longueur d'un passage de 37m,40 et par le contraste de sa pénombre avec l'éclatante illumination des espaces qui le précédaient et lui faisaient suite (26îj ; 266, vi ; 277).
A ces diverses manifestations d'une volonté de frapper fortement l'œil et l'esprit, nous pouvons encore ajouter celle que constitue la position des tombes royales de Nakch-i-Roustem), à mi-hauteur d'une falaise, entre ciel et terre, à limage de la condition mi-divine, mi-humaine du défunt (272).
La contribution des effets de plastique secondaire à l'aspect d'un édifice perse apparaît très inégale, selon que c'est le mur ou le portique qu'on envisage, minime dans le premier cas, assez considérable dans le second.
La définition de l'élévation murale était satisfaisante. Haute, saillante et accidentée par l'encorbellement à ressauts des poutres sablières empilées longitudinalement à la muraille et par l'avancée des tètes de solives transversales, la tranche de la charpente de la couverture constituait un couronnement sobre et franc 267, 272, 271 . Une imitation plus ou moins abrégée de son relief servait pour terminer une façade en pierre. C'est ainsi qu'au sommet du mur de soutènement de la terrasse de Persépolis, débordait légèrement une assise, surmontée elle-même d'une rangée de denticules, support du parapet; ainsi encore, ce motif avait fourni l'élément d'un bandeau développé en haut des tours funéraires de Pasargade et de Nakch-i-Roustem (276, i) et, sous une corniche profilée dans le goût grec, sur le tombeau de Cyrus (276, m). Quant aux crêtes, elles devaient une ferme silhouette à un erénelage à la mode de Mésopotamie, qu'accentuait un refouillement de la face (les nierions 276, v, vi).
Comme spécimens d'une limitation plastique des bords latéraux et inférieurs d'une paroi, nous ne voyons à citer que les plates-bandes ménagées verticalement le long des arêtes des tours funéraires précitées 270, î) et la mouluration en forme de talon de la base du tombeau de Cyrus (276, ix).
Parfois l'architecture perse cherchait à rompre par des raffinements de taille ou d'appareil la monotonie des surfaces. Ainsi la face antérieure des blocs de la muraille qui épaulait la plate-forme du palais de Cyrus, fut dotée d'une ciselure dégageant un bossage (271, v), tandis qu'inversement celle des pierres de la frise du soutènement de la terrasse de Persépolis était rehaussée d'un encadrement (276. vin); ainsi encore le parement des tours funéraires de Pasagarde et de Nakch-i-Roustem se distingue par la curieuse particularité d'un semis régulier d'alvéoles rectangulaires et de fausses baies, celles-ci accusées par la couleur noire du basalte dont sont faits leur cadre et leur fond.
I. Tour funéraire de Nakcb-i-Roustem. — II. Porte de ladite. — III. Porte du <■ tombeau de Cyrus ». — IV. Couronnement de porte. — V. Créuelage (Escalier de Persépolis). — VI. Id. (Susel. — VII. Hampe de Tesealier du palais de Darius à Persépolis. — VIII. Pierre du couronnement du mur de soutènement de la terrasse de Persépolis. — IX. Talon à la base du » tombeau de Cyrus.
La conformation des portes perses contribuait dans une certaine mesure à la plastique du mur. Elle comportait en effet un chambranle ébrasé à ressauts, avec un couronnement assez mouvementé. Celui-ci offrait parfois — témoin les tours funéraires sus-mentionnées — l'apparence d'un linteau relevé en cornes à ses extrémités (276, n) ou encore — comme on le voit au tombeau de Cyrus à Pasargade — l'aspect confus et disgracieux d'un empilage de moulures s'amortissant en glacis (276, m); normalement, "c'était une corniche haute et saillante, dont le modelé hybride associait, d'ailleurs avec goût et succès, le profil général inventé par l'Egypte, le chapelet ionique de pirouettes et de piécettes substitué au tore rubanné du type égyptien, enfin un triple étage de folioles lancéolées, arrondies du bout et cernées d'un filet qui remplaçait les rainures de la gorge égyptienne (276, iv; 282).
Ajoutons que l'architecte perse faisait volontiers appel au sculpteur, pour rehausser un parement de reliefs, connue l'attestent les fronts de perrons, les rampes, les murs de soutènement, les jambages de portes observables à Persépolis.
