Kéroub gardien d'une porte duTpalais d
Cliché Alinaii.
Khorsabad (Paris, Louvre)
reste sur la rive gauche du Tigre, en face de Mossoul, de ce qu'était Ninive avant son saccageraient par les Mèdes en(i()8. Ce qu'on a découvert des créations d'une lignée de souverains qui comptent parmi les plus puissants, les plus magnifiques et les plus hàtisseurs de l'histoire, se répartit entre trois lieux : Khorsabad, au nord : Koijoundjik, au centre ; enfin, vers le sud, au confluent du Tigre et du Zab, Nimroud, jadis Kalakh, où l'on distingue trois palais, situés respectivement au sud- ouest, au nord et au nord-ouest.
Le dernier ouvre la série, ayant été bâti par Assournazirpal qui régna de 883 à 860. Le tell de Khorsabad garde les vestiges de la ville et du château de Doar Sharroukin, œuvre de Sargon, roi de 772 à 705. Vient ensuite, sise à Koijoundjik, la demeure de Sennachérib (705-681) qu'il édifia avec amour et qui lui sembla si belle, qu'il la baptisa « sans seconde »; du même régne date l'érection d'un « palais des têtes » consacré au dieu d'Assour en sa cité. Puis c'est, à Nimroud, le palais du sud-ouest et celui du nord devises, le premier pour Asarhaddon (681- 668), le second pour Assourbanipal (668-625).
La renaissance de Babylone, en 680, ouvrit aux bords de l'Euphrate un grand chantier dont l'activité dura jusqu'à la destruction de la ville en 511) par Darius et battit son plein, de 625 à 605, sous les régnes de Nabopolassar (y 605) et surtout, de 605 à 562, sous celui de Naboukodonosor, un des plus caractérisés parmi les princes passionnés de splendeur et de bâtisse. L'importance de l'effort est attestée par l'énormité des quatre collines de décombres qui, dénommées Babil, El Kasr, Tells Amraii et Djoum-djouma, marquent, à gauche du fleuve, au nord de llillah, la place de la grande cité et par celle de la butte qui, sur la rive droite, contient les débris de Borsippa, satellite de la capitale. Immense était la ville, dont la superficie dépassait 500 kilomètres; formidables ses remparts; nombreux
LES CONDITIONS NATURELLES 117
les temples — quarante-trois si Ton en croit les textes — dont quatre ont été récemment retrouvés : au premier rang- celui d'Esagila, demeure de Mardouk, le dieu suprême, construit par Asarhaddon, agrandi et embelli par ses successeurs; puis, ceux de Ninmagh et d'Islitar et, à Borsippa, celui de Nebo, vassal de Mardouk; grandioses les voies sacrées; gigantesques les palais royaux, notamment les trois que se fit bâtir Naboukodonosor, l'un d'eux couvrant quatre hectares et demi du lieu dit ElKasr, un autre qui a fourni la matière de la colline de Babil, celui-là même, sans doute, dont les terrasses surélevées furent célébrées sous le nom de « Jardins suspendus de Babvlone ».
CHAPITKE II
LES CONDITIONS NATURELLES, HUMAINES. TECHNIQUES. RAYONNEMENT DE L'ART MÉSOPOTAMIEN
LES CONDITIONS NATURELLES
Du fait des conditions physiques de sa production, l'architecture mésopotainienne se trouva aux prises avec plusieurs difficultés, dont quelquesunes des plus sérieuses.
Une première résultait de l'instabilité du sol de plaines saturées d'eau par les infiltrations des rivières et périodiquement noyées par les crues de FEuphrate et du Tigre.
Le climat exigeait une adaptation rationnelle des plans et de la construction à des particularités diverses et en partie contraires. Extrême, il oppose à des étés secs et torrides des hivers humides, venteux, parfois presque froids. De mai et souvent du milieu d'avril jusqu'à novembre, régnent sans discontinuer des températures dont, à l'ombre, la moyenne se maintient aux environs de ~\- 40°, tandis que les excès atteignent -f- 50°. Confinées dans la saison hivernale, les pluies tombent par averses brutales qui, aux approches de l'été, se font diluviennes.
Sous le rapport des matériaux, l'architecture mésopotamienne n'était pas précisément gâtée par la nature. La Ghaldée et le Bas Élam sont totalement dépourvus de pierre ; en revanche, les dépôts des rivières
fournissent toute la Mésopotamie d'un limon tout à fait propre à la construction en terre1.
L'Assyrie possède, exploitables à ciel ouvert, des bancs de calcaire commun et une sorte d'albâtre gypseux de couleur grise, avec des taches blanchâtres, tendre, facile à polir et à sculpter, mais très peu résistante à l'humidité. Partout sourd du bitume et, sur les terrains bas abondent de grands roseaux ; quant au bois, sauf sur les parties les plus hautes de
75. — Transport de matériaux par eau et trainage d'un colosse. (Bas-reliel assyrien. Londres,
Brit. Mus.) D'après. Place, Xi/tire.
l'Élam et de l'Assyrie, il n'y en a point d'autre que la médiocre substance du palmier.
A la vérité, l'architecture mésopotainienne pouvait s'approvisionner des matières qui lui faisaient défaut dans les pays limitrophes : de calcaire ordinaire, de marbre et de pierres dures dans la Haute Syrie ; de diorite au mont Sinaï et en Arabie • de sapin, de cyprès et de cèdre sur les hauteurs du Liban et del'Amanus. D'autant mieux que les transports étaient facilités à la fois par l'existence d'un réseau étendu de voies, navigables, naturelles et artificielles, et par les conditions humaines que rencontrait en ces pays l'art «le bâtir.
1 La pâte des briques de Khorsabad est au rapport de Place, « compacte, liante, onctueuse : sa propriété d'adhérence est des plus remarquables et un ne pourrait mieux la comparer, tant elle esl plastique, qu'a la terre à four ou plutôt à la terre à modeler a.