IV. Basilique de Maxence
par l'application à la paroi interne d'une muraille simple d'un panneau de ces carreaux de terre cuite à protubérances, que nous avons signalés plus haut, et en arrière duquel leurs saillies déterminaient un vide de 7 centimètres environ (318, vi).
En ce qui concerne les escaliers, les Romains étaient experts à en construire de toutes sortes, d'apparat et secrets, à révolution carrée ou circulaire, montés sur voûte comme sur massif, réalisés en pierre ou en briques.
Le Couronnement de baie.
Comme couronnement de baie, les Romains préféraient au linteau monolithe l'arc ou la plate-bande clavée, déchargée ou non.
LES PROCEDES
Ils portèrent à la perfection la construction du premier, dont ils devaient la formule à leurs maîtres étrusques. Ils le bandaient presque toujours selon le plein-cintre; rarement, selon un segment de circonférence; exceptionnellement — c'était une pratique des écoles de la Cyrénaïque et de l'Orient — selon la courbe brisée d'une ogive obtuse. L'assemblage des blocs, réalisé à sec, était aussi soigné et aussi réussi que leur taille. On se précautionna il contre les risques de glissement et de déplacement latéral, en rendanl les blocs solidaires au moyen d'un système d'agrafes métalliques et d'emboîtements à tenons et à mortaises (320, 1, n). Parfois,
Structure d'arcs romains.
I, 11. Liaisonncmeiu par pénétrations (tombeau sur la Via Appia, Cotisée). — II'. Claveaux on équilibre (grande colonnade de Palmyre). — IV. Décharge d'un arc par une plaie bande clavée (Tabularium romain). — V. Arc eu concrétion (Home. Palatin). — VI. Id. concrétion et briques. — VII, VIII. Id. en pierre et brique (Pompci, Trêves). — IX. Plate-bande clavée en briques. — X. Disposilif pour réduire les dimensions îles cintres. — XI. ht. à Rome. — XII. Plaie-bande clavée déchargée par un arc (Théâtre d'Orange).
en vue de faciliter l'exécution et de réduire le cintrage au minimum, on adoptait — Palmyre en offre un exemple typique — un compromis entre le système du clavage et celui de l'encorbellement : on relevait le plus possible le plan des lits et on employait de longs voussoirs coudés que maintenait en place le poids de leur queue posée à plat (320, ni). 11 arrivait qu'un arc fût soulagé par la construction en plate-bande clavée d'une assise au-dessus de lui (320, xn).
L'arc tout en pierre de taille était concurrencé par un type mixte où alternaient des voussoirs lapidaires et des briques: par un autre dont celles-ci fournissaient toute la matière; enfin par un troisième, le plus romain et le plus original de tous, un moulage de conglomérat de blocage et de mortier avec une armature en briques (320, v, vi, vin, ix).
is2 l'architecture romaine
Cependant les Romains paraissent avoir eu un faible pour le système si ingénieux de la plate-bande clavée, dont nous avons noté plus haut1 l'origine étrusque, mais auquel ils apportèrent d'importants perfectionnements. Ils risquaient des portées de près de S mètres (4m,8G au théâtre d'Orange), confiants dans l'excellence de la taille des blocs qu'ils assemblaient sans mortier : parfois ils en consolidaient l'appareil par des pénétrations consécutives à une découpe à ressauts des faces jointives même, voire à la sculpture de languettes et de rainures (320, xn; 321, \ . En outre, presque toujours ils réduisaient le travail à la flexion d'un linteau ou d'une architrave de cette sorte, en bandant au-dessus d'eux un arc qui soutenait la bâtisse supérieure (320, xu).
La même précaution était prise quand la plate-bande était faite de briques, comme cela se voit à la basilique de Maxence où le surplomb est de r,8(> (320, ix).
Le portique.
En t'ait de soutien isolé, c'est le pilier qui obtint les préférences de la construction romaine : elle l'édifiait en pierre ou en briques, avec le souci de proportionner économiquement sa section à celle des parties portantes.
Elle faisait une colonne parfois d'un monolithe de roche dure, granit ou porphyre; plus souvent d'une pile de tambours en marbre, en calcaire dur, voire en tuf; volontiers elle en construisait en briques, ou même en conglomérat lié à une armature en briques. A l'exécution d'un fut lapidaire elle appliquait avec plein succès les procédés helléniques que nous avons exposés plus haut2, y compris l'artifice réducteur des surfaces jointives de deux tambours à celles de deux couronnes périphériques. Plus précautionneuse que son émule, elle multipliait les tenons qu'elle faisait de fer et scellait au plomb : elle en usait même à la jointure de la base et du stylobate. Si la structure d'une colonne en briques devait être apparente, elle était — témoin celles du temple du dieu Rediculus et de l'amphithéâtre Gastrense — très adroitement appareillée avec des matériaux de- forme appropriée (321, m); sinon, elle consistait soit en une maçonnerie avec remplissage de conglomérat, soit en une ossature de carreaux, dont les intervalles étaient comblés par de la concrétion (321, i, n).
Le couronnement d'un portique sur colonnes était réalisé presque tou-
1 Cf. p. 233.
5 Cf. p. 290,291.
LA CONSTRUCTION
LES PROCEDES
jours à la mode grecque, au moyen «l'une architrave monolithe ou clavée, exceptionnellement à l'aide d'un arc '. En Occident, les portées connues de poutres lapidaires varient de 4 mètres à un peu plus de 5; en Orient, elles étaient un peu plus considérables2. Pour diminuer les risques de fracture de l'architrave, les Romains ou bien la taillaient avec la frise dans une seule assise, ce qui augmentait la résistance à la flexion, ou plutôt, par une heureuse application de leur double principe delà division