Il faut louer l'ordonnance des portiques perses, dont il est possible de se faire une idée exacte, grâce aux façades simulées par les frontispices des tombes royales de Nakch-i-Roustem (207, 212). L'admirable largeur de leurs entre-colonnements, dans lesquels on compte jusqu'à cinq diamètres et demi1, était d'autant plus impressionnante qu'elle contrastait avec la solidité de hauts entablements, dont la hauteur équivalait presque au quart de l'élévation totale. D'autre part, l'habituel redoublement de ces larges galeries déterminait de pittoresques jeux de lumière et d'ombre, auxquels répondaient ceux dont étaient cause les ressauts des architraves et les saillies espacées des abouts des solives.
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EFFETS PAR LA PLASTIQUE DE DÉTAIL
Rien ne manifeste mieux la réalité et la tournure du génie architectonique de la Perse ancienne que la conformation qu'elle imposa au soutien isolé. A la qualité fondamentale de la convenance à la fonction, elle associa celle d'une plastique noble et élégante, d'un grand caractère, d'une haute tenue et agrémentée de détails piquants. Certaines de ses parties trahissent une origine étrangère : mais l'art perse a interprété ses modèles avec tant de liberté et de goût et il a composé un ensemble si original et si savoureux, que sa formule est une des plus heureuses que les hommes aient inventées.
Un premier élément de son effet est la sveltesse du fût, que nous avons assez caractérisée dans notre étude de la construction pour n'y point revenir'. Nous nous bornerons, à deux observations : son façonnement comportait une conicité un peu moindre que celle du tronc ionique,
1 Tombeau «le Darius 4 diamètres 9/10 — 2"\63: Apâdana de Suse 4 — 2/3 — 6m,95 :
Propylées de Xerxès 5 — — 6m,90;
Apâdana de Xerxès .r> — 1/6 — 7m,26 ;
Salle aux Cent colonnes 5 — 1/2 — 5™,26.
- Cf. p. 403. Rappelons que les fûts de la façade du tombeau de Darius mesurent 7 diamètres 1/4 ; les i'ùls du portique de l'Apàdana de XerxèslO diamètres 3,5 ; le lut de la colonne du palais de Cyrus à Pasargade entre 10 et 11 diamètres.
EFFETS PAR LA PLASTIQUE DE DÉTAIL
moins marquée quand le chapiteau était simple que lorsqu'il était composite i ; sa surface pouvait être lisse — témoin la colonne du palais de Cyrus à Pasargade et celles qui sont figurées sur le frontispice du tombeau de Darius; mais, la plupart du temps, elle était rainée de cannelures à arêtes vives, dont le nombre variait de 32 à 52 : à l'extrémité inférieure du tronc, elle se relevait en astragale. Il n'y avait point de galbe.
L'architecture perse employa quatre types de base.
Un premier, tout rudimentaire, consistait en un disque mince, interposé entre le fût et le sol et dont on connaîl deux spécimens, l'un, encore en place à Pasargade, l'autre reconnu par Goste à Eebatane.
Un second, qui évoque une conformation chère à l'Ionie et qu'illustre notamment l'ordre du temple de Samos, se voit au portique du tombeau de Cyrus à Pasargade : une plinthe carrée surmontée d'un épais coussin dont la tranche convexe est creusée par des cannelures horizontales (278. i).
1 Propylée- de Kerxès 'chapiteau composite) diamètre supérieur lm,22, diamètre inférieur Im,56; pente de 0m,022 par mètre.
Apàdana de Xerxès, ordre des portiques (chapiteau simple) diamètre supérieur iu\ 38, diamètre inférieur lm,585; pente de O^OIS par mètre.
Apàdana de Xerxès, ordre de la salle (chapiteau composite) mêmes mesures que ci-dessus; pente de 0,u,021 par mètre.
Apàdana de Suse, ordre des portiques (chapiteau simple) diamètre supérieur l'\32. diamètre inférieur lra,39: pente de 0m,017 par mètre (longueur du fût restituée selon les proportions de l'ordre précédent).
Tomheau de Darius, colonne simulée (chapiteau simple) diamètre supérieur 0m,48, diamètre inférieur 0m.60 ; pente de O^.OSô par mètre.
