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TRAVAUX PUBLICS. ÉDILITÈ. FORTIFICATION

Rien ne distingue mieux et ne recommande plus l'architecture romaine que son entente des travaux publics : en matière de voies de communication et d'adductions d'eau, non seulement elle éclipsa toutes les écoles qui l'avaient précédée, mais encore elle n'eut pas de rivale pendant près de deux millénaires. Il est vrai que, disciple de l'art étrusque, elle avait été à bonne école.

A la conception primitive de la piste que n'avaient jamais dépassée ses aînées, elle substitua celle d'un équivalent de la rue, à l'épreuve de l'usure et des intempéries ; c'était, entre deux larges accotements terrassés, une chaussée construite, véritable ruban de solide maçonnerie, dont le revêtement en cailloutis ou en dalles était maintenu à sec par la convexité de son profil. Elle était propice à la course rapide des courriers d'état tandis que, par suite de leur élasticité relative, les bordures convenaient à la circulation des piétons et des cavaliers.

PROGRAMMES DES TRAVAUX PURLICS ET D ÊDILITÉ 451

Les ponts romains n'opposaient point au passant des pentes excessives et, grâce à l'ouverture de leurs arches L, ils ne faisaient pas obstacle à la navigation et ne craignaient point les crues, d'autant moins que l'effîlement de leurs piles vers l'amont facilitaient l'écoulement du fleuve.

Ce qui reste du port d'Ostie atteste que les Romains savaient composer un ensemble complexe et raisonné de jetées, de bassins, d'entrepôts.

Cependant le triomphe du génie civil romain fut Y approvisionnement en eau des cités. Rien de mieux compris, de plus pratique, de plus sûr que son système, dont la qualité se mesure au fait que certaines réalisations sont encore utilisées aujourd'hui ! A la source, souvent lointaine, un bassin de captation ; à l'arrivée, un château d'eau (dividiculum) avec trois réservoirs affectés à l'alimentation : l'un des fontaines publiques, l'autre des bains, le troisième des particuliers. Entre les deux, une canalisation appropriée au relief du sol : ici, une rigole à fleur de terre couverte par des dalles ; là, des conduites en plomb ou en terre cuite, souterraines ou épousant le profil d'une vallée avec, dans les sections en contre-bas, des siphons destinés à prévenir les excès de pression et à favoriser la recherche des avaries; ailleurs, un canal porté par un pont dont le Pont du Gard (322), les aqueducs de la Campagne romaine, ceux de Ségovie, etc., offrent des exemples typiques et grandioses; de distance en distance, des regards pour l'aération du liquide et le nettoyage des tuyaux et, en des points choisis, des bassins filtreurs, des citernes voûtées, parfois de proportions colossales — telle la Piscina mirabilis de Baïes <jui couvrait plus de 1.900 mètres, ou encore les caves de Bordj Djedid qui, pour le service de Carthage, emmagasinaient plus de trente mille mètres cubes.

Une aussi juste compréhension et une égale entente des moyens de les satisfaire caractérisent les programmes édilitaires qu'établissait l'architecture romaine. Des rues bien dallées et soigneusement égouttées, pourvues de trottoirs et de jetées transversales avec ouvertures poulie passage des chevaux et des roues de voitures ; des places bordées de galeries; des fontaines multipliées; une évacuation rapide des pluies et des ordures; des marchés couverts abondamment approvisionnés d'eau; des bains nombreux et commodes; jusqu'à des latrines publiques avec drainage méticuleux de leur dallage et chasse d'eau, réalisaient des con-

' Elle mesure 20 mètres au pont de Trêves, 27 à celui d'Alcantara, 35m,10 au pxmt Saint- Martin, entre Aoste et Ivrée.

ditibns dJhvgiène, de confort, d'agrémeni que l'humanité du xxr' siècle n'est pas encore parvenue à restaurer intégralement (207).

La « paix romaine » qui dispensait de munir les villes de l'intérieur

de l'Empire et l'infériorité militaire des Barbares dépourvus de machines de siège furent cause que les Romains ne s'attachèrent point au perfectionnement de l'art de la fortification. Tel que le révèlent les murs de Pompéi, les ruines d'Aoste, l'enceinte dontAurélien dota Rome (299, m), le camp de Troesmis, la Porte Noire de Trêves, ... le système de défense romain comportait des courtines crénelées et casematées, avec Manquement par des tours carrées et, ménagées entre deux tours très proéminentes, sur plan polygonal ou semi-circulaire, des portes avec vestibule intérieur à ciel ouvert, entre une baie extérieure fermable par une herse et une intérieure à vantaux [ 2\)9. i, u).

PROGRAMMES DOMESTIQUES

Le programme romain de la mai- 299. — La fortification romaine. son de rapport était commandé par

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