‹ L'architecture (volume 2)Chapitre 215 sur 266 · ÉO S · texte numérisé non relu

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Cliilié des Monuments Historic|Uf s.

L'aqueduc de Nîmes dit Pont du Gard.

de (lenticules, le larmier et la cimaise, sont détaillées dans l'élévation d'un bloc unique.

Le sol et la couvert lire.

Couramment les Romains constituaient un sol au moyen d'un carre-* lage. Vers le milieu du 11e siècle avant notre ère, ils empruntèrent à l'architecture hellénistique le système de la mosaïque de pierre, qu'ils assemblaient sur une couche de plâtre étendue sur une nappe de sable, elle-même établie à la surface d'un lit de mortier. Ils se défendaient contre l'humidité de la terre et contre le froid, en ménageant sous le carrelage, un vide que pouvait emprunter un courant d'air chaud issu d'un calorifère.

LES PROCEDES

Pour la couverture de ses édifices, l'architecture romaine disposait de plusieurs systèmes, au nombre desquels il en est de tout à fait remarquables, sinon entièrement de son invention, du moins tellement perfectionnés et si parfaitement mis au point par elle, qu'ils lui appartiennent : aussi bien sont-ils marqués au coin de cet esprit d'organisation, de cette simplicité, de cette économie avisée qui caractérisent et recommandent son œuvre constructive.

En pratique courante, elle se contentait de plafonds en charpente ou de légères carapaces en mortier, raidies par une armature interne en treillage de poutrelles et de roseaux. Le premier de ces systèmes était

323. — Maison toute en pierres du Maman. (D'après M. de Vogue, Arck. de la Si/rie centv.)

employé même pour de très larges nefs, témoin la basilique Ulpienne. Dans ce cas la matière était parfois métallique, de bronze, peut-être même de fer (317, i).

Volontiers, les Romains fermaient un vaisseau étroit au moyen de dalles en pierre, parfois allégées par l'évidement de caissons sur leur face inférieure : celles qui sont encore en place à l'amphithéâtre d'Arles ont une portée de 3m,24 et une épaisseur de G1", 45 (324, u; 323).

Le portique du temple de Vesta, au pied du Palatin, offre un exemple de plafond obtenu par l'affrontement de deux blocs, en équilibre l'un sur le mur de la cella, l'autre sur l'entablement de la colonnade (324, i).

Exceptionnellement en Occident, normalement en Syrie, on divisait un vide oblong en travées, à laide d'arceaux perpendiculaires au grand axe, et sur eux on posait les extrémités de dalles en pierre (324, ii-iv).

Cependant, c'est à la couverture par voûte qu'allèrent toutes les préférences des Romains : aussi bien, de toutes les solutions possibles, était-

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ce celle qui se prêtait le mieux à la réalisation de l'idéal de vâstité que révèlent leurs programmes d'édifices publics. Ils étaient redevables du principe aux Etrusques, mais ils en tirèrent de tels développements qu'en ce qui concerne cette partie de l' architecture, l'histoire universelle de Fart leur assigne une place d'honneur en compagnie de leurs émules byzantins, perses de l'époque sassanide et italiens de la Renaissance.

Ils connurent et pratiquèrent tous les modes et tous les systèmes : voûte en berceau, voûte plate, voûte d'arête, en arc de cloître, en cul-defour, en coupole; voûte appareillée en pierres ou en briques et voûte par concrétion de blocage et de mortier. Ils surent associer en un même édifice plusieurs types et réaliser leur mutuelle pénétration Mais, pratiques, ils évitèrent les combinaisons complexes et s'efforcèrent, sans rien sacrifier de la solidité, de réduire au minimum les travaux préparatoires, le rôle des moules et les difficultés d'exécution.

Comme voûte appareillée, c'est le berceau demi-cylindrique que préféra l'école romaine d'Occident. Elle le tournait avec soin, sans liaison au mortier, mais avec consolidation par des emboîtements et par des scellements. Elle se distingua par l'ingéniosité et le succès des artifices auxquels elle demandait une diminution du nombre et de l'importance des charpentes servant de formes pendant la construction. Fallait-il une suite d'arches — pour un pont, par exemple, elle avait soin que chacune lût indépendante, afin d'être dispensée d'établir autant de cintrages qu'il y avait d'unités, et de pouvoir les édifier successivement avec un petit nombre de moules, à la rigueur avec un seul (324, vin: 322). Mieux encore, cette forme unique, elle imagina de la ramener aux proportions d'un étroit et léger cintre d'arc : en effet, les amphithéâtres de Nîmes et d'Arles nous apprennent qu'au lieu de monter le berceau à partir de sa naissance sur toute sa longueur, on le réalisait par la juxtaposition d'arcs indépendants 324, vi). Un troisième progrès — encore plus remarquable, parce qu'il simplifiait la construction définitive autant que la provisoire — résulta d'une application à la voûte du principe si fécond de la division du travail et de la bâtisse à ossature : comme si leur rôle était assimilé ii celui des côtes dans laçage thoracique d'un corps, les arcs furent espacés et servirent de soutiens à une chape de dalles ou de béton : du coup se trouvait économisée plus de la moitié de la matière, du travail et du temps 321, iv, vu).

La couverture du grand temple de Baalbek, dont le surplomb me-

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