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CHAPITRE V

LEFFET

La recherche de l'effet réussit moins à l'architecture romaine que la réalisation des programmes et l'attaque des problèmes de construction.

D'abord elle l'exagéra. Sans doute, faut-il la louer de ne l'avoir point négligée., même quand son but était de l'ordre le plus modestement utile : d'avoir aimé que l'accès d'une ville, d'une place, d'un pont fût signalé

Coupe à la même échelle du Panthéon et de la cathédrale de Cologne.

par un arc de triomphe; qu'un marché fût monumental; que l'humilité de latrines publiques fût relevée de l'éclat de sièges en marbre et de pavements en mosaïques '. Néanmoins elle prête à la critique pour avoir contracté, vers le milieu du premier siècle avant notre ère, un goût du luxe qui, quelque cent ans plus tard, tourna à la passion et. à partir du début du 111e siècle de notre ère, s'exaspéra en une frénésie de splendeur. On peut encore lui reprocher d'avoir conçu le facteur d'effet non comme partie intégrante de l'édifice, mais comme une addition, indépendante de la structure; ce qui l'entraîna, quand elle eût adopté la bâtisse par concrétion, à envisager le décor plastique sous l'espèce d'un

1 Cf. par exemple, les air- de Rimini, de Timgad, etc., la Porte Noire a Trêves : le Pont de Saint-Ghainas cm Provence : les marchés de Pouzzoles ei de l'ompéi : les latrines île Timgad, etc.

L EFFET

mince placage et, finalement, à réduire de plus en plus la pari de la sculpture au profit de celle de la couleur, voire de celle des aspects de substances précieuses.

Enfin, nous sommes fondés à regretter qu'une école qui, en matière de plans et de construction, fut un modèle d'ingéniosité, ait manqué d'invention décorative, ait été vouée à la symétrie et se soit traînée dans l'ornière hellénique.

Ce n'est pas à dire qu'envisagée sous le rapport de l'effet, l'architecture romaine apparaisse dénuée de mérites.

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