277. — La porte d'honneur de la cité royale de Persépolis, vue de côté. (D'après Dieidafoy, op. cil.)
vu
C'est encore l'art grec, dans son incarnation ionique d'Asie, que rappelle la troisième sorte, dont il y a des spécimens dans la salle des
apâdana de Xerxès à Persépolis et d'Artaxerxès Mnémon à Suse :
un socle et une plinthe, l'un et l'autre carrés portent un disque profilé en tore lisse (278, ni).
En revanche, il n'y a pas lieu de contester à la Perse l'invention de la quatrième et de la plus originale de ces formes, qui est celle d'une cloche surmontée de deux coussins circulaires en retrait; l'inférieur épais, l'autre mince, tous deux à bords incurvés. La surface de la campane était gaufrée en motifs allongés verticalement — tantôt de simples rudentures créant une apparence de pignon d'engrenage (278, îv), tantôt des feuilles d'eau stylisées 278, v), voire des tiges de lotus répétées 278, vu) . De toute façon, la conformation était heureuse, agréable à l'œil et satisfaisante pour l'esprit, en raison du large empattement qu'elle ménageait au fût. Sans doute faut-il voir en elle un embellissement du billot de bois ou du dé de pierre, qu'emploient aux mêmes fins les populations actuelles du Sinjar et du Mazendéran! (280, iv, v).
L'ordonnance de l'apàdana de Xerxès à Persépolis et de celui de Suse réserva la base à socle, plinthe et tore aux colonnes de la salle, que terminait un chapiteau composite, tandis que la campaniforme était associée au chapiteau simple dans les portiques (279) ; l'inverse apparaît dans la salle aux Cent colonnes et au portique du tombeau de Darius.
278. — Plastique de la base perse. Tombeau de Cyrus ». — II. Héraeon de Samos.
III. Type simple des apâdana. — IV. Apâdana de Xerxès à Persépolis. — V. Apâdana aux Cent colonnes. — VI. Apâdana de Xerxès l'orliijue occid.). — Apâdana de Suse.
EFFETS PAR LA PLASTIQUE DE DETAIL
La part faite à la base par l'élévation de la colonne représentait de 7 à 8 p. 100 de la hauteur totale.
Cependant c'est le chapiteau qui constitue la partie la plus savoureuse et la plus caractéristique de la plastique du soutien isolé perse : il est aussi remarquable sous le rapport de l'effet que sous celui de l'utilité constructive.
Son élément essentiel auquel, si soigné que fût le programme, il se réduisait souvent, était une sous-poutre constituée par 'F adosseraient d'une paire d'avant-trains d'animaux couchés — généralement des taureaux agenouillés, mais aussi des monstres. Sur la béquille que lui offraient leurs têtes, posait l'architrave, tandis qu'au milieu de leur corps commun s'encastrait la poutre transversale qui entretoisait les soutiens d'une même file. En raison de l'accroissement de surface consécutif à sa conformation oblongue, à cause de l'apparence et de la renommée de force de la bête figurée, comme aussi par suite de l'analogie de l'architrave avec un joug-, ce motif favorisait singulièrement l'accomplisse ment et la manifestation de la fonction de porteur dévolue à ce membre. En même temps la silhouette des jambes ployées facilitait le raccordement de la dominante horizontale de la sous-poutre avec la verticale du fût (274, 275, 280, i).
En effet, la plastique de la colonne perse comportait indifféremment la pose directe de ce groupe sur la tête du fût, ou l'intercalation entre les deux d'un élément de grande taille — il est près de trois fois aussi haut que le chapiteau bicéphale et ensemble ils usurpent près des deux cinquièmes de l'élévation totale1. Sa conformation très composite étageait deux parties d'égale hauteur : l'inférieure superposait à une sorte de cloche gaufrée en forme de feuilles pendantes une corolle évasée; la supérieure consistait en un pilier prismatique sur plan carré, dont chaque
Les deux ordres de l'apâdana de Suse.
1 Le chapiteau de Suse mesure 8™, 72. dont 2m,3'2 pour le groupe des taureaux.
il i
l'architecture de la perse achéménide
face cannelée s'enroulait, en haut, en une double volute inclinée et, en bas. en une double volute érigée (275, 280, i).
Au total, une composition chargée, niais nullement confuse, adroitement silhouettée et du plus grand effet.
On est fondé à reconstituer de la façon suivante le processus de l'invention du chapiteau perse. La conformation de la masse des taureaux
280. — Conformation composite du chapiteau perse et ses origines.
