EFFETS DE PARURE : CHOIX ET INTERPRETATION DES MOTIFS
Choix et interprétation des motifs. Exécution.
Le vocabulaire ornemental de la décoration architecturale mésopotamienne réunissait des constructions géométriques et des images de réalité très stylisées : c'étaient, dans la Chaldée primitive, des triangles, des losanges, des chevrons, des spirales (90, i) ; en Babylonie et en Assyrie, des nierions (90, v), des arabesques très élégantes, des lotus, des pal-
"f \C cT'crrçfrrr
91. — Seuil en albâtre provenant du palais de Koijoundjik. (D'après Place, op. ci/.)
mettes, des rosettes, dans le goût, mais non à l'imitation des motifs égyptiens analogues (90, ni, iv, m, ix-xiv), et aussi des représentations de végétaux, comme ces deux palmiers en cèdre doublé de bronze doré, hauts de près de 10 mètres, qui se dressaient en avant de la porte du harem du palais de Khorsabad1 ; des images d'animaux, taureaux et surtout lions, comme on en avait peint sur les murs de la voie sacrée de Babylone (87, vi ; 88).
Quant au répertoire des motifs significatifs, il comprenait les effigies |des dieux, l'illustration des thèmes religieux, des représentations des cérémonies cultuelles, des fastes royaux, des scènes de guerre, de chasse, de
1 On en aperçoit un à l'extrémité gauche du la figure 88.
la vie familière (92); des ligures de bêtes fantastiques, surtout de taureaux ailés à tête humaine qui, sous le nom de Kéroubs, montaient de chaque côté des portes une faction mystique, « placés là, disent les textes, pour repousser le méchant (73, 79) ! »
Au mérite d'une exécution remarquable, la décoration mésopotamienne
92. —Scènes de chasse. (Bas-relief de Koijoundjik. Londres. Brit. Mus.) (D'après Place, op. cit.)
ajoutait celui de la convenance. La sculpture extérieure était vraiment monumentale : l'intérieure accommodait les dimensions et le relief des ligures aux dimensions de la salle et à la mesure du recul, divisant au besoin le champ à décorer en registres plus ou moins nombreux, à proportion de la réduction nécessaire de l'échelle. Les revêtements d'émail accusaient les grands traits de l'élévation — galonnant. par exemple, la courbe d'un cintre — et composaient des harmonies simples, franches. accordées au degré d'éclairage du lieu.