EFFETS DF. PARURE : EFFETS DE COULEUR
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harmonies simples et franches, enfin de réaliser l'accord de la palette avec le degré d'éclairage et avec la destination du lieu. Habiles à la préparation et à l'application des matières, versés dans la connaissance des
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Cliché Beato.
67. — Citasses de Ramsès lit. Face extérieure du mur méridional du tendpl de Médinet Habou.
relations des couleurs, les décorateurs qu'elle employa ont créé des modèles d'enluminure monumentale1.
Leurs moyens étaient divers : peinture, applications de métaux, incrustations, revêtements émaillés
Leur palette était surtout chargée de bleu, ensuite de rouge; puis venaient le jaune, le vert, le noir, le blanc.
Exécutée au blanc d'oeuf ou à la gomme, par le procédé tantôt du badigeonnage, tantôt de l'apposition de taches et de rehauts, la peinture décorative égyptienne est aussi remarquable par son adhérence au support et par l'inaltérabilité de ses pigments, que par la beauté et la vigueur de son coloris.
Le métal était utilisé sous l'espèce de doublures en cuivre, d'appliques en bronze, doré ou non, ou de dorures posées sur des saillies ou dans des creux.
La polychromie par incrustation sur pierre, sur stuc, sur ciment, était fort appréciée : les matières de remplissage étaient du plâtre, des fragments lapidaires, ou encore des pâtes de verre teintées. C'est ainsi qu'aux ruines du palais de Tell el Amarna, on avait enchâssé dans du calcaire blanc de l'obsidienne noire, du quartz rouge, du granit noir; dans du quartz jaune, des morceaux des sortes noire ou rouge; dans du granit rouge, de l'albâtre ; dans de la pierre naturelle, des émaux bleus et rouges.
Enfin, on faisait usage de carreaux vernissés ou émaillés. Une des chambres de la pyramide à degrés de Saqqarah (IIIe dynastie) était revêtue de plaquettes rectangulaires, légèrement convexes sur leur face apparente et dont la teinte était, pour le champ, verte ou chamois et, pour les hiéroglyphes des inscriptions, bleue, rouge, jaune, verte. La constance de l'emploi de ce précieux facteur de polychromie, au cours de l'histoire égyptienne, est attestée par de nombreux documents'.
Choir et interprétai ion des motifs.
Considérée sous le rapport du choix et de l'interprétation des motifs, la décoration architecturale égyptienne manifeste du goût pour des arrangements géométriques de motifs naturels stvlisés. Elle en tirait d'ailleurs les plus heureux effets, grâce à l'agrément des combinaisons, à la franchise des tracés, au rythme des ordonnances, à la richesse ou à l'harmonie de la polychromie. Ses éléments favoris étaient la ileur du lotus, du papyrus ou du lis, fermée ou ouverte, des palmettes, des rosettes, des enroulements
Les thèmes qui sont empruntés à la réalité végétale, animale ou humaine, révèlent à la fois cette acceptation des conditions naturelles que
1 Briques jaunes et vertes, timbrées du cartouche de Pepi I (VIe dynastie) : carreaux recueillis dans la partie du temple de Karnak édifiée par Aménophis I ; vestiges divers découverts en quantité à Tell el Amarna. au temple de Ramsès III à Medinet-Habou, et surtout dans un édifice bâti parle même prince à Tell el Yahoudieh, au nord du Caire, et à la décoration duquel concouraient essentiellement des plaquettes de céramique et des pâtes de verre.
L AIW.HITECTUKE EGYPTIENNE
nous avons plusieurs l'ois signalée, une conception très naturaliste du décor; enfin, dans une très large mesure, le sentiment de la convenance au lieu et à la destination.
Dans un intérieur, ils étaient aimables, riants, divertissants, évoeateurs des aspects de nature ou de spectacles de la vie courante, familiers et sympathiques au maître du logis: sur le pavement, des images d'eau, de terrain, de plantes, de poissons; au bas des murs, des végétaux, des ani-
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69. — Partie de plafond dans un tombeau thébain (X VIIIe dyn.). (D'après Prisse, op. cit.
maux, des insectes ; sur la zone supérieure des parois, de plaisantes scènes de genre (70, 71).
Le décor du tombeau était exactement approprié aux besoins que les croyances attribuaient à son occupant. Aussi longtemps qu'on se figura la vie dans L'au-delà comme un « double » de celle de l'en-deçà, il consista en lidèles représentations des- conditions et des caractéristiques de l'existence terrestre du mort, des éléments de sa fortune, des signes de sa position sociale, de ses faits et gestes utiles ou agréables.
Quand naquit, au temps du Nouvel Empire, la conception plus spiritualiste d'une migration des âmes en un autre inonde, habitat nocturne du Soleil, on figura les divinités et les génies de l'Hadès, les étapes de la course solaire, les pérégrinations et le jugement des mânes.
Il n'y avait pas moins de convenance dans la parure d'un temple, car elle visait à accuser non seulement sa destination de « Maison d'un dieu », mais aussi les causes profondes, les conditions et les circonstances de son édification : l'humble et anonyme piété du pays entier, la dévotion d'un Pharaon, seul intermédiaire qualifié entre l'homme et la divinité, souvent la reconnaissance d'un souverain exaucé par Amon. La décoration de l'intérieur tendait à lui imprimer l'apparence d'une réduction de l'Egypte. Badigeonné d'azur, parsemé d'étoiles d'or, le plafond était pro-
(1. —Fresque clans un tombeau thébain. (D'après Prisse, op. cil.)
prement un ciel; au-dessus de l'allée centrale d'un vaisseau hypostyle, il montrait une file de vautours qui à la fois achevaient l'assimilation et paraissaient garder la voie d'accès au sanctuaire (35, 72); à l'époque ptolémaïque, il était en outre animé par les figures des divinités et des génies des saisons, des mois, des constellai ions. Que le sol d'une salle fût vraiment un coin de la vallée du Nil, c'est ce qu'annonçaient clairement et les colonnes conformées en lotus, en papyrus, en palmiers, et les images de végétaux indigènes disposées au bas des murs, et la procession sur les parois de personnages porteurs d'offrandes symbolisant le Nil et les cantons ; enfin, la règle d'opposer, en accord avec la primitive division politique de l'Egypte en deux royaumes du Nord et du Sud. une région septentrionale où dominait l'image du papyrus, emblème héraldique de la liasse Egypte, et une méridionale où régnait la représentation du lis, signe armoriai du