I. Chapiteau composite. — II, III. Chapiteaux égyptiens figurés. — IV. Colonne rustique usuelle dans le Mazendéran. — V. Id. dans le Sinjar. — VI. Motif de décoration rupestre en Phrygie. — VII. Chapiteau égyptien palraiforme (El Bersheh). — VIII. Chapiteau de Néandria. — IX. Pied de meuble mésopotamien. — X. Chapiteau égyptien.
procède évidemment du même principe que la sous-poutre en béquille qu'emploient encore aujourd'hui les paysans duMazendéran i28U,iv) et de celle en fourche réalisée par les Yézidis du Sinjar, au moyen de deux maîtresses branches (280, v).
Quant à la sculpture du bloc à l'image de taureaux adossés, outre qu'elle s'accorde avec le goût général de l'Orient ancien et moderne, elle excite le souvenir d'un parti-pris égyptien dont, à défaut d'exemples réels.
EFFETS DE L OtiDRE HARMONIQUE 41I>
nous possédons mainte représentation, celui de bustes de lions, de gazelles, de tètes durseus paraissant émerger d'un bouquet et porter une charge (280, n, m ; &5). La plastique du pilier, dont les cannelures ont le mériLe de rappeler celles du lût, olFre une curieuse analogie avec celle de pièces de charpente et surtout d'un soutien de faîtage, ligures sur une façade rupestre de la Phrygie (145, xn), tandis que le motif des volutes évoque nécessairement l'élément préféré du répertoire décoratif de l'Asie antérieure phénicienne et hittite. A la corbeille, enfin, nous associons nécessairement l'idée du chapiteau palmiforme île l'Egypte (280, vu) et, pour ce qui est de la campane foliacée, elle fait surgir dans la mémoire de l'historien plus d'une image de chapiteaux façonnés, plus ou moins longtemps avant elle, en Assyrie, en Phénicie, en Ionie (280, ix, x, vin) ; sans parler du modèle offert par la nature sous l'espèce de la retombée des branches du palmier.
Certes l'architecture perse ne fut rien moins qu'entichée de régularité. Elle ne s'imposait pas plus la symétrie que l'uniformité. A Persépolis, les côtés de l'esplanade ne sont point rectilignes et sa surface n'est pas nivelée ; chaque édifice nouveau fut implanté sans considération de la position des anciens ; dans un môme apàdana on peut compter deux types de bases et deux, voire trois formes de chapiteaux.
Il n'en est pas moins vrai que, sans parler de leur prédilection poulies tracés quadrangulaires et plus spécialement carrés, les architectes perses ont multiplié les manifestations significatives d'un goût très vif et d'un sentiment très sur des effets qui /laissent de l'ordre et du rythme.
Et d'abord, il leur plaisait de mettre en proportion les ordonnances générales, comme les particulières, en les rapportant à un de leurs éléments choisi comme unité. C'est ainsi que toutes les dimensions de l'apàdana de Suse sont des multiples ou des sous-multiples d'un groupe de sept carreaux du dallage, lui-même équivalant à la somme de dix briques. Plus caractéristiques encore sont la constance relative du rapport de la hauteur de la colonne perse au diamètre du fût et le fait que la moitié de l'épaisseur moyenne des soutiens isolés de la façade du tombeau de Darius et celle du vestibule intérieur des Propylées de Persépolis divise
exactement toutes les cotes de ces monuments1 (281). C'est dire que seule de toutes les architectures asiatiques, la Perse appliquait le système modulaire, générateur de Y « ordre », qui nous est apparu essentiel à l'art grec. Les monuments de la Perse achéménide révèlent une pratique usuelle
des mises en proportions parla méthode arithmétique ou géométrique.
Ainsi la largeur des portes est à leur hauteur comme 1 est à 1 »/, à 2 ou à 2 722; ainsi encore, à l'apâdana de Suse, la profondeur des portiques équivalait au sixième de la mesure de la façade de l'édifice ; leur longueur, comme aussi le côté de la salle, aux deux tiers.
Cependant, c'est une ordonnance de l'ordre géométrique fondée sur les propriétés du triangle équilatéral, qui paraît avoir obtenu la faveur de l'architecture perse; témoin, par exemple, l'ensemble comme le détail
1. forte d'honneur de la cité royale de Persépolis. — II. Façade
du tombeau de Darius. du frontispice du tombeau de
Darius et la composition également significative des Propylées de Persépolis5 (281).
Mise en proportions géométriques de monuments perses.