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La couverture romaine

I. Temple de Vesta à Rome. — 1I-IV. Mon. de la Syrie centrale. — V. Bains de Diane à Nimes. — VI. Système de construction des arches du Pont du Gard. — VII. Berceau (Nimes). — VIII. Amphithéâtre d'Arles. — IX. Palais sur le Palatin. — X, XI. Structure des voûtes des Thermes de Caracalla. — XII. Id. du Panthéon. — XIII. Mausolée de Constantia. — XIV. Voûte appareillée en éventails du tombeau de Dioclétien à Spalalo. — XV, XVI. Slructure d'arceaux noyés dans les voûtes en concrétion.

sure 22'", 50, atteste que l'école romaine d'Orient s'entendait également à appareiller un berceau en pierres de taille.

En Occident, à partir du 1er siècle de notre ère, une exécution en briques était courante, même à grande échelle. La couverture d'un aqueduc à Eleusis montre que l'architecture romaine d'Orient appréciait le procédé, que nous avons observé en Egypte et en Mésopotamie1, de la construction d'une voûte par tranches. L'école occidentale préférait le système des assises rayonnantes, dont l'application comportait d'ailleurs la même économie de cintrage que lorsque la matière était lapidaire. Au lieu d'une forme continue, on montait des cintres d'arc espacés sur lesquels on maçonnait des chaînes de grandes briques mesurant 0m,59 de côté : leur ensemble constituait le moule nécessaire.

L'architecture romaine n'était point embarrassée de voûter en berceau un vaisseau annulaire ou une galerie montante : dans ce dernier cas, elle se tirait d'affaire en développant une lile de berceaux, chacun desquels naissait à un niveau plus élevé que le précédent : outre l'avantage de la simplicité, cette solution, dont les « bains de Diane » à Nîmes offrent un exemple, avait encore celui de faciliter l'éclairage (324, v).

Un type original, caractéristique de la construction romaine, est la voûte plate, appareillée selon le principe de la plate-bande clavée : les ruines de la maison d'Auguste, sur le Palatin, en offrent une réalisation qui, après vingt siècles écoulés, surplombe encore le vide sur une longueur de 3m,50 et sur une largeur de 2"',40.

Les applications romaines du système de la voûte d'arête appareillée sont rares, à petit échelle et confinées en Orient, à Pergame, à Djérach. Leur structure manifeste cette simplicité pratique que nous avons déjà eu mainte occasion d'admirer : elle évite, en effet, les complications de taille et les risques de rupture qu'implique une conformation coudée en crossette des voussoirs d'arête, et elle préfère leur chevauchement d'une assise à l'autre (207, m).

De même pour la voûte en arc de cloître, résultant de la rencontre de deux berceaux en pierre de taille sans pénétration d'appareil : on ne la trouve qu'en Syrie et en Asie Mineure. De même aussi pour celle en cul-de-four, dont la réalisation lapidaire est propre aux provinces orientales de l'Empire, notable, par exemple, à Baalbek, à Djérach, à Spalato.

1 Cf. p. 71 et L38.

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De même, enfin, pour la coupole appareillée : on l'observe en Asie, coiffant un tambour — témoin le petit temple rond à Baalbek — ou surmontant un vaisseau carré — les exemples n'en sont pas rares en Syrie : dans ce dernier cas. le raccordement de la section circulaire de la calotte au plan angulaire est obtenu par l'artifice d'un encorbellement, réalisé soit en posant des dalles sur les angles, soit en appareillant un pendentif sous la forme d'un triangle sphérique, par assises horizontales.

Cependant le mode proprement romain de réalisation de ces divers systèmes de voûtes était le moulage d'une carapace en conglomérat de mortier et de blocage, arec armature en briques. Le procédé apparaît dés le 1" siècle de notre ère; sa mise au point et sa vogue datent du 11e siècle; jusqu'au déclin de l'art romain, il resta en faveur et fut appliqué de main de maître. 11 était simple, économique et, moyennant quelques précautions, excellent. Sur une forme charpentée on tassait la matière par couches non rayonnantes, mais horizontales; on laissait sécher, on démontait le moule et pourvu que le sol ne tremblât pas et que la malfaisance humaine ne s'en mêlât point, cela était — témoin le Panthéon et la basilique de Maxence - assuré de durer indéfiniment.

La condition du succès «'tait une parfaite stabilité de la concrétion : durant la confection et la prise, le moindre mouvement de la forme sousjacente causait des solutions de continuité et, l'œuvre achevée, tout déversement des murs de soutien devait entraîner des fractures et, par suite, un effondrement. Contre le second de ces dangers, l'architecture romaine se défendait par l'expédient d'un robuste contrefort — muraille extérieure, comme au Panthéon, éperon apparent ou masqué par des corps de bâtiments attenants, comme à la basilique de Maxence (319). Pour ce qui était du premier péril, elle le combattait efficacement par d'ingénieux artifices d'exécution et par une application de son système de bâtisse organique, divisée en une partie d'ossature et en une de remplissage.

Et d'abord, elle savait se dispenser* d'un excessif travail de charpenterie provisoire. Au lieu de masser la concrétion directement sur le moule en Lois, elle commençait par façonner à la surface de celui-ci une voûte légère en grandes briques carrées de deux pieds de côté, doublée d'une seconde en matériaux de moindres dimensions ou encore, comme c'était l'usage en Gaule, en moellons de faible échantillon. Cette cuirasse permettait une grosse économie d'échafaudages, tout en assurant un ferme appui à la concrétion 324, xi .

Un bon moulage <lc celle-ci était d'ailleurs facilité par le soin qu'avait le constructeur romain de monter au préalable, à partir de la crête des murailles, des arceaux de briques convergeant vers le sommet de la voûte, souvent reliés de distance en distance par des anneaux de la même matière et aussi, quelquefois, par des arcs : de sorte que l'ensemble formait un squelette, dont les vides étaient bouchés avec du conglomérat, •i-i. ix, x, xn). On voit les avantages du système : garantie supplé-

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