I. Colonne de la salle des fcHes de Thoulmosis 111, à Kar
nak. — 11. Suulien d'un dais. —
son aspect est suffisamment expressif de la fonction ni. signe hiéroglyphique de ia
, , ... maison. — IV. Signe hiérogly-
fel delà structure et sa conformation est assez phique de la salie, franche et harmonieuse, pour que l'apparence totale
soit des plus heureuses et que soit assurée aux inventions de l'Egypte une place d'honneur dans la série de l'art universel.
EFFETS DE PARURE
A toutes les époques de sa carrière et de plus en plus à mesure qu'elle prenait plus d'âge, l'architecture égyptienne marqua un faible pour les
effets adventices qui naissent delà beauté des matières, de la polychromie et d'une décoration par ornements ou ligures.
Effets de matière.
Quand elle n'avait pas le moyen de bâtir en matériaux de choix, elle recourait à l'artifice d'un revêtement. Dès les temps protohistoriques,
6a. — Colonnade du temple d"]sis, à Philœ.
cette pratique s'annonce par un lambrissage en planches des parois des chambres sépulcrales et par un crépissage au pisé blanchi ou au plâtre. Plus tard, un monument était-il d'importance, les ressources étaient-elles suffisantes, on ne manquait pas de faire les frais d'un placage en pierre choisie, qu'on polissait à la perfection, de façon qu'il réfléchît l'éclatante lumière du ciel égyptien. C'est ainsi que les grandes pyramides de Gizeh étaient tout habillées du plus fin calcaire du Mokattam, sauf la base qui était ceinturée de granit; qu'àDachour, les pyramides en briques d'Ousir-
66. — Décor gravé ou peint (Temple de Hathor à Deir-eL-Médiné). (D'après Descr. de l'Eg.)
104 l'architecture égyptienne
tasen III et d'Amenemhet III portaient un masque de pierre; ainsi encore étaient plaqués : de calcaire choisi, la grande galerie de la pyramide de K.liéops; de granit, la chambre funéraire; de basalte noir, l'intérieur du tombeau de Néouserré à Abousir, etc.
Communément, surtout sous le Nouvel Empire, on utilisait le procédé plus économique d'un enduit en stuc, soigneusement lissé, qui offrait encore l'avantage, apprécié par une civilisation amoureuse de luxe et curieuse d'images, de faciliter l'exécution de reliefs et de gravures. Pour de modestes constructions en briques, on se contentait d'un crépi en limon blanchi.
Par goût et aussi parce que le programme d'un temple ou d'un tombeau comportait nécessairement une partie considérable d'imagerie et d'inscriptions, l'architecture égyptienne en vint, sous le Nouvel Empire, à décorer toute surface disponible, qu'elle appartînt à une colonne ou à une muraille, à un plafond ou au sol; qu'elle fût intérieure ou extérieure. Heureusement les défauts consécutifs à une telle prodigalité se trouvèrent atténués dans une large mesure par certaines particularités de l'expression plastique de l'art égyptien, telles qu'une abréviation très décidée du rendu, une coloration par teintes plates, une composition processionnelle, une mise en perspective par registres superposés, toutes plus ou moins exclusives d'apparence réaliste et génératrices d'un effet de tapisserie plutôt que de tableau.
Le mode de réalisation du décor était, le plus souvent, la gravure ou la peinture murale (31, 37, 44, 66) ; assez fréquemment un champlevagë creusant la surface autour du motif épargné (67) ; plus rarement, la sculpture en très bas-relief.
Effets de couleur.
Qu'elle fût extérieure ou intérieure, la décoration comportait essentiellement un effet de couleur. Au dehors, cela était indispensable pour donner du corps à l'édifice dont les formes, nous l'avons observé, risquaient de s'évanouir dans le rayonnement d'une lumière éblouissante et dont la silhouette se détachait souvent mal sur des fonds de rochers ou de sable brillamment illuminés. Au dedans, elle rendait le service de réchauffer et d'égayer la pénombre des portiques et des salles hypostyles et l'obscurité des sanctuaires. L'architecture égyptienne eut le mérite de comprendre la nécessité, égale dans Jes deux cas. de rechercher la richesse de la teinte et la hauteur du ton; de contraster l'échantillonnage et d'ordonner des