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III. Mur d'Aurélien a Rome. l l

les frais de construction A Rome, on montait aussi haut que le permettait la loi. soit jusqu'à 70 pieds (20m,80) au-dessus du sol, une bâtisse légère, vouée à l'écroulement autant qu'à l'incendie et distribuée eu le plus grand nombre possible de misérables taudis, enfumés par suite du défaut de cheminées.

1 A la Porta l>rretoria d'Aoste, l'ouverture de la baie centrale mesure S"\*2ï : la profondeur du vestibule est de 1- mètres.

I'ItoCHAMMES DO.M.ESUQUES

Pour la maison bourgeoise , l'architecture romaine conçut successivement trois types : d'abord, elle pril modèle sur I'Étrurie; puis, vers la fin de la République, elle importa des éléments grecs; enfin, au cours de la période impériale, elle abonda de plus en plus dans le sens de son émule hellénistique. Toujours elle appliqua le principe oriental de l'occlusion des façades et d'une distribution par rapport à une courette intérieure. Par contre, les mœurs romaines n'imposant point la réclusion des

Cliché Alinari

Le péristyle de la maison des Vettii à Pompéi.

femmes, elle ne délimita pas aussi rigoureusement le domaine de la vie de représentation et celui de l'existence intime.

Le plan de la maison étrusco-romaine s'inscrivait dans le tracé d'un parallélogramme ou d'une figure approchante (301, i). Au centre, était réservé l'emplacement d'une grande salle quadrangulaire, dont le nom significatif d'atrium (la noire) lui était venu de son noircissement par la fumée cherchant sa route vers une large ouverture ménagée au milieu de la couverture el appelée compluvium. Une bonne partie de cette aire était donc à ciel ouvert : on l'appelait cavœdium (cavum œdmm). Elle

se creusait d'ailleurs en un bassin [impluvium) qui recueillait les eaux pluviales égouttées par la toiture et envoyait son trop-plein dans une citerne sous-jacente (puteus). Quant à la région abritée de l'atrium, elle constituait une galerie qui desservait toute l'habitation. L'entrée développait, depuis la rue, la succession d'un porche (vestibulum), parfois en saillie, généralement en retrait, d'une porte et d'un couloir [faite es) sur lequel donnait la loge du portier.

Au milieu, du côté opposé de l'atrium et sur toute la largeur, un espace carré était occupé par une salle dénommée tablinum, dont le front était entièrement béant, sans autre moyen de fermeture que l'écran d'un rideau. C'était l'habitat ordinaire du maître, à la fois soncabinetde travail, ses archives, son salon pour la réception des clients qui, chaque matin lui faisaient visite. Sa position qui commandait tout le logis, sa grandeur, sa large ouverture l'appropriaient parfaitement à ces diverses destinations. A droite et à gauche, il était flanqué d'une chambre devant laquelle le prolongement de la galerie'postérieure de l'atrium constituait une logette (ala) affectée à l'exposition des images des ancêtres.

Depuis ces « ailes » jusqu'à la rue se développait une suite de locaux à usage de chambres à coucher, de cuisine, de communs. Une élévation d'un étage était fréquente, en vue du logement des esclaves et parfois d'une location.

En somme, une distribution claire, pratique, expressive de la destination et marquée de caractère, qui soumettait la demeure entière au patronage des ancêtres comme à l'œil du maître, du rôle social duquel elle favorisait la manifestation et l'exercice.

L'imprégnation de la civilisation romaine par l'hellénisme compliqua le programme des hôtels de riches de la distinction d'un sélamlik et d'un harem (301, n). Pour le premier, le dispositif étrusco-romain convenait parfaitement; on le conserva, et on réalisa le second en constituant derrière lui un ensemble symétrique, dénommé péristyle (300). Celui-ci avait pour élément essentiel une cour avec bassin ou parterre et ceinture de portiques, sous lesquels s'ouvraient des salons fermés [œci) ou ouverts [exedrse), des salles à manger d'été et d'hiver, des galeries d'art, des bibliothèques, des chapelles. Parfois on redoublait le péristyle et on ajoutait le luxe d'un jardinet. La communication entre le harem et le sérail était assurée par un couloir contigu au tablinum et, au besoin, par le retrait de la cloison mobile qui servait de fond à ce dernier.

Cette formule était d'ailleurs susceptible de variantes appropriées aux

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i ..i) L ARCHITECTURE ROMAINE

conditions «lu lieu et au goût du propriétaire. D'abord modeste, l'échelle de ses applications grandit rapidement sous l'Empire, en corrélation avec les progrès du luxe romain.

[/économie pratique de l'habitation était bien comprise : des vélums ombrageaient 1rs cours ; des bassins, des vasques, des jets rafraîchissaient l'air en même temps qu'ils amusaient les yeux. Le drainage et l'évacuation des eaux ménagères el des ordures étaient assurés par une canalisation reliée aux égouts municipaux: des cheminées aspiraient la fumée des cuisines. Tout programme un peu soigné comportait une installai ion confortable de bains et souvent un chauffage central par calorifère, avec circulation de l'air bridant sous les planchers et derrière les parements des murs.

A Rome, le palais impérial ne fut qu'un développement en grandeur et en luxe de l'hôtel privé. Si on prend comme exemple celui des Flaviens sur le Palatin, connu sous le nom de Domits Fluciana, on y distingue à première vue les équivalents amplifiés de l'atrium et du péristyle (301, ni).

Le premier est un corps de bâtiment dont la façade est précédée d'un portique : en bordure d'une cour centrale, ceinte de galeries, se succèdent divers locaux : au milieu du coté antérieur, une vaste salle du trône [du la reyià flanquée dune petite basilique avec tribunal pour l'exercice du pouvoir judiciaire du prince et d'une chapelle privée lârariiim); au fond, une ordonnance symétrique a disposé une salle des fêtes entre un salon d'hiver et un d'été nymphœum), rafraîchi par un bassin.

Le harem est distribué autour d'une cour à péristyle et agrémenté d'un grand jardin inscrit dans une enceinte oblongue, terminée à chaque extrémité en hémicycle el infléchie en exèdre au milieu d'un des côtés longs.

Au total un ensemble logiquement organisé et de grande tournure.

Les ruines du palais de Dioctétien, à Spalato, révèlent le programme d'un château impérial au déclin de l'Empire (301, iv). Conditionné à la fois par les tendances orientales de la civilisation romaine de ce temps et par 1 insécurité d'une région proche de frontières menacées, son programme était celui d'une capitale fortifiée. La disposition générale répétait celle d'un camp romain : une aire carrée, ceinte d'une muraille que flanquaient des tours, était divisée en quatre secteurs parla croisée de deux voies médianes. La moitié septentrionale constituait le quartier administratif (casernes, bureaux, magasins), distribué en bordure de deux grandes cours à portiques. La moitié méridionale était répartie en deux régions : au nord.

PROGRAMMES POMESTIQUES 4 : j 7

deux cours symétriques de part et d'autre de l'avenue, contenaient, Tune la chapelle, l'autre le tombeau du maître; au sud. s'allongeait un palais. Ce dernier auquel on accédait par un grand vestibule circulaire, comprenait, au centre, des salles de réception, sur les ailes des appartements et, face à la mer, une longue galerie. Encore une ordonnance marquée au coin de l'ordre et de la grandeur.

Les Romains conçurent trois types à! habitation extra-urbaine. Sans

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