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Partie de plafond de temple. D'après Prisse, op. cit

n'étaient qu'images divines : celles du maître de céans, de ses parents, de ses congénères.

Aussi bien, l'ingéniosité de l'invention recommande mainte production de la décoration architecturale égyptienne. Telle, dans la cage d'un escalier du temple de Dendérah. donnant accès aux terrasses, la représentation d'une procession qui, d'un côté, monte et. de l'autre descend; telle encore la figuration sur le sol, aux passages foulés par les pieds de Pharaon, de captifs sculptés ou peints, comme on en voit au seuil d'un édifice ruiné de l'Ancien Empire, à Hiérakonpolis, ou dans l'allée centrale d'une salle du palais d'Aménophis IV, à Tell el Amarna.

Il convient de présenter d'ensemble et presque sur le même plan l'œuvre architecturale des trois contrées qui, dans l'histoire ancienne de l'Orient, portent respectivement les noms de Chaldée, d'Elan» et d'Assyrie et qui sont constituées : la première par les plaines que baignent l'Euphrate et le Tigre, à partir du point où ces cours d'eau se rapprochent; la seconde par des terres basses, voire marécageuses, à l'est du Chatt el Arab, et par des terrasses étagées jusqu'aux monts en bordure de l'Iran; la troisième par les plateaux qui s'élèvent, au nord de la Chaldée, jusqu'au pied des montagnes arméniennes.

Nécessairement, sur une étendue aussi considérable et au cours d'une histoire dont les révélations d'une exploration à peine amorcée permettent déjà d'évaluer la durée à trois millénaires au moins, l'art de bâtir ne procéda point partout et toujours de la même façon. Mais, outre que nous ne savons presque rien de la primitive production élamite, que nous entrevoyons seulement la chaldéenne et que l'assyrienne est loin encore de nous avoir livré tout son secret1, une étroite parenté a dû unir, à une même époque, les diverses architectures locales et, dans la suite des temps, les différents âges de leur développement : les écoles étaient voisines, soumises aux mêmes servitudes physiques, influencées par des mœurs semblables et, maintes fois, elles furent rapprochées par le groupement des pays sous une même autorité ; d'autre part, en ces parages, les civilisations sont si traditionalistes qu'aujourd'hui encore les maçons de la région de Khorsabad ne construisent pas autrement que leurs pré-

1 Notre connaissance des architectures mésopotamiennes est encore rurlimentaire, à cause de l'insuffisance numérique et scientifique des fouilles et aussi de la ruine des monuments, conséquence à la fuis de la fragilité d'une construction essentiellement en terre et des ravages de guerres fréquentes et sauvages.

LA COMMANDE

déeesseurs aux mêmes lieux, il y a vingt-six siècles ! En vérité, malgré les centaines de kilomètres et les dizaines de siècles qui les séparent, c'est à une seule et même famille artistique qu'appartiennent les ruines de Warka ou de Tello, de Ninive et de la seconde Babylone.

CHAPITRE 1» HEM 1ER LA COMMANDE. - CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES

LA COMMANDE

De bonne heure, — pour le moins dès le début du troisième millénaire avant notre ère et, sans doute, bien plus tôt, — la Mésopotamie réalisa la condition première d'une activité artistique, la prospérité matérielle.

A des revenus lixes considérables les souverains ajoutèrent fréquemment des ressources extraordinaires, fruit de la politique de conquêtes et de razzias dont ils étaient coutumiers. Investis d'une puissance illimitée et dotés par la crédulité de leurs sujets d'une qualité semi-divine, ils n'épargnèrent rien pour assurer à leur sublime dignité le cadre approprié de demeures magnifiques, non point légères et périssables comme celles des Pharaons, mais solides et fortes, chacun mettant son amour-propre à en posséder une ou plusieurs qui fussent à la mesure de sa gloire et de ses richesses et éclipsassent celles de ses prédécesseurs. En fait, c'est à les loger et à les défendre que fut surtout occupée l'architecture mésopotamienne.

Par contre, la demande privée resta toujours secondaire. Gomme aujourd'hui encore aux mômes lieux, l'habitation rurale n'était rien de plus qu'une misérable cabane, quand elle ne se réduisait pas à une hutte en roseaux, et si la maison urbaine comportait un certain confort et pas mal de luxe, jamais elle n'était monumentale.

En contraste absolu avec celle de l'Egypte, les civilisations mésopo-

tamiennes ne suscitèrent point d'architecture funéraire. Communément,

on enterrait les cadavres dans le sous-sol des maisons ou on les enfermait

dans des récipients en poterie. Rarement on les logeait en de petits

caveaux en briques, dont l'Elam et la basse Chaldée offrent dos exemples ; plus souvent, on constituait des sépultures communes — telles celles de Warka, de Moughéir, de Sourghoul en basse Chaldée, en entassant audessus d'un terre-plein des cercueils en terre cuite liés par une gangue de terre et de briques.

11 s'en faut aussi de beaucoup qu'en Mésopotamie la commande religieuse ait été comparable à celle que nous avons notée en Egypte. Sans doute, les divinités y étaient nombreuses et révérées et les rois, qui se proclamaient volontiers leurs vassaux soumis, leurs « charg'és d'affaires », ne manquaient pas de marquer leur dévotion par l'érection de sanctuaires nouveaux et par la réfection ou l'embellissement des anciens. Néanmoins, si on la met en balance avec son émule des bords du Nil, l'architecture mésopotamienne ne paraît avoir reçu ni des appels aussi fréquents ni surtout des programmes aussi amples et aussi capables de l'inspirer.

TOPOGRAPHIE ET CHRONOLOGIE MONUMENTALES

Dans son état présent, l'histoire de l'architecture mésopotamienne peut distinguer une époque primitive correspondant au troisième millénaire avant notre ère. Les témoins sont : dans la Haute Cbaldée. les restes du grand temple de Bel à Nippour, en partie contemporains du xxve siècle, en partie antérieurs, et ceux du sanctuaire de Sippara, au lieu dit aujourd'hui Abou-IIabba, près de Bagdad, qui datent de la fin du troisième millénaire : dans la Basse Chaldée, à Mouerhéir — anciennement Ourou et à Warka — jadis Ouroiik, à Abou Sharein — site de l'antique Eridou, des débris de temples et, à Tello qui s'appela Lagash, des ruines importantes qui nous reportent jusqu'au xxvnf siècle, les plus notables étant celles du palais de Goudéa, prince du lieu vers 2340.

La première destruction de Babijlone par les Assvriens, en 681). avant anéanti les constructions des souverains qui, depuis le temps d'Hammourabi (vers 1950), y avaient édifié maint grand palais et maint temple « dont le faîte atteignait le ciel », nous ne retrouvons des monuments qu'à la condition de descendre jusqu'au dernier tiers du xne siècle avant notre ère et de passer en Assyrie. Ils nous sont offerts en la cité d' Assour qui, dès le début du deuxième millénaire, fut la capitale d'un royaume puissant et resta toujours la ville sainte de l'Empire, par le grand temple du dieu

TOPOGRAPHIE ET CHRONOLOGIE MONUMENTALES

suprême d'Assour et par ceux cTAnou et d'Adad, créations de Tiglatphalasar I.

La phase la mieux connue de la production architecturale de la Mésopotamie s'étend du commencement du ixe siècle jusqu'à la fin du vne avant Jésus-Christ. Les éléments en sont fournis essentiellement par le peu qui

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