FAÇADE DU TOMBEAU DE DARIUS
Hauteur de la base 2 modules.
— du fût 17 —
— du chapiteau 4 —
— de l'entablement ... rt — Entre-axe des colonnes .... 12 — Largeur des bras supérieur et
inférieur de la croix 42
Hauteur du bras supérieur . . 2S — tic.
PROPYLEES DE PERSÉPOLIS
Hauteur de la base 2 modules.
• — du fût 13 —
— du chapiteau 9 —
Entre-axe des colonnes dans le
sens longitudinal 12 —
Entre-axe des colonnes dans
\r sens transversal 7 —
Largeur des chambranles ... 6 — etc.
- Ces proportions sont respectivement celles des portes de la tour funéraire de Nakch-i- Roustem, du tombeau de Darius, de la salle aux Cent colonnes.
3 Soit d'abord les Propylées.
Si sur une épure de leur élévation longitudinale on trace une ligne d'un pied-droit à l'autre, dans le plan de joint des fûts et des bases, et que sur elle on élève un triangle équilatéral, on
EFFETS DE PARURE 417
Notons, pour Unir, que les quinconces de soutien isolés, ceux des salles comme ceux des portiques, révèlent une préférence marquée pouilleux nombres qui sont, dans l'ordre de fréquence, si on dénombre les colonnes, 6 et 4 et, si c'est par entre-colonnements qu'on compte, 7 et o1. Sans doute faut-il voir dans ce fait une conséquence à la fois de l'emploi par les Perses de deux systèmes métriques, l'un duodécimal, l'autre décimal et du caractère sacré généralement attribué par l'antiquité au nombre 7.
EFFETS DE PARURE
Le témoignage des ruines et celui des Grecs éblouis nous enseignent que l'estime de l'ancienne architecture perse pour les beautés de l'ordre monumental, plastique et harmonique, n'excluait pas un goût très vif pour les agréments de parure ; aussi bien, le luxe, resté légendaire, des Rois devait-il donner le ton.
La part des effets consécutifs à un emploi de matières de choix à l'état massif fut secondaire, constitué par l'aspect du cèdre et du cyprès des charpentes, du marbre gris assez ordinaire des colonnes, de la diorite et du basalte des chambranles des portes, des cadres de fenêtres et de certaines bases. Par contre, il fut beaucoup demandé aux revêtements, aux applications, aux incrustations, aux peintures.
Les murailles de briques crues se dissimulaient derrière un enduit de stuc, un lambris de bois, un masque de briques soigneusement préparées et cuites ou un parement de faïence émaillée. Ce dernier consistait en une
1,1,11 deux constatations : 1° le sommel est sur la ligne de crête des colonnes : 2° le point où les côtés coupent l'axe de celle-ci est à son tour le sommet d'un triangle équilatéral dont la base se confond avec celle du grand, mesure les deux tiers de sa longueur et se termine d'une pari à l'un des pieds-droits, de l'autre à l'axe de l'autre colonne.
Si on répète l'opération sur le frontispice du tombeau de Darius, on s'aperçoil que le triangle en question culmine au milieu de la limite supérieure du tableau, au centre moral de la composition, la tête d'Ahoura-Mazda et que les axes des colonnes se confondent avec les hauteurs de quatre triangles équilatéraux construits sur la base du grand et mesuranl les 2/5 de sa longueur.
' Aux apâdana de Xerxès à Persépolis et d'Artaxerxès à Suse, le portique offre, suivant le point de vue, deux rangées de 6 colonnes ou de 7 entre-colonnements; la salle, C rangées de 6 colonnes ou 7 travées et sept nefs. La salle, aux Cent colonnes était percée de 6 fois 6 fenêtres.
D'autre part, on compte, au tombeau de Darius, 4 colonnes ou 5 entre-colonnements ; au portique du « palais •> du même prince à Persépoiis, 2 rangées de 4 colonnes ou de 5 entrecolonnements et, dans la salle. 4 rangées de 4 colonnes ou 5 travées et 5 nefs. Il y avait 4 colonnes aux Propylées de Xerxès, 4 portes à la salle aux Cent colonnes.
élévation soit — connue c'est le cas pour la « frise des archers » qui décorait un des palais de Darius à Suse et qu'abrite maintenant le Louvre — de carreaux longs el larges de 0"',35, hauts de près de 0"',09, soit — comme
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282. — Porte du « Palais de Darius » à Persépolis. (D'après Dieulafoy, op. il.)
le montre la « frise des lions » conservée par le même musée et provenant de l'apâdana d'Artaxerxès Mnémon au même lieu — de moellons longs de 0m,358, larges de près de 0m,27, hauts de près de 0m,18 : la fritte en est grossière et friable, mais l'émail est superbe, très adhérent et brillant. Le mêlai jouait un grand rôle, utilisé en plaques ou en feuilles : ainsi,
EFFETS DE PARURE
les cornes, les oreilles des taureaux des chapiteaux étaient des pièces de bronze rapportées etdorées : les colonnes, les solives, les lambris étaient lamés, parfois même entièrement habillés d'or ou d'argent ; enfin, de nombreuses dorures rehaussaient les parties sculptées du décor.
Cliché Alinari.
283. — Frise d'archers <le l'apâdana de Darius à Suse (faïence).
L'art perse avait la passion <tes effets de couleur. Les parois en brique cuite étaient moirées par suite de l'emploi de carreaux diversement nuancés par des différences de cuisson. Les stucs étaient teintés : celui qui revêtait les parois de l'apâdana de Suse était rouge vif à l'intérieur, gris tourterelle au dehors. Si nous en croyons Hérodote, les créneaux des cinq premières enceintes d'Ecbatane étaient peints respectivement en
blanc, en noir, en pourpre, en bleu, en rouge-orangé; ceux de l'avantdernière, argentés; ceux de la suprême, dorés.
Cependant c'étaient les revêtements céramiques qui contribuaient le plus efficacement à la polychromie : leur gamme, à dominante de bleu, comprenait un gros bleu et un bleu turquoise très tendre, un jaune grave et un jaune paille, un vert dur et un autre clair, un pourpre et du blanc; la tonalité était plus chaude au temps de Darius qu'à l'époque d'Artaxerxès Mnémon.
Delà sobriété de l'échantillonnage, de la calme ordonnance des harmonies ces panneaux tenaient un caractère monumental, tandis que la beauté des teintes, la franchise des taches, l'éclat de l'émail, la composition adroitement contrastée des gammes conspiraient efficacement à l'excitation des plus vives impressions de couleur.
L'architecture perse, qui construisait essentiellement en terre et en bois, n'utilisa que dans des proportions restreintes les ressources de la sculpture ornementale et de la statuaire. Cependant ses chapiteaux, ses bases, ses corniches étaient très ouvragés; les jambages des portes étaient relevés de ligures en relief (282) ; il en était de même pour certaines parties des murs de soutènement des terrasses, pour les fronts de perrons, les parois et les rampes d'escalier ; aux Propylées de Persépolis les pieds-droits des grands portails étaient taillés en simulacres de taureaux androcéphales, hauts de cinq mètres et longs de six (2(i-'i ; enfin, les masques en briques cuites étaient souvent modelés et les revêtements céramiques perses se distinguaient des mésopotamiens par une figuration saillante des personnages et des motifs (283).
Le répertoire décoratif de l'architecture perse trahit le même éclectisme que les programmes, les formes constructives et la plastique monumentale; mais il s'y manifeste, avec une égale évidence, un pouvoir remarquable d'interpréter un modèle, de réaliser des alliances et des combinaisons génératrices d'effets inédits et un goût très lin que ne satisfaisail point une richesse dépourvue d'élégance. Il s'alimentait aux trois sources d'inspiration accessibles à l'art décoratif.
EFFETS DE PARURE
Un lot de thèmes d'ordre géométrique comprenait la baguette, le carreau, le cercle, le triangle équilatéral; le merlon à degrés, le fer de lance, les dents de scie, une chaîne de losanges, le chapelet assyrien de piécettes et de pirouetttes et l'ove ionienne (284, m, v, x).
Le groupe des motifs végétaux, essentiellement constitué avec des éléments d'invention égyptienne, mésopotamienne, phénicienne, réunissait des types très stylisés, dont plusieurs étaient exquis : c'étaient des
Quelques motifs favoris de la décoration perse.
1. Rosette (chapiteau de Suse). — II. Etagement de lotus (Suse, Persépolis). — III. Merlon (brique émaillée de Suse). — IV, VIII. Eléments de bandeau (terre émaillée). — VI. Ornement courant (lotus et palmetle). — VII. Motif courant pour crête. — IX. Rosette (carreau émaillé). — X. Dents de scie (Suse).
corolles de lotus, ouvertes ou épanouies, souvent étagées comme si elles étaient emboîtées (284, n), souvent aussi alignées et unies par la courbe «Tune tige commune, parfois dressées au sommet d'un pédoncule plus ou moins haut (284, vi) ; des palmettes,des marguerites diversement figurées; des folioles lancéolées cernées d'un iilet et qui tantôt s'érigeaient, tantôt retombaient (284, vu) ; enfin, très aimé et très caractéristique de la décoration perse, un arrangement de deux volutes opposées à chaque extrémité d'un trait d'union vertical — en somme, l'équivalent d'un coussin de chapiteau ionique redressé ou, si l'on veut, de deux copeaux soulevés aux deux bouts d'une planche1 (284,vm; 275). Notons encore une image
1 Cf. un motif de la décoration phrygienne, fig. 145, xn.
conventionnelle d'arbre silhouettée en pomme de pin, qui avait, sans doute, une valeur symbolique.
La part de la ligure animale ou humaine était considéra hic Sans parler des taureaux agenouillés en haut des colonnes, sous les architraves ; sur les murs; des lions passants, assis, affrontés, combattants; des monstres, griffons ailés et métis de taureau et de licorne, évoquaient les frises mésopotamiennes ; des bords de l'Euphrate et du Tigre était encore venu pour monter faction auxportails des palais achéménides, le Kéroub au corps de taureau ailé, achevé par une tête d'homme coiffé de la tiare (26o) l.
Enfin, la forme humaine apparaissait : d'une pari, sous les traits du souverain combattant le grillon, marchant ou trouant sur une estrade portée par les provinces de l'empire; de l'autre, sous ceux de soldats de sa garde, de grands de sa cour, venant rendre leurs devoirs au souverain, de tributaires apportant des redevances ou des cadeaux 282 . La localisation de ces thèmes sur les murs de soutènement des terrasses sous-jacentes aux palais, sur les fronts des perrons, sur les rampes et les murs des escaliers, sur les jambages des portes offrait le double avantage de les mettre en valeur et d'illustrer la destination de ces éléments archilec toniques.
' Cf. fia. 88, 79, 73.
C'est en 753 avant J.-C. que commence la période de près de onze siècles et demi qu'emplit l'histoire politique de Rome. Mais on ne saurait
influentes -.«, (7Ut.ki.Uct ■ElpAfibion il
reporter plus haut que le ni' siècle de la même ère les débuts de l'architecture romaine. Antérieurement à cette date, la future capitale du monde méditerranéen ne lut, sous le rapport de l'art de bâtir, qu'une colonie de l'Etrurie, entr'ouverte à des influences helléniques.
L aire de l'architecture romaine comprend un domaine propre et une région de pénétration : le premier embrasse, outre Rome et l'Italie, la Gaule, la Grande-Bretagne, la péninsule ibérique, l'Afrique du Nord, la région orientale de la péninsule des Balkans; la seconde englobe la Grèce, l'Asie Mineure, la Svrie, l'Arabie Pétrée.
CHAPITRE PREMIER LA COMMANDE. — CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES
LA COMMANDE
Nulle civilisation n'eut plus que la romaine parvenue au terme de sa formation, besoin d'un concours incessant de l'art de bâtir et nulle n'ouvrit à celui-ci une carrière plus vaste et plus diverse.
Longtemps, l'exercice des cultes romains ne dépendit guère de l'architecture, vu que les peuplades latines n'adoraient que des abstractions, idées d'états et d'actes humains, de forces cl do phénomènes naturels. Mais, à fréquenter les Étrusques, les Hellènes, les Orientaux, Rome non seulement adopta la conception de divinités personnifiées, réellement présentes dans les sanctuaires qu'on leur consacrait, mais encore elle annexa à son propre Panthéon une partie de celui des peuples qu'elle vainquait, si bien qu'elle finit par être une très bonne cliente de Y architecture relif/ieuse.
Les Romains laissèrent encore moins chômer la bâtisse domestique. Plus que les Grecs, ils avaient le goût du logis confortable et luxueux; ils voulaient maison aux champs et hôtel à la ville, et une opulence acquise par le pillage et l'exploitation de quelques-unes des plus riches contrées de l'Ancien Monde leur permit de se donner satisfaction.
Qu'ils pratiquassent la sépulture ou l'incinération — à toutes les époques les deux modes furent en concurrence - - ils croyaient à une survivance relative des morts sous l'espèce d'ombres (mânes) et à la nécessité de les pourvoir de tombeaux qu'ils faisaient volontiers monumentaux.
Cependant ces catégories de commandes apparaissent secondaires,, en
LA COMMANDE
comparaison de celle que détermina la conception romaine des conditions de la vie nationale sous ses faces économique, sociale, politique.
Une première et importante série de demandes résulta de la cons-
Intérieur du Panthéon. (Restitué par Isabelle. Les édifices circulaires et les dômes).
cience et de l'intelligence que les Romains eurent des besoins de la vie édili taire, de leur désir d'avoir des villes commodes, saines et belles pourvues de bonnes voies, bien approvisionnées d'eau pure, parfaitement drainées et parées de monuments.
Une seconde fui consécutive à la haute idée que L'administration romaine se fit de ses devoirs envers le commerce : elle s'appliqua, en effet, à le munir de bourses et de marchés propres à chaque grande sorte de négoce; de ports bien outillés, de docks, d'abattoirs, de greniers, de routes et de ponts solides qui. par ailleurs, constituaient une condition nécessaire du gouvernement, de la police et de la défense d'un immense empire.
Une troisième fut imposée par la nécessité d'assurer le fonctionnement des institutions politiques, judiciaires et administratives de Rome et des provinces: lequel exigeait des comices pour les élections, des forums avec tribunes pour les assemblées, des curies pour les réunions des corps constitués, des basiliques pour les tribunaux.
La dépendance de la société romaine vis-à-vis de l'architecture se trouva singulièrement accrue, du fait qu'elle prit à sa chargée le bien-être et le plaisir du peuple : l'habitude, contractée au n° siècle avant notre ère. de se baigner chaque jour ; le parti-pris de gratifier les citoyens de promenades et de lieux propres aux exercices physiques: de les régaler de spectacles, de jeux seéniques, de courses de chevaux, de tournois de gladiateurs, de chasses et de combats de bêtes féroces; enlin. l'exposition publique du butin artistique des campagnes de Grèce et d'Orient et la conservation des trésors littéraires de même origine, créèrent un énorme besoin d'établissements de buius. de places, de jardins, de portiques, de palestres, de théâtres, de cirques, d'amphithéâtres, de galeries, de bibliothèques.
A l'immense besogne que représentait l'exécution de tant de commandes, si diverses et souvent très importantes, s'ajouta encore, pour l'architecture romaine, celle de donner, par l'érection de monuments commémorât ifs, satisfaction au désir qu'avaient au plus haut degré les Homains de perpétuer la mémoire des individus et les fastes de la nation.
Le nombre des travaux d'intérêt public fut d'autant plus considérable que, républicain ou impérial, l'Etat romain fut riche de contributions, de butin et de tributs; que les cités étaient encouragées aux dépenses édilitaires et somptuaires parmi régime de large décentralisation provinciale et d'autonomie municipale; enlin que l'initiative privée apportait à l'autorité un concours ardent et généreux. Il n'était point rare, en effet, que les frais d'une bâtisse même très onéreuse fussent faits, à Rome, par un général revenant d'une campagne fructueuse et, dans les autres villes. par un notable que guidait soit un dévouement civique, soit l'ambition d'honneurs municipaux, soit simplement le désir de se signaler.
428 L'ARCHITECTURE ROM AIN Fi
A la suile de toutes les causes de commande architecturale que nous venons «le dénombrer, il convient de signaler celle que constituait, à Rome, la fréquence et la violence des incendies1.
CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES '
Le dernier siècle de l'époque royale (616-510), occupé parles règnes de Tarquin l'Ancien, de Servius Tullius, de Tarquin le Superbe, fut marqué par plusieurs entreprises notables, de destination édilitaire, militaire ou religieuse; création de ponts et d'égouts, construction d'un rempart, érection de temples de Vesta et de Jupiter Capitolin. Par contre, envisagées de notre point de vue, les deux cents années qui suivirent l'expulsion des rois apparaissent pour ainsi dire vides. La race était rude, le fond de la population constitué par des paysans, l'aristocratie avare et bornée; en outre, toutes les énergies étaient tournées vers les luttes politiques et vers la guerre qui, souvent, était défensive et incertaine.
\. De la fin du vie siècle au milieu du ne siècle avant notre ère.
Au déclin du ive siècle avant J.-C, la lutte plusieurs fois séculaire que Home soutenait pour la suprématie contre les Latins, les Etrusques, les Sabins, les Samnites, les Gaulois, tourna décidément à son avantage. En même temps, la conquête de l'égalité politique par les plébéiens mettait tin à une longue période de conflits et de troubles. Une ère nouvelle s'ouvrit pour la cité triomphante etpaciliée, désormais libre d'agrandir son horizon et de hausser ses ambitions. En 312, la censure d'Appius Claudius, homme supérieur, inaugura les grands travaux publics qui devaient illustrer le génie civil romain, en réalisant la première route et le premier aqueduc (via Appia, aqua Appia). De 303 à 292, on éleva au moins cinq temples, enfin, la mention, à la date de 284, de l'abandon du système de toiture en planchettes, annonce un développement des programmes et des moyens architectoniques en accord avec le progrès du luxe qu'implique la substitution, contemporaine, d'une vaisselle d'argent à une de terre.
Ces tendances se trouvèrent singulièrement fortifiées au cours du
1 Notons, sans parler de l'incendie de Rome par 1rs Gaulois en 390 avant J.-C , de grands feux destructeurs de quartiers entiers en 208, ;>2, 30 avant J.-C. en 27, en 65 après J.-C. (sous Néron), en 80, en 101, en 237, en 283.
'J Une impression en italique distingue les monuments non disparus.
CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES 429
ine siècle et durant la première moitié du 11e, d'un côté par la soumission, achevée en 20(i. de l'Italie à la puissance romaine, de l'autre par la connaissance de la civilisation hellénique qu'occasionnèrent, de 280 à 168 les guerres contre Tarente, contre les Carthaginois en Sicile, contre Philippe de Macédoine et contre Anliochos de Syrie en Grèce et en Asie Mineure. La fin du nr° siècle et le premier tiers du 11e furent marqués par
Cliché Alinari.
Le Panthéon.
r exécution de travaux publics — pavage de roules, construction de ponts, d'édifices utiles tels que docks, basiliques; d'un cirque; d'assez nombreux temples, voire de monuments. sans autre destination que l'embellissement d<" la cité1. Le sarcophage de Scipio Barbatus, conservé au Vatican, manifeste l'importance de la commande funéraire vers h' milieu du ni0 siècle.
1 Pavagede la voie Appienne (188) : construction du pont .Kmiliu.-» (184) : des docks d\Kmilius (192); basiliques Porcia (184), Fulvia (179), /Emilia (176), Sempronia (169); Cirque de G. Flaminius (221) ; temples de ['Espérance (25 i). de « Vesta » (215), de la « Fortune virile » (211). de Vesta (210), de Juno Sospita (197), de la Grande Mère (192), de Vénus (184), de la Piété (191-181), de Junon reine (178) ; Arc de Stertinius iI96i.
430 l'architecture romaine
2 Du milieu du II siècle avant J.-C. à la fin de la République (27).
L'érection en 147 au Champ-de-Mars, par les soins de Q. Cœcilius Metelhis, d'un portique en marbre put paraître inaugurer une ère de commandes architecturales en rapport avec le rang de puissance mondial»' auquel Rome se trouva promue l'année suivante par la destruction de Carthage, la réduction de la Macédoine en province et l'établissement d'un protectorat sur la Grèce. Mais le progrès fut contrarié par les convulsions politiques qui se succédèrent pendant un grand siècle, du tribunal de Tiberius Gracchus au principat d'Octave (133-27). Toutefois, durant le dernier quart du ne siècle, entre la tentative révolutionnaire de Gaius Gracchus et la guerre sociale, on éleva un arc, une basilique, un portique et on reconstruisit deux temples1.
La réédification par Sylla du temple delà Fortune à Préneste (83-78), l'entreprise du Tabularium (Archives) en 78, la construction en 72 du temple de Vesta à Tivoli et de celui à' Hercule à Cori, sont les seules manifestations d'activité architecturale notables, au cours du demi-siècle qui précéda l'instauration du triumvirat de Pompée, de Crassus et de César (60).
De 62 à 42, surtout grâce à l'initiative de César, furent produits quelques édifices importants : temple de Minerve au Champ-de-Mars (62) ; théâtre de Pompée, le premier qui fut de pierre (55) : forum Julium, basilique Julia, basilique .Emilia, tous trois commencés en 54 ; amphithéâtre de C. Scribonius Curio (46), temple de Vénus Genetrix (45) ; curie Julia pour les séances sénatoriales (44-29) ; temple de Sut urne, temple du divin Jules, forum d'Auguste (42). Après un ralentissement qui correspond aux luttes que termina le triomphe d'Octave — notons pourtant une restitution de la Regia (36) — la production reprit en 33 avec la construction, achevée en 29, d'un temple de Jules César, que suivit en 32 celle du Portique d'Octaoie et, en 30, celle de l'amphithéâtre de Statilius Taurus.
L'enrichissement de la société romaine par le pillage et l'exploitation des pays conquis, son affinement relatif à l'école de l'hellénisme, enfin la rivalité des grandes familles qui luttaient de luxe, déterminèrent un rapide essor de l'architecture domestique. Dès le début du irr siècle, s'élevaient des maisons à tournure de palais, telles celles de Crassus (~|*91)
1 Aie Fabianus sur la voie Sacrée ; Basilique Opimia (121) ; Portique Minucia Vêtus (110) : temples de la Concorde (121), de Castor et de l'olluv (117).
CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES
et de Lepidus, et, cinquante ans plus tard, on les comptait par centaines. Le tombeau de Cœcilia Metella, épouse de Crassus le triumvir, sur la voie Appienne — il date de l'an (10 — indique le développement qu'avait pris le monument funéraire.
3. L'ère impériale (27 avant J.-C. — IVe siècle après J.-C.) L'Empire tailla à l'architecture romaine une besogne énorme. Une rare
Cliché des Monuments